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Les écoles d'ingénieurs ont découvert elles aussi le besoin de rendre leurs filières plus professionnelles. Traditionnellement proches des entreprises, leurs formations généralistes ont pendant longtemps assuré l'entrée dans les grands groupes. La solution passe désormais par la spécialisation et les filières de troisième cycle. En une dizaine d'années, les labels technologiques (Master recherche, Master of Science, Master spécialisé) se sont multipliés sur les campus de Centrale ou Polytechnique.
La transition vers les formations de pointe n'est pourtant pas évidente. Faute de structures de recherche vraiment compétitives, les écoles ont longtemps laissé aux laboratoires universitaires les lauriers de l'expertise technologique. Logiquement, c'est vers ces mêmes universités qu'elles se tournent aujourd'hui pour donner à leurs élèves les compétences qui leur manquent.
La plupart des établissements proposent ainsi des Masters recherche en faculté, organisés en parallèle des troisièmes années d'école. « Les candidats sont rarement des forcenés de la recherche, constate Jean-Marc Boucher, directeur adjoint de l'ENST Bretagne. Peu d'entre eux poursuivent l'expérience en doctorat. Mais ils se disent que, dans des entreprises où ils devront bâtir seuls leur carrière, mieux vaut posséder plusieurs cordes à son arc. »
Combiner école d'ingénieurs et université
Montées en partenariat avec les universités, ces formations représentent 150 heures supplémentaires, que les élèves suivent sur leur campus et dans les labos de faculté. Elles autorisent les étudiants universitaires à profiter de l'enseignement des écoles. Et proposent aux élèves ingénieurs de se frotter sérieusement à la recherche. Le réseau Supélec compte déjà sept Masters recherche en informatique et en électronique, conduits avec des universités à Paris, à Rennes ou à Metz. Plus de 80 des 440 diplômés annuels en sortent avec un diplôme de chercheur en poche. « Un sérieux atout, dans la mesure où 55 % d'entre eux s'orientent ensuite vers la recherche industrielle » , commente Olivier Friedel, responsable des Masters de Supélec.
Pour séduire les puissants départements de R&D de grands groupes et les DSI, les écoles ont pourtant ouvert une autre filière, devenue leur label d'excellence : le MS, ou Master spécialisé. Délivré et contrôlé par la Conférence des grandes écoles, le MS dispense 350 heures de cours, servis pour moitié par des professionnels d'entreprise et complétés par un stage de quatre à six mois. Afin de garantir l'adéquation avec les besoins du marché, les débouchés de chaque MS sont régulièrement réévalués par la Conférence : ainsi, chaque année, 30 MS disparaissent et autant se mettent en place.
Aussi sélectives (30 % des dossiers sont retenus) qu'onéreuses (de 5 000 à 15 000 euros pour une année), ces spécialisations s'adressent en priorité aux ingénieurs. Même si elles s'ouvrent aux diplômés de faculté et aux salariés. Les programmes d'enseignement dépassent le seul cadre technologique. A l'ENST Bretagne, les élèves du MS technologies web planchent par exemple sur l'économie d'internet. Là comme dans les autres filières, la diversité des compétences vaut pour clé de la réussite.
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