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Michel Rocard : « Nous souhaitons que des acteurs plus petits qu’un Microsoft puissent continuer à produire des logiciels » Propos recueillis par Philippe Crouzillacq [ DROIT ]
Michel Rocard : « Nous souhaitons que des acteurs plus petits qu'un Microsoft puissent continuer à produire des logiciels »
Ancien Premier ministre, rapporteur du projet de directive devant le Parlement européen, Michel Rocard s'exprime sur une réforme qui divise l'Europe.

Propos recueillis par Philippe Crouzillacq , 01net., le 07/03/2005 à 20h10

01net. : Si l'on s'en tient à la Convention de Munich de 1972, il n'est pas aujourd'hui légalement possible de breveter un logiciel en Europe. Or depuis des années, l'Office européen des brevets (OEB) distribue des brevets à foison. Quels sont le poids et la valeur juridique de ces décisions ?

Michel Rocard : Soyons précis. L'article 52 de la convention de Munich, dont les signataires dépassent le cadre de l'Union européenne (Islande, Liechtenstein, Suisse...), dit que les logiciels ne sont pas brevetables. Or durant les trente dernières années, l'OEB (Office européen des brevets) a délivré plusieurs dizaines de milliers de brevets logiciels.

Résultat : nous sommes dans une pagaille législative absolument complète. D'autant plus que dans ce domaine chaque Etat membre a sa propre législation. Ce vide juridique est une vraie difficulté, car il est aujourd'hui impossible de savoir si tel ou tel brevet est légal ou pas.

Il y avait donc un réel besoin de légiférer sur cette question ?

Oui. Tous les spécialistes, tant européens qu'américains, admettent qu'il faut sortir de l'impasse actuelle. Il y a deux ans, il y a eu un projet de directive. Les parlementaires européens étaient plutôt d'accord pour légiférer dans ce domaine. Mais malheureusement, à l'étude du texte présenté par la Commission, nous n'avons trouvé aucune disposition qui définisse de manière claire la ligne rouge qui sépare ce qui est brevetable de ce qui ne l'est pas. On restait dans une zone d'ombre. Avec cette crainte que la directive européenne n'aboutisse, au final, qu'à légitimer certaines catégories de brevets logiciels. Et parmi eux, des brevets qui ne coûtent rien à produire.

Or pour nous, le principe de base est qu'une idée produite par un cerveau humain n'est pas brevetable. Le Parlement européen s'est donc élevé contre la position de la Commission. La première lecture a eu lieu en septembre 2003 et le texte présenté a été largement transformé par les députés. Et depuis, nous sommes en bagarre sur ce dossier.

Les Etats-Unis sont souvent agités comme un épouvantail par les opposants à une brevetabilité des logiciels. Quel regard portez-vous sur la situation américaine dans ce domaine ?

Les Etats-Unis ne sont pas un épouvantail. C'est beaucoup plus compliqué que cela. Ce pays est comme nous en demande de droit. Le souci américain est que la base légale pour trancher ce genre de problème est nulle. Au fil du temps, les Etats-Unis ont dû accepter, à travers l' US Patent Office (pendant américain de l'OEB), pas loin de 200 000 brevets logiciels, dont certains ont été validés par des tribunaux de base.

Mais, à ce jour, plusieurs plaintes ont été déposées devant la Cour suprême pour violation de la Constitution, ce qui n'est pas rien. Apparemment, la haute juridiction n'a pas encore tranché et il se dit même qu'elle attend de voir comment les Européens vont se sortir de leurs débats juridiques pour se prononcer. Quoi qu'il en soit, si un jour la Cour suprême décide de rendre un arrêt restrictif, tous ces brevets litigieux tomberont dans le domaine public.

On réduit souvent, de manière un peu caricaturale, le combat entre partisans et opposants de la brevetabilité des logiciels, à un affrontement entre l'industrie du logiciel libre et les grands éditeurs (comme Microsoft). Quels sont, selon vous, les lobbies les plus actifs dans ce débat ?

