
Des perles rares. Voilà ce que toutes les SSII recherchent activement pour les prochains mois. Comme si elles s'étaient passé le mot, les sociétés de services ont remplacé, dans leur vocabulaire, le mot ingénieur par celui d'expert. Elevant ainsi sensiblement le niveau de leurs offres d'emploi en ingénierie et en intégration. La barre est placée toujours plus haut. Tant au niveau de la formation - hors des diplômes de grandes écoles, peu de salut - que de l'expérience ou de la personnalité. La combinaison de ces trois critères laisse peu de chances aux profils atypiques.
« La crise a surtout touché l'ingénierie, où les projets ont été gelés » , dit Catherine Macchia, responsable du recrutement chez Osiatis. Elle explique ainsi ce durcissement des critères de sélection à l'embauche. Et si la reprise s'amorce, de même que pour les prestations de conseil, elle concerne avant tout les secteurs des télécoms, des banques et assurances, ainsi que le secteur public.
Le chef de projet en tête de file
Profil phare : le chef de projet. Le terme date des prémices de l'informatique. Mais son contenu a bien évolué au cours des années. Aujourd'hui, il désigne une sorte de... surhomme ! Aux commandes de projets d'envergure, il maîtrise les technologies tout en respectant les délais, sans céder aux caprices du client. Il dirige également son équipe et lui insuffle l'esprit du projet.
Qu'il se nomme chef, directeur ou responsable de projet, son rôle de facilitateur ne s'accommode d'aucune approximation. Notamment dans sa capacité à communiquer avec le client. « Terminer le projet dans les temps et au meilleur coût », tel est son challenge, résumé par Pierre Dellis, délégué général de Syntec Informatique. Certes, l'objectif n'est pas nouveau. Mais il est aujourd'hui décisif. Tout dérapage est désormais gravement sanctionné par le client.
Les développeurs, eux, représentent un bon quart des offres d'emploi de la fonction informatique, selon Cadremploi. Ils font aujourd'hui place à de véritables experts techniques. Des experts appelés de plus en plus souvent architectes techniques en raison de la multiplicité des compétences recherchées. Fini l'ingénieur maîtrisant correctement un langage. Les recrues de demain connaîtront à la fois les grands systèmes, Java, J2EE et les serveurs d'applications. Sans oublier le décisionnel, la sécurité, les infrastructures... La lecture attentive de certaines annonces d'emploi laisse perplexe !
Compétences Java et J2EE exigées
« Même si personne ne peut connaître en profondeur toutes les technologies, les collaborateurs sont censés posséder des connaissances transversales sur chacune » , considère Jean-François Gautier, président d'Aedian. « On leur demande d'être multipattes, renchérit Pierre Dellis. Les ingénieurs doivent être très affûtés sur les technologies. Ceux qui le sont n'ont pas de souci à se faire... »
En tête du palmarès des profils les plus recherchés, on trouve sans conteste l'ingénieur expert en Java et J2EE. Alten, Accenture, SQLI, Cyber Network, Aedian, Open Wide, Adelior, Sogeti-Transiciel... Pas une seule SSII, généraliste ou spécialisée, qui ne soit en quête de tels profils pour l'année à venir. Du coup, la tension monte sur le marché de l'emploi. « Le recrutement de ces profils est moins facile que l'an dernier, concède Isabelle Calvez, DRH d'Accenture. Nous sommes obligés de proposer davantage d'offres aux candidats, car nous savons que certains vont refuser. »
Même constat de la part de Vincent Rouaix, PDG du groupe Adelior : « Nous recevons de plus en plus de demandes des clients pour ces technologies. En particulier pour les grands projets du secteur public. » La modernisation à marche forcée des systèmes d'information dans le secteur public requiert de véritables experts en nouvelles technologies... qui maîtrisent aussi les anciennes ! Le besoin de cette double compétence n'est pas nouveau. Cependant, il s'accentue encore. « MVS n'est pas mort ! s'exclame Eric Decisier, DRH de T-Systems. Nous ressentons une forte tension sur les spécialistes Pacbase. Comment les former ? » Et qui va accepter d'apprendre des technologies du passé ?
Quant à l'intégration de progiciels de gestion intégrés, elle bat toujours son plein. « Sur SAP, nous sommes en quête de profils techniques. Des confirmés, de préférence » , indique Philippe Tavernier, directeur général adjoint de Sogeti-Transiciel. Le secteur industriel surtout, mais aussi les services publics et les banques lancent des projets d'intégration de PGI. « Les spécialistes techniques sur SAP sont difficiles à trouver », confirme Isabelle Calvez, d'Accenture.
