
S'il est un secteur aujourd'hui en pleine effervescence, c'est bien celui de l'infogérance. On le sait depuis quelques années : les entreprises - grandes et moyennes - confient de plus en plus leur informatique à des prestataires. A charge, pour ces derniers, de gérer non seulement l'exploitation et les évolutions applicatives, mais aussi le management des équipes. Syntec Informatique avait annoncé un boom de l'externalisation. Les recrutements lui donnent aujourd'hui raison.
Encore faut-il nuancer quelque peu les chiffres annoncés. En effet, « les transferts de personnel sont comptabilisés dans les prévisionnels de recrutement, alors qu'il ne s'agit que de transferts » , analyse Régis Granarolo, porte-parole du Munci (Mouvement pour une union nationale des consultants en informatique). Une fois exprimée cette mise en garde, les recrutements restent cependant bien orientés à la hausse.
Parallèlement à la hausse de la demande, on assiste depuis quelques mois à une évolution des profils recherchés. Traditionnellement, l'infogérance, digne héritier de l'ancien service bureau, constituait un débouché important pour les profils relativement peu qualifiés. Désormais, les besoins exprimés par les recruteurs concernent de moins en moins les bacs +2. On ne parle quasiment plus, en effet, d'analyste d'exploitation, mais bien d'ingénieur d'exploitation. « Nous recrutons quasiment partout des candidats de niveau bac +4 ou 5 » , confirme Eric Decisier, DRH de T-Systems France.
Première raison à cette forte évolution : « La partie infrastructures devient presque aussi importante que celle applicative » , souligne Philippe Tavernier, directeur général adjoint de Sogeti-Transiciel. Aux investissements massifs dans la mise en place de PGI en entreprise succède aujourd'hui la rationalisation des serveurs. Airbus a ainsi confié cette prestation récurrente à HP Services. Et les systèmes confiés aux prestataires étant de plus en plus gros et complexes, le niveau de qualification des équipes suit le mouvement. Sans compter l'importance de plus en plus cruciale de la sécurité.
Comme pour les ingénieurs réseaux et systèmes ou les administrateurs de bases de données, « le niveau de l'ingénieur de production a nettement augmenté » , explique Mathieu Hoffmann, responsable du recrutement chez CS. « Avec la croissance de l'activité, on demande aux collaborateurs d'être capables de gérer le projet de bout en bout. »
Les bacs +5 exigés par les entreprises clientes
Autre explication à cette élévation du niveau de compétences : la pression exercée par les clients. « Pour la tierce maintenance applicative, nous ne prenons que des bacs + 5. Ce sont les clients qui nous imposent cette contrainte ! » déplore Nathalie Choux, DRH de Micropole-Univers. Une exigence d'autant plus incontournable que les équipes des prestataires oeuvrent sur le site du client.
Ces brillants CV rassurent les clients sur le niveau des collaborateurs qui vont prendre en main leurs systèmes et applications. En revanche, les diplômés bac +2 ou 3 ont plus de chances d'incorporer les centres de services, dont la prolifération récente alimente le marché de l'emploi régional.
Les bacs +2 ou 3 restent aussi très demandés dans les help desks techniques. « C'est sur ces postes que nous enregistrons le plus de demandes... et que nous avons le plus de mal à recruter, regrette Catherine Macchia, responsable du recrutement chez Osiatis. Dans l'assistance téléphonique, les informaticiens n'ont pas de rapport direct avec les machines. Et ils trouvent cela frustrant ! »
Pour combler cette lacune, les contrats d'alternance se développent fortement - en infogérance, mais aussi au sein d'autres activités de SSII. « Nous avons toujours recruté par ce biais. Cela représente un investissement autant pour nous que pour le collaborateur. Mais les résultats sont excellents » , constate Catherine Macchia. Dans cet univers particulier, les certifications délivrées par les constructeurs et éditeurs restent aussi une valeur sûre.
En infogérance, contrairement à tous les autres marchés du service informatique, on ne parle quasiment plus de projet. Il s'agit avant tout de construire une relation durable avec un client. Et, impérativement de le conserver. Du coup, les profils des managers suivent le même mouvement vers les sommets de la pyramide des compétences.
Des seniors pour gérer la relation client dans la durée
Ces seniors sont les interlocuteurs uniques des clients tout au long de la vie d'un contrat. La négociation initiale, extrêmement complexe, requiert de maîtriser tant la technique que les aspects juridiques et commerciaux. Même si, bien entendu, le manager est soutenu par une équipe de spécialistes. « L'aisance relationnelle est fondamentale » , précise Michel Meunier, directeur général de Sécurinfor.
L'infogérance se révèle donc le secteur de tous les contrastes. Le marché est en quête de spécialistes de l'exploitation et des infrastructures, de développeurs d'applications et de techniciens pour l'assistance aux utilisateurs. Mais, à l'autre bout de la chaîne, il recherche aussi des supermanagers de grande envergure... Les divisions d'infogérance sont à l'image de ce patchwork. Un assemblage de cultures issues des différentes équipes intégrées et progressivement digérées.
Suit la relation avec le client tout au long de la durée du contrat. C'est-à-dire, pendant des années.
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Manager de l'équipe en interne, gère les budgets, les aspects contractuels et tout élément important dans la relation.
Diplômé de grande école d'ingénieurs, tend à remplacer l'ancien analyste d'exploitation.
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Avec des prérogatives beaucoup plus larges, encadrement d'équipe et pilotage compris.
Très recherché s'il est apte à gérer d'énormes bases de données.
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Expérimenté, possédant une vue d'ensemble des problèmes systèmes, tout en étant capable de détecter le petit détail technique.
« Les étudiants ont intérêt à poursuivre leurs études après le BTS ou le DUT. On a toujours besoin de techniciens, mais les entreprises préfèrent des niveaux de diplômes plus
élevés. »
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Pierre Dellis, délégué général de Syntec Informatique.
« Toutes les SSII chassent les bacs +2. En tout cas, les rares qui cherchent du travail à l'issue de leur BTS ou DUT. »
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Isabelle Calvez, directrice des ressources humaines d'Accenture France.
« Les bacs +2, le client n'en veut absolument pas. C'est le contexte concurrentiel qui veut ça. A compétences égales, le futur collaborateur doit être issu d'une école
d'ingénieurs. »
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Jean-François Gautier, président d'Aedian.
« Il nous arrive de prendre des personnes n'ayant pas le bac, en contrat d'apprentissage ou de qualification, pour faire du support technique. »
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Philippe Tavernier, directeur général adjoint de Sogeti-Transiciel.
« Nous recrutons des bacs +2 ou +3 issus de DUT et BTS sur des missions liées à l'exploitation, aux téléservices ou à l'externalisation. »
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Vincent Rouaix, président-directeur général du Groupe Adelior.
« Pour tout ce qui concerne l'administration sous Microsoft et Novell, les techniciens bacs +2 sont excellents. Nous les prenons souvent en stage ou en contrat de
qualification. »
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Sandrine Letrillard, DRH de Neurones.
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