Tout le monde tonitrue. La pression des grandes sociétés, qui sont capables de s'offrir des bureaux d'avocats considérables pour défendre leur portefeuille logiciel, est énorme. Et elle joue beaucoup sur nos gouvernements. Mais la pression des défenseurs du logiciel libre est énorme aussi.

Cela étant, en tant que parlementaires européens, tout cela n'est pas notre problème. C'est même plutôt énervant. Car nous ne défendons aucune de ces deux causes. Nous défendons simplement l'idée qu'il y a un intérêt de civilisation à ne pas accepter le principe d'une brevetabilité intégrale de toute formulation d'un nouveau savoir exprimé sous forme de logiciel, alors que depuis 6 000 ans le savoir de l'humanité se diffuse par la copie et par le libre accès.

Dans ce débat entre brevetabilité intégrale et brevetabilité limitée, quel est pour vous le juste milieu ?

Tout d'abord, un logiciel est une formule mathématique ou un rassemblement de formules mathématiques. Or Einstein a dit un jour : « une formule mathématique n'est pas brevetable » . Et personne ne discute aujourd'hui que ce type savait de quoi il parlait. C'est simple : on ne brevette pas une idée. En matière de brevetabilité des logiciels, nous cherchons donc une ligne rouge, une ligne de partage qui puisse permettre aux grandes entreprises de rentrer dans leurs investissements et aux acteurs plus petits de continuer d'être créatifs.

Cette différenciation, ce critère de distinction, nous pensons l'avoir trouvé en distinguant les logiciels dont la production est à coût nul (un papier, un crayon, une vraie cervelle mathématique) de ceux dont la mise au point a nécessité une consommation d'énergie, de matière, ou un usage industriel. Là objectivement, il faut qu'il y ait rémunération et donc, il faut un brevet.

Le Parlement européen n'est donc pas opposé aux intérêts des grands éditeurs ?

Nous ne sommes pas du tout anti-Nokia, anti-Apple, ou anti-Microsoft. Nous sommes simplement favorables à l'idée que Nokia, Apple, Microsoft ne doivent pas empêcher des acteurs plus petits qu'eux de produire des logiciels. Le critère est donc le suivant : une entreprise comme Microsoft, qui par ailleurs a besoin de faire du profit sur ses investissements industriels, ne doit pas en faire avec ce qui ne coûte rien à produire.

Après l'adoption par le Conseil des ministres européens d'une position commune sur le projet de directive, vous vous apprêtez à être rapporteur de ce texte pour sa seconde lecture devant le Parlement européen. Ce n'était pas le cas en première lecture. Que s'est-il passé ?

Quand le texte a été présenté, il y a eu une première intuition assez favorable pour la directive. Et puis il y a eu six mois de débats terribles. Nous avons eu trois débats de suite à l'intérieur du groupe socialiste. Arlene Mc Carthy, qui était alors rapporteur du texte, a été mise en minorité et battue en vote.

Au final, elle a donc défendu les arguments globaux du groupe socialiste, dont j'étais un petit peu l'inspirateur. Loin d'être le seul, grands dieux ! Et dans ces conditions, Arlene, qui est une bonne copine, a préféré se retirer. Je suis donc devenu rapporteur avec son accord.

Le débat sur la brevetabilité des logiciels est un débat très technique. Comment expliquer le grand intérêt des parlementaires européens pour ce dossier ?

C'est un débat politique lourd sur lequel les critères sont importants et pour lesquels les gens se battent. En première lecture, on a longtemps pensé que l'on serait battu et au final nous avons gagné avec un résultat inouï : 361 voix contre 157. Vous voyez la marge ?

