Près de six fois l'acquisition des PC IBM par Lenovo. Presque la moitié de la somme mise sur la table par HP pour prendre le contrôle de Compaq . En acceptant de se faire avaler par Oracle pour 10,3 milliards de dollars (7,8 milliards d'euros), PeopleSoft se fait une place dans la liste des plus gros achats de l'industrie informatique. Et met fin à un feuilleton vieux de dix-huit mois .
C'est ce week-end que le conseil d'administration de PeopleSoft a accepté l'OPA. En échange, Oracle a augmenté de 2,5 dollars le prix de son offre, valorisant dorénavant les actions de sa proie à 26,5 dollars l'unité. En échange, tous les procès opposant les deux sociétés seront interrompus. Oracle et PeopleSoft avaient en effet agrémenté leur bataille boursière d'une multitude de plaintes devant les tribunaux américains.
L'acquisition devrait être finalisée fin janvier. Il sera alors temps de s'accorder. Officiellement, Oracle proclame son intention « d'améliorer PeopleSoft 8 et de développer un PeopleSoft 9, d'améliorer JD Edwards 5 et de développer un JD Edwards 6 » .
Mais la semaine dernière, selon les analystes d'Ovum, Larry Ellison, le PDG du même éditeur, parlait de produire une ligne unique de progiciels, constituée de la fusion des produits, vers laquelle les utilisateurs seraient poussés à migrer. Le destin des applications et des PGI Oracle, JD Edwards et PeopleSoft, reste donc une inconnue.
Le 2 juin 2003, les deux éditeurs décident de fusionner pour 1,7 milliard de dollars. L'ensemble ainsi constitué accède au rang de numéro deux mondial du marché des progiciels. Derrière SAP, mais devant Oracle.
Le 6 juin 2003, la compagnie de Larry Ellison contre-attaque. Pour 5,1 milliards de dollars, elle lance une OPA hostile sur PeopleSoft. Elle valorise alors les actions de cette dernière à 16 dollars.
Le 18 juin 2003, l'éditeur augmente son offre. Cette fois, il propose 19,5 dollars par titre.
Le 26 février 2004, sollicités par PeopleSoft, le département américain de la Justice oppose son veto à l'OPA, qui limiterait trop sévèrement la concurrence sur le marché des progiciels. Oracle s'oppose à ce choix devant un tribunal.
Le 7 juin 2004, les audiences du procès montrent que SAP et Microsoft ont discuté fusion, n'y donnant pas suite.
Le 15 juin 2004, l'éditeur dévoile ses résultats annuels. Le chiffre d'affaires progresse de 7 %, les bénéfices de 16 %.
Le 9 septembre 2004, le département de la Justice perd son procès. L'OPA est possible. L'Union Européenne suivra cette décision.
Le 1 er octobre 2004, l'éditeur change de PDG. Craig Conway, aux commandes depuis 1999, est remercié sèchement. Il est remplacé par Dave Duffield, un des fondateurs de PeopleSoft.
Le 22 novembre 2004, Oracle annonce disposer de 60 % des actions PeopleSoft, payées 24 dollars pièce. Ce dernier tente malgré tout de résister .
Le 13 décembre 2004, le conseil d'administration de PeopleSoft donne son accord à l'OPA. Oracle paiera 26,5 dollars par action, soit une hausse de 66 % par rapport à l'offre initiale.
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