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[ POLITIQUE ]
(Mise à jour) Brevets logiciels : la directive perdue dans les arcanes bruxellois
Le parlement européen va imposer à Bruxelles de reprendre à zéro les négociations sur l'adoption de la future directive sur la brevetabilité des logiciels.

Philippe Crouzillacq , 01net., le 08/02/2005 à 14h59

Mise à jour : le Parlement européen remet les compteurs à zéro

Réunie le 2 février dernier, la Commission des affaires juridiques du Parlement européen s'est prononcée, à une très large majorité, pour une remise à plat de la négocation sur le projet de directive sur la brevetabilité des logiciels.

La Commission des affaires juridiques, qui avait été saisie en ce sens par le groupe des Verts (Green/EFA), a sorti pour l'occasion des oubliettes l'article 55 du règlement intérieur du Parlement européen. Ce texte indique que si une élection se tient (comme ce fut le cas en juin 2004) entre deux lectures d'un même texte, les députés peuvent demander à ce que la procédure législative reparte de zéro.

En l'état actuel des choses, il n'y aura donc pas, dans l'immédiat, de seconde lecture au Parlement européen sur la base du texte qui est toujours en attente d'adoption finale par le Conseil des ministres européens.

Dans les prochains jours, le Président du Parlement européen, Josep Borell Fontelles, devrait transmettre un courrier à la Commission européenne lui faisant part de la décision des parlementaires.

La Commission de Bruxelles aura alors trois options. Soit enterrer purement et simplement le texte. Soit le représenter, et dans ce cas le projet de directive fera de nouveau l'objet d'une première lecture au Parlement européen. Soit proposer un nouveau texte, la navette législative devant également dans ce cas repartir de zéro. En tout état de cause, cette nouvelle procédure pourrait prendre plusieurs années.

Reste une inconnue : le 17 février prochain, le Conseil des ministres ECOFIN (questions économiques et financières), pourrait reprendre à son agenda l'officialisation juridique de la position commune adoptée en mai 2004 aux forceps par le Conseil des ministres européens. Quoi qu'il arrive, cette prise de position ne remettra pas en cause la décision de la Commission des affaires juridiques.


Précédente publication: 28 janvier 2005

Le texte présenté par la Commission de Bruxelles peine à être avalisé par le Conseil des ministres de l'Union.

La directive sur les brevets logiciels verra-t-elle jamais le jour ? On peut se poser la question, au vu des multiples atermoiements législatifs qui jalonnent l'adoption de ce texte très contesté. Présenté il y a maintenant trois ans par la Commission de Bruxelles, le projet de directive n'était déjà plus que l'ombre de lui-même après son passage en première lecture devant le Parlement européen, en septembre 2003.

Depuis, la navette législative continue. Péniblement. Le 18 mai 2004, le Conseil des ministres de l'Union parvenait à un « accord politique » sur la base d'un texte qui faisait peu de cas des amendements votés par les députés européens.

Ce compromis doit maintenant être avalisé, à l'occasion d'un nouveau Conseil des ministres. Seulement voilà, ce qui apparaissait il y a quelque temps encore comme une simple formalité est en train de tourner au cauchemar pour les législateurs bruxellois.

Car, si la nouvelle mouture de la directive a bien été mise à l'ordre du jour d'un Conseil des ministres le 21 décembre dernier, le gouvernement polonais a décidé de freiner des quatre fers devant la procédure, prétextant qu'il n'avait pas eu assez de temps pour faire des commentaires par écrit sur cet épineux dossier. Et s'y serait à nouveau opposé le 24 janvier, selon l'association anti-brevets nosoftwarepatents.org. « Depuis, c'est le grand brouillard » , reconnaît Laurence Van de Walle, conseillère politique auprès du Groupe des Verts au Parlement européen.

Beaucoup d'incertitudes

Le prochain Conseil des ministres se tiendra lundi 31 janvier. Si tout rentrait dans l'ordre, le Conseil pourrait alors saisir le Parlement pour une seconde lecture du projet de directive. Le Parlement européen aurait alors quatre mois pour se prononcer. « Un délai très court , commente Laurence Van de Walle, notamment pour convaincre tous les nouveaux parlementaires de la nocivité de ce texte. » Les Verts s'opposent en effet à la directive de la Commission.

Néanmoins, les opposants à la mise en place d'un cadre juridique européen sur la brevetabilité des logiciels ont encore quelques atouts dans leur jeu. Ainsi, fait rarissime en cours de procédure, la député travailliste Arlene Mc Carthy, qui avait présidé au rapport du Parlement européen en première lecture, n'a pas souhaité être reconduite dans cette fonction.

Or la parlementaire britannique était plutôt favorable au projet de directive présenté par la Commission de Bruxelles. Elle sera remplacée à ce poste par l'ancien Premier ministre français Michel Rocard, beaucoup plus sceptique sur le sujet.

Les 62 parlementaires conservateurs polonais membres du PPE (Parti populaire européen) ont pour leur part déjà marqué leur opposition au texte de la Commission. Pour appuyer leur démarche, ils vont tenter de ressusciter une vielle disposition du règlement intérieur du Parlement européen qui veut que si une élection se tient entre deux lectures d'un même texte (ce qui fut le cas en 2004), le Parlement peut demander que la procédure reparte de zéro. Les 42 députés Verts des 25 pays ont voté une motion allant également dans ce sens.

Quoiqu'il en soit, à l'occasion de la seconde lecture du projet de directive le Parlement européen aura trois options. Soit approuver en l'état la version adoptée en Conseil des ministres. Soit la rejeter à la majorité absolue de ses membres. Soit réintroduire, toujours à la majorité absolue, les amendements qui avaient été votés en première lecture en septembre 2003.

Auquel cas, le texte passerait de nouveau en Conseil des ministres avant d'être soumis, en cas de nouvelles modifications, à une procédure de conciliation, une sorte de troisième lecture entre le Conseil et le Parlement. Cependant, pour éviter un échec politique marquant, la Commission a toujours la possibilité de retirer son projet de directive à tout moment.


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