Tous les groupes politiques se sont cassés. Beaucoup de parlementaires de droite (libéraux et conservateurs) ont voté les amendements que nous avons présentés, car ils n'acceptaient pas l'idée d'un monopole ou, en tout cas, que soit porté atteinte au principe de la libre concurrence.

Quels sont aujourd'hui les blocages majeurs sur ce texte et pensez-vous que ces divergences, entre le Parlement européen d'un côté et le Conseil ainsi que la Commission de l'autre, puissent être surmontées ?

Pour l'heure, la Commission a plutôt décidé de faire un texte un peu laxiste de manière à ne pas ouvrir une bataille politico-économique et financière avec les grandes sociétés. Et le Parlement dit que le respect de la liberté d'expression, fut-elle mathématique et logicielle, est un principe trop grand pour être bafoué. Mais vous verrez que dans moins de deux ans vous aurez une décision. Car cette pagaille juridique n'est bonne pour personne.


FORUM 118 avis
Michel Rocard : « Nous souhaitons que des acteurs plus petits qu’un Microsoft puissent continuer à produire des logiciels »
logo ?
posté le 07/03/2005 21:49:12 par Jérôme_
Non!
posté le 08/03/2005 08:35:55 par V.
NON NON NON !!!!!
posté le 14/03/2005 08:10:25 par toffis
? :)
posté le 15/03/2005 11:36:12 par alcata
Débat ROCARD BREESE sur France Culture
posté le 27/03/2005 09:41:42 par Ranzini
Violation du droit et donc de la démocratie
posté le 07/03/2005 21:35:36 par Jérôme_
devedjan ne sait pas...
posté le 07/03/2005 22:02:26 par Riri_
entirement d'accord
posté le 08/03/2005 19:43:46 par digitalpixel
Mediateur Européen
posté le 07/03/2005 22:04:54 par Jérôme_
Ecrire à son député
posté le 09/03/2005 14:40:52 par Tobu
Quel recours pour le respect des règle démocratiques ?
posté le 08/03/2005 19:59:01 par blanchard
Processus de Lisbonne
posté le 07/03/2005 22:09:43 par Pierre BREESE
Métier : "conseil en propriété industrielle"
posté le 07/03/2005 23:16:34 par Lionel Tricon
Spécialiste en Propriété intellectuelle
posté le 07/03/2005 23:24:31 par Lionel Tricon
Zut
posté le 07/03/2005 23:26:34 par Lionel Tricon
Brevet non déposé profite au plus gros
posté le 08/03/2005 17:45:59 par Eric_
tu n'auras jamais ton mot a dire car...
posté le 08/03/2005 22:17:22 par Confucius_
Protection oui, brevets non
posté le 09/03/2005 14:04:24 par Tobu
oui mais un code est manipulable
posté le 09/03/2005 14:32:49 par Viktor_
Plagiat
posté le 09/03/2005 14:58:54 par Tobu
le plus stupide c'est pas celui qui pique l'idée....
posté le 09/03/2005 14:43:23 par Alex_
ATTENTION,
posté le 09/03/2005 19:15:53 par Belzebuth_
oui :)
posté le 09/03/2005 23:26:40 par Alex_
il faut le vivre pour le croire...
posté le 09/03/2005 22:58:43 par Eric_
Mauvais mail..
posté le 10/03/2005 14:28:52 par Eric_
en effet, j'avais rajouter un _ pas necessaire Eric
posté le 14/03/2005 02:11:39 par developpeur_
Si on suit votre raisonnement...
posté le 10/03/2005 09:25:53 par ZeGrum
Mon raisonnement est le suivant...
posté le 10/03/2005 14:53:50 par Eric_
Dans ce cas, pourquoi les brevets sont ils nécessaires???
