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[ FORMATION ]
La mutation des troisièmes cycles
Avec la nouvelle organisation de l'enseignement supérieur, les recruteurs disposeront de candidats nettement plus polyvalents.
Nicolas Arpagian et Régis de Closets , 01 Informatique, le 09/03/2005 à 07h00
Des profils opérationnels ! Telle est l'expression qu'aimeraient utiliser les recruteurs pour caractériser les jeunes diplômés qu'ils souhaitent embaucher. Un état d'esprit qui correspond à l'entrée en vigueur progressive de la nouvelle nomenclature de l'enseignement supérieur : la réforme LMD (pour Licence-Master-Doctorat). Les différents pays de l'Union européenne ont, en effet, décidé de se doter, d'ici à cinq ans, d'un cursus universitaire homogène, qui favorisera la mobilité entre les Vingt-cinq. Ce nouveau dispositif améliore également la lisibilité sur les enseignements dispensés et inclut davantage d'individualisation dans le choix des matières. Il accorde enfin une place plus importante aux stages effectués dans des entreprises.
Concrètement, la réforme LMD se divise en crédits. La licence, s'étalant sur trois ans, représente 180 crédits. Le Master , d'une durée de deux ans, compte 120 crédits. Le doctorat, enfin, s'étire sur trois ans et nécessite l'obtention d'au moins 300 crédits. L'actuel troisième cycle va donc en fait se transformer en Master 2, c'est-à-dire en deuxième année de Master. Cette dernière se décline en deux versions : une « professionnelle », à l'instar des anciens DESS, avec une approche tournée vers l'entreprise. Et une version « recherche », s'apparentant davantage aux DEA, qui, jusqu'ici, intéressaient essentiellement les candidats concernés par la recherche fondamentale.Marier management et compétences techniques
Outre la remise à plat de cette grille de diplômes, l'idée est de jalonner plus systématiquement ce parcours académique de stages en entreprises. Et, ainsi, de mieux correspondre aux attentes des futurs employeurs, qui en ont fait l'un de leurs critères principaux. Ce qu'a démontré l'enquête de grande ampleur menée cet automne par l'Association pour l'emploi des cadres (Apec). Cette étude a également mis en avant, parmi les autres exigences, le principe de la double compétence. Les requêtes des entreprises devraient donc être satisfaites par la nouvelle offre pédagogique des universités et des écoles de commerce ou d'ingénieurs. Celles-ci, en effet, ne sont pas en reste. Notre dossier révèle la nette montée en puissance, ces derniers mois, des cursus hybrides, mariant les problématiques de management et les compétences techniques. Avec des parchemins où se côtoient des établissements prestigieux : Centrale Lyon et EM Lyon, Essec et Télécoms Paris, HEC et Ecole des mines de Paris... L'idée est de rompre avec la tendance passée, qui a vu se développer des cursus trop attachés à une seule technologie. Et qui perdaient tout leur attrait une fois que ladite technologie était passée de mode ou n'assurait plus de débouchés. Le jeune diplômé informaticien version 2005 se doit donc d'être un cadre polyvalent aussi à l'aise avec le vocabulaire technologique que dans le maniement des concepts de management. Histoire de coller au plus près aux besoins de ses clients de demain. Qu'il s'agisse, chez son employeur, de ses autres collègues ne faisant pas partie de la DSI, ou de ses interlocuteurs externes, dans le cadre de ses missions de prestations de services. Des qualités de polyvalence et d'adaptation qui l'aideront à faire la différence sur un marché du premier emploi toujours encombré.Diplôme délivré par les écoles d'ingénieurs et réservé aux salariés. Il correspond à 250 heures de cours donnés à distance ou en cours du soir. Certains Masters spécialisés peuvent s'obtenir en cumulant deux à trois Badges.
MasterIl correspond aux années universitaires de maîtrise et de DEA ou DESS. Les diplômes délivrés sont soit des Masters professionnels (ex-DESS), soit des Masters recherche (ex-DEA). A terme, certains Masters, dits en Y, autoriseront les étudiants à travailler dès la première année sur les domaines de leur futur Master. D'autres, dits en T, garderont un tronc commun, suivi d'une spécialisation en deuxième année.
Master of ScienceCréé à l'origine par les écoles d'ingénieurs pour les étudiants étrangers, il s'est ouvert depuis aux élèves français. Les cours sont donnés en anglais et le cursus est calqué sur son équivalent américain : deux semestres de formation académique et un de stage en laboratoire.
Master spécialiséDélivré par la Conférence des grandes écoles, il est réservé à des troisièmes cycles d'écoles de commerce ou d'ingénieurs, selon des critères stricts : 350 heures de cours, un stage de quatre à six mois, 50 % d'enseignants issus du monde professionnel, des débouchés solides. On en compte actuellement une quarantaine dédiés à l'informatique.
LMDCe sigle désigne trois grades : Licence (L), Master (M) et Doctorat (D), qui remplacent le système « Deug, licence, maîtrise, DESS ou DEA, doctorat » , avec comme niveaux de diplômes respectifs bac+3, bac+5 et bac+8.
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