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Cet article est extrait de : 01 Informatique

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La mutation des troisièmes cycles

Universités : les facs se mettent aux formations sur mesure
Longtemps à la traîne, les universités jouent aujourd'hui la carte de la professionnalisation. Un pari gagnant, qui ouvre aux troisièmes cycles les portes des entreprises comme celles des SSII.

Nicolas Arpagian et Régis de Closets , 01 Informatique, le 09/03/2005 à 15h37

L'informatique, nouvel antidote au mal des facs ? Dans les troisièmes cycles, ça y ressemble. Alors que le modèle universitaire continue de valoriser des formations académiques, souvent trop généralistes pour coller aux besoins des entreprises, la filière informatique a entamé sa révolution. Elle propose aujourd'hui plus de 150 diplômes. Ceux-ci s'adaptent aux attentes des départements de R&D des grands groupes et des DSI. Mais ils répondent également à celles des sociétés d'édition de jeux vidéo ou de biotechnologies.

Preuve de ce succès, les salaires de sortie de ces Masters informatiques n'ont plus grand-chose à envier à ceux des écoles d'ingénieurs. En effet, selon une étude du cabinet Hewitt Associates, ils sont compris entre 29 700 et 33 600 euros par an. Ces Masters forment à la programmation, aux bilans financiers, à la mise en place de fichiers clients, ou à la réalisation d'images de synthèse.

Cette révolution s'appuie largement sur la grande réforme LMD. La nouvelle organisation transforme des DESS en Masters professionnels et des DEA en Masters recherche. Mais, surtout, elle va modeler des formations sur mesure. Chaque étudiant choisira des unités majeures - c'est-à-dire représentant 80 % de son temps de cours - et d'autres mineures. « Notre objectif est d'enrichir les profils des diplômés. Cela leur permettra de mieux gérer leur carrière dans un monde où ils devront s'adapter à des technologies et des métiers qui changent » , explique Pascal Level, président de l'université de Valenciennes et l'un des pères de la réforme LMD.

Le nouveau credo de la double compétence

Les Masters professionnels sont les premiers à s'être ouverts à l'informatique intégrée. Aujourd'hui, à peine la moitié des formations qu'ils proposent ne s'adressent encore qu'aux seuls informaticiens. Et les autres incorporent de plus en plus de profils et de matières non informatiques

Une quarantaine de ces spécialisations proposent même des cursus dits à double compétence, pour lesquels le recrutement et l'enseignement s'effectuent dans deux disciplines à la fois. Ainsi, les étudiants du Master professionnel de bio-informatique de Rennes apprennent-ils le langage Java comme la modélisation en 3D de protéines. De la même façon, l'ouverture des cursus prend plus largement en compte les nouvelles technologies de pointe : design multimédia, animation 3D ou systèmes mobiles. Et là aussi, les Masters professionnels s'éveillent à des marchés en plein essor. A l'image des diplômes de traitement automatique de l'information sur internet de l'université d'Avignon, ou des projets et contenus multimédia de l'université de Metz. Dans ce dernier cursus, 30 élèves sont retenus chaque année sur près de 300 candidats.

A son tour, la filière recherche prend le chemin de la professionnalisation. Les laboratoires publics ne sont plus l'unique horizon des forts en thème. Beaucoup visent désormais les départements de R&D industrielle ou les DSI. Certains Masters recherche - en réalité virtuelle à Evry ou en gestion de documents multimédias à Lyon-I - bénéficient même d'une excellente cote auprès des recruteurs.

Plus recherchés encore sont les trop méconnus DRT (diplômes de recherche technologique). Ouvertes aux diplômés d'écoles d'ingénieurs et d'IUP (Instituts universitaires professionnels), ces formations de recherche proposent aux étudiants de mener leurs travaux non pas dans des laboratoires publics, mais directement dans les services de R&D de groupes ! Un bémol, tout de même : ces DRT informatiques déclinés dans une dizaine d'universités (Grenoble, La Rochelle, Rouen, Troyes...) ne sont accessibles qu'aux candidats ayant déjà décroché un contrat de travail.

La filière Miage plaît aux employeurs

La formation en entreprise constitue d'ailleurs la clé de voûte de la nouvelle organisation des troisièmes cycles. Si les Masters professionnels incluent des stages de quatre à six mois, d'autres diplômes universitaires revendiquent une immersion plus forte encore. C'est le cas des Miage. Jusqu'ici, ces cursus n'offraient que des maîtrises à double compétence : gestion d'entreprise et informatique. Avec la réforme LMD, ils se prolongeront jusqu'au troisième cycle. Une dizaine des 22 Miage ont déjà mis en place leurs Masters professionnels Miage. L'importance donnée aux stages rapproche ces filières de l'alternance et plaît aux employeurs.

En prime, le volume d'heures de cours est plus important que dans les Masters professionnels traditionnels (450 heures, contre 300 heures). « Grâce à ce surplus de temps, nous avons la possibilité de mieux former les élèves à la gestion par projet et de leur donner un véritable aperçu des technologies qu'ils devront gérer en entreprise dans les cinq à dix ans, explique Daniel Marquié, président de la Conférence des présidents de Miage. Nous voulons qu'ils soient opérationnels rapidement et longtemps. » Un discours qui vaut plus que jamais pour devise dans les formations universitaires...

Les Masters professionnels innovants

Master jeux vidéo

Pour les postes de concepteur ou de chef de projet de jeux vidéo. Le Master se déroule à Angoulême, dans les locaux de la future Ecole nationale du jeu vidéo.

Master Web éditorial

Référence pour la gestion de contenus Web. Ce cursus, basé un temps à Levallois-Perret, se déroule à Poitiers.

Master en réalité virtuelle

Une formation réputée pour les modélisations numériques et images virtuelles. A noter, le partenariat avec l'université du Maine (Etats-Unis).

Master protection des systèmes d'information

Une voie appréciée vers les métiers d'audit de sécurité informatique.


Questions/Réponses

Quelle sélection à l'entrée des Masters d'université ?

Elle est de plus en plus forte. Dans les filières cotées, on compte facilement entre 150 et 300 candidatures chaque année pour une vingtaine de places en moyenne. La mention ou les diplômes de renom sont recommandés.

Et quels salaires à la sortie ?

L'étude du cabinet Hewitt Associates fixe entre 32 700 et 39 700 euros annuels le salaire moyen que peut espérer un titulaire de Master avec deux ans d'expérience. Soit, en moyenne, 3 300 euros par an de plus qu'un licencié en informatique.



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