posté le 10/03/2005 15:51:13 par ZeGrum
Bras de fer entre les droits d'auteur et le brevet...
posté le 10/03/2005 17:10:44 par Eric_
On en revient à ce que je disais...
posté le 10/03/2005 17:53:10 par ZeGrum
Qui a le plus de poids ?
posté le 10/03/2005 23:26:23 par Eric_
En allant dans ce sens...
posté le 11/03/2005 09:04:17 par ZeGrum
La meilleure protection
posté le 11/03/2005 12:40:55 par Eric_
Le brevet est international et se fait respecter !!!
posté le 13/03/2005 02:56:47 par J-M Le Peuvédic
bien vu
posté le 10/03/2005 21:04:23 par soso_
ben c pas faux
posté le 08/03/2005 06:37:42 par azrael_
A savoir
posté le 08/03/2005 08:45:00 par V.
Avez-vous déjà essayé de déposer un brevet?
posté le 08/03/2005 10:23:58 par pascal_
[Temoignage]oui j'ai deposer un brevet et...
posté le 09/03/2005 14:45:48 par Amadeus_
C'est ridicule...
posté le 08/03/2005 10:47:41 par ZeGrum
avec la loi non plus...
posté le 08/03/2005 14:41:11 par Michel_
Proteger l'innovation, mais c'est quoi l'innovation ?
posté le 08/03/2005 15:01:23 par Vincent Caron
Brevets et innovation (suite)
posté le 08/03/2005 15:02:13 par Vincent Caron
...
posté le 08/03/2005 11:14:50 par nico_
Microsoft, Nokia, etc. sont des philantropes !
posté le 08/03/2005 18:30:39 par François Désarménien
Quels commentaires!
posté le 07/03/2005 22:18:18 par Solaris_
le résultat
posté le 07/03/2005 22:46:21 par pacito
quel commentaire
posté le 08/03/2005 09:41:02 par Joe_
ben je suis un peu lent mais j'ai pas compris un truc...
posté le 08/03/2005 06:27:06 par inconnu__
j'ai pas tout compris mais...
posté le 08/03/2005 07:15:20 par Namie
Voilà!
posté le 08/03/2005 08:51:13 par V.
Essayer de comprendre un peut...
posté le 08/03/2005 10:31:39 par Pat38_
D'aprés moi...
posté le 08/03/2005 13:00:43 par Xouille38
presque
posté le 08/03/2005 13:46:57 par V.
Anti-brevets : votez non a la constitution Europeenne
posté le 08/03/2005 08:56:45 par zola
Une idée non brevetable
posté le 09/03/2005 08:42:51 par juxjux
J'aimerais qu'on m'explique...
posté le 08/03/2005 09:01:12 par V.
Constitution ?
posté le 08/03/2005 10:04:19 par aqw_
Quelques idées ...
posté le 08/03/2005 10:31:06 par Defy_
Non a la constitution
posté le 08/03/2005 10:48:33 par thomas__
Le critère de l'EMBARQUE n'est pas valide
posté le 13/03/2005 03:13:23 par J-M Le Peuvédic
Ecrire a la présidence de l'Europe
posté le 08/03/2005 11:05:54 par chelmi_
On nous a trompé...
posté le 08/03/2005 12:23:29 par JML-61
Papier crayon
posté le 08/03/2005 14:45:02 par Cathy_
papier crayon = 0 à produire
posté le 08/03/2005 15:38:05 par Laurentj
Gnoupi et vive la contre-information
posté le 08/03/2005 16:22:47 par Claire_
le logiciel est DU CODE, comme peut l'etre un LIVRE
posté le 08/03/2005 17:36:58 par Michel_
ben tiens...
posté le 09/03/2005 15:57:48 par Dracula_
Ben tiens..(suite 1)
posté le 09/03/2005 16:00:11 par Dracula_
Ben tiens..(suite 2)
posté le 09/03/2005 16:02:20 par Dracula_
Ben tiens..(suite 3)
posté le 09/03/2005 16:04:37 par Dracula_
Ben tiens..(fin)