La fin des autodidactes en open source
L'informatique industrielle et temps réel, elle aussi, retrouve depuis quelques mois le chemin de la croissance. Alten, AssystemBrime, Coframi, AFD Technologies ou Sogeti-Transiciel recherchent des ingénieurs en électronique, systèmes embarqués, et des spécialistes télécoms de la mobilité. Là aussi, une compétence large est de mise. « Outre les connaissances techniques, nous voulons des gens connaissant bien les méthodes : UML, cycle en V... » , précise Violaine Cozette, chargée du recrutement chez AssystemBrime.
Mais s'il est un profil relativement nouveau dans le palmarès, c'est bien celui de l'ingénieur open source. Et les SSLL (sociétés de services en logiciels libres) sont les premières à recruter sur ce marché. Ainsi Open Wide recherche-t-il des architectes et consultants « connaissant parfaitement les logiciels libres » . Mais les intégrateurs traditionnels leur emboîtent aujourd'hui le pas. « Nous investissons énormément dans les logiciels libres, rapporte ainsi Mathieu Hoffmann, responsable du recrutement chez CS. Nous allons bientôt faire migrer notre propre système d'information sur Linux. » Spécialiste des systèmes critiques, CS n'hésite plus à proposer l'open source à ses clients. Par exemple, à la Délégation générale pour l'armement (DGA) pour la réalisation des centres de contrôle aérien militaire !
Du coup, le niveau de compétences requis dans le secteur de l'open source s'est également nettement élevé. « Nous cherchons des individus englobant les deux savoir-faire, technique sur open source, mais aussi services » , explique Patrick Benichou, PDG d'Open Wide. Culture du service oblige, les autodidactes « fondus » du logiciel libre se voient désormais souvent écartés, au profit d'ingénieurs purs et durs, issus des écoles classiques. D'ailleurs, l'Epita a bien anticipé la tendance, puisqu'elle forme spécifiquement des spécialistes dans ce domaine.
De la place pour les bacs +2 et moins
Pour autant, des places demeurent encore vacantes pour des profils plus modestes. Reste à trouver les bonnes adresses. Et notamment concernant les titulaires d'un bac +2. « Nous recrutons entre 30 et 50 % de nos programmeurs à ce niveau d'études. D'ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à les " chasser " ! », indique Isabelle Calvez, d'Accenture. Mieux encore, Sogeti-Transiciel ne concentre que 35 à 40 % de ses recrutements au niveau bac +5.
« Ensuite, nous descendons dans les qualifications, jusqu'à embaucher, dans certains cas, des personnes n'ayant pas le bac » , témoigne Philippe Tavernier. Contrats d'apprentissage ou de qualification se multiplient. Et nombreux sont ceux qui y trouvent des avantages. « Surtout pour faire du support technique. Et à condition d'être prêt à mouiller le maillot! » , précise-t-il.
Reste que cette porte d'entrée dans le métier est de plus en plus étroite. Et que rien ne vaut - aux yeux des recruteurs, en tout cas - un bon diplômé bac +5. Encore faut-il témoigner de multiples qualités personnelles. Sans être nouveau, cela devient de plus en plus prépondérant dans la sélection des candidats. L'éternelle « tête bien faite » fait recette. Toutefois, elle doit impérativement attester de capacités à communiquer, manager, dialoguer avec le client. Il lui faut aussi avoir le goût de l'innovation, être charismatique, faire preuve d'esprit d'équipe, respecter les autres... Mais encore, être mobile sur les plans géographique et intellectuel, s'adapter rapidement. Sans oublier de maîtriser l'anglais. Facile, non ?
Maîtrise les technologies, mais est surtout capable de mener à bien des projets d'envergure dans les délais et au moindre coût.
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Ingénieur expérimenté, doté d'une forte aptitude à la communication et au management d'équipe.
Ingénieur de haut niveau, spécialiste en nouvelles technologies, mais connaissant aussi les anciennes.
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Avec notamment des compétences en environnements mainframes. Sens du service et de la relation client.
Ingénieur spécialisé dans l'open source, ayant le sens du service.
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De préférence, des ingénieurs purs et durs, de niveau bac + 5. Mais quelques places sont encore à prendre pour les bacs + 2 et les autodidactes.
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