posté le 09/03/2005 16:05:49 par Dracula_
Moi, moi et moi ! [1]
posté le 09/03/2005 17:58:29 par Tony Blanchard
Moi, moi et moi ! [2]
posté le 09/03/2005 18:02:13 par Tony Blanchard
toi, moi, le monde, l'univers (3)
posté le 10/03/2005 03:20:01 par Dracula_
Toi, moi, le monde, l'univers (4)
posté le 10/03/2005 03:22:32 par Dracula_
Toi, moi, le monde, l'univers (5)
posté le 10/03/2005 03:23:37 par Dracula_
toi, moi, le monde, l'univers, etc (1)
posté le 10/03/2005 02:54:11 par Dracula_
Toi, moi, le monde, l'univers, etc (2)
posté le 10/03/2005 02:55:33 par Dracula_
en effet, comme un procédé de fabrication d'automobile...(1)
posté le 09/03/2005 16:43:42 par Dracula_
En effet, comme un procédé de fabrication d'automobile..(2)
posté le 09/03/2005 16:47:45 par Dracula_
En effet, comme un procédé de fabrication d'automobile..(3)
posté le 09/03/2005 16:50:09 par Dracula_
comme un procédé de fabrication d'automobile (fin)
posté le 09/03/2005 17:00:13 par Dracula_
PME suite et fin
posté le 09/03/2005 17:14:09 par Dracula_
papier crayon = cout nul
posté le 13/03/2005 03:19:34 par J-M Le Peuvédic
En effet
posté le 08/03/2005 15:50:48 par pierre_
Philosophie du brevet
posté le 08/03/2005 14:51:49 par Cathy_
Nostalgie du modèle soviétique
posté le 08/03/2005 21:05:30 par Pierre BREESE
sovietique....
posté le 08/03/2005 23:50:14 par Cathy_
C'est amusant Mr Breese
posté le 09/03/2005 22:20:34 par Laurent Dufour
Au moins, Mr Breese poste la vraie question
posté le 11/03/2005 23:29:03 par Laurence Benhamou
Depuis quant....
posté le 09/03/2005 17:24:46 par Excelsior
Pirates ?
posté le 09/03/2005 18:44:12 par Tony Blanchard
anti-brevets ne veut pas dire pirate!
posté le 09/03/2005 21:43:48 par JML-61
"Logiciel" et "inventions mises en oeuvre par ordinateur"
posté le 08/03/2005 18:38:56 par Thierry___
semantique
posté le 08/03/2005 23:58:49 par Cathy_
bretever un algorithme?
posté le 08/03/2005 20:49:06 par un sceptique
choix
posté le 09/03/2005 00:07:13 par Cathy_
Les problemes ne sont pas là
posté le 09/03/2005 22:02:19 par Laurent Dufour
la suite
posté le 09/03/2005 22:02:52 par Laurent Dufour
Application informatique très délimitée...
posté le 09/03/2005 22:48:53 par JML-61
C'est possible...
posté le 10/03/2005 10:33:08 par JML-61
c'est possible (suite) ...
posté le 10/03/2005 10:53:51 par JML-61
c'est possible (suite-bis) ...
posté le 10/03/2005 10:58:04 par JML-61
Et pour la suite... ?
posté le 10/03/2005 00:25:03 par Emmanuel DESVIGNE
Présomption d'innocence...
posté le 10/03/2005 08:16:16 par JML-61
Présomption d'innocence
posté le 13/03/2005 04:12:32 par J-M Le Peuvédic
La cervelle d'un mathématicien, un coût nul ?
posté le 11/03/2005 11:52:24 par Marc_
NON au fric OUI aux Auteurs (suite)
posté le 19/03/2005 00:57:17 par turblad
poser un brevet
posté le 21/11/2007 17:45:05 par lolott88
écrire à l'auteur imprimer
envoyer par mail
Website X5
Un logiciel de création de sites web, qui ne requiert aucune connaissance en programmation HTML.!
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