Au printemps, la médiathèque de la Cité de la musique présentera un tout nouveau visage. Dans un espace surplombé d'une mezzanine, une dizaine de zones thématiques répondront aux attentes des amateurs du quatrième art, des néophytes aux plus savants. L'établissement public s'est aussi lancé, depuis 2003, dans le développement d'un nouveau système d'information. Il s'appuie sur les fonds documentaires existants, mais les enrichit de sources audiovisuelles numérisées. La Cité enregistre 300 concerts annuels, qu'elle donne en ses murs. Parfois même, ceux-ci sont filmés.
La direction a profité du regroupement de trois services existants pour relier ses ressources textuelles, sonores et visuelles, jusqu'alors hébergées dans des bases ne communiquant pas entre elles. Ces services sont d'abord le centre d'informations musicales, destiné à tous les amateurs et praticiens de la musique. Ensuite, le centre de documentation du Musée de la musique, qui s'adresse aux historiens et aux facteurs d'instruments. Enfin, la médiathèque pédagogique, dédiée aux enseignants et musicologues.
Un portail, Cite-musique.fr , coiffera le système d'information. A partir d'une cinquantaine de PC connectés en réseau Gigabit Ethernet, le public accédera à de nouveaux services : écoute ou visionnage de concerts enregistrés à la Villette, consultation du programme musical, renvois documentaires vers les compositeurs joués ou le mouvement artistique auquel ils se rattachent, informations sur les instruments...
D'un concerto de Schubert, on basculera ainsi d'un clic vers la biographie de l'artiste ou vers une étude sur la musique romantique. Jusqu'alors, un tel scénario ne pouvait être proposé de façon complète. Il imposait au public de faire la navette entre les trois services éparpillés au sein de la Cité de la musique.
XML pour fédérer toutes les sources
Pour décloisonner ces bases de données, la Cité de la musique a misé sur les technologies les plus récentes. « XML nous a semblé être la meilleure technologie structurante, capable de faire dialoguer aussi bien les catalogues documentaires que les sources multimédias, et de décrire de manière structurée les concerts numérisés » , confirme Rodolphe Bailly, responsable du projet informatique au sein du département pédagogie et documentation musicales.
Le parti pris technologique est de proposer un seul métamoteur de recherche sur les trois bases de données. Il autorise ainsi des recherches sur les oeuvres en général, mais également sur les concerts à partir d'une requête HTML.
Retenu en 2003 à la suite d'un appel d'offres, l'éditeur lillois Archimed avait déjà procédé à l'informatisation du Musée de la musique, l'un des trois services de la Cité. Clé de voûte du projet en cours de développement, son logiciel de back office SIM « introduit une couche d'abstraction en XML, plus souple et plus facile à gérer que des tables relationnelles » , affirme Olivier Walbecq, directeur du développement d'Archimed. Il fournit un moteur de recherche et des grilles de saisie et de recherche, et structure les références des documents.
Selon la recherche effectuée, le système de diffusion incorporé dans SIM génère à la volée des fichiers XML, qui déclenchent à leur tour le programme de diffusion adapté dans le serveur Windows Media. Il est ainsi possible de créer rapidement des sélections thématiques. Chacun des concerts joués à la Cité est, en effet, découpé selon une arborescence précise : oeuvre, mouvement... Les sections créées sont accessibles soit de manière linéaire, soit en pointant directement un moment précis, grâce au code temporel des fichiers. Ceux-ci sont obtenus à partir des bandes sonores enregistrées sur DAT (Digital Audio Tape), ou des éventuelles vidéos filmées en Beta SP. Le tout est ensuite encodé au format WMV (Windows Media Video) de Microsoft. « Windows Media 9 Services assure un encodage selon différents MBR (Multiple Bit Rate). Il adapte ainsi la qualité et le débit de la diffusion audiovisuelle en fonction de la bande passante » , estime Olivier Walbecq.
Annuaire LDAP et Single Sign On
La société Archimed a, par ailleurs, assuré la modification des informations pratiques du centre d'informations musicales, en développant des passerelles entre leur format natif et XML. Quant aux données du centre de documentation du Musée de la musique et de la Médiathèque pédagogique, elles sont actuellement intégrées par la société Opsys au sein de son logiciel Aloès.
La recherche selon plusieurs critères et dans les trois bases s'effectuera au moyen d 'un autre logiciel d'Archimed, Book-Line. Lequel est compatible avec la norme documentaire ISO (Z-3950, pour les spécialistes du domaine). Ultérieurement, cette dernière devrait se mettre au goût du jour des services web, avec la fonction SRW (Search and Retrieve Web Services). A terme, quelque 50 000 documents seront accessibles, avec un temps de réponse a priori inférieur à la seconde.
En parallèle, Archimed a également fourni le logiciel Masc, qui s'appuie sur un annuaire LDAP pour contrôler les différents profils de diffusion : qui consulte, depuis quel endroit, et avec quels droits ? L'authentification des utilisateurs s'effectue une seule fois (SSO, Single Sign On), en entrant un mot de passe et un identifiant. Le serveur délivre alors un jeton valable pour toute la session de connexion.
Dans le cas d'une requête émanant d'internet, Masc analysera l'adresse IP de l'émetteur. En mode extranet (conservatoires et centres musicaux des régions), la connexion se fera à travers un réseau privé virtuel, doublé d'un pare-feu. Ce système permettra ainsi d'ajuster le mode de diffusion des images d'un concert - intégral ou partiel - en fonction du profil de l'utilisateur. Et cela pour éviter tout piratage en ligne.
La question juridique en suspens
Au final, le budget du projet informatique s'élève à 260 000 euros. Ce montant couvre les frais de licences et de développement. A cette somme s'ajouteront les investissements matériels. A savoir quatre serveurs HP Proliant biprocesseurs sous Windows Server 2003 - un pour la gestion électronique de documents ; un autre pour les bases de données des catalogues ; un autre encore pour le portail web, et un quatrième pour la diffusion des flux multimédia, avec une capacité de stockage porte 2 To. Un cinquième serveur HP sera éventuellement dédié à la gestion de juke-boxes pour les 4 000 CD audio détenus par la Cité. Dans le cas où celle-ci n'obtiendrait pas le droit de les transférer sur disque dur.
La question des droits musicaux reste, en effet, en suspens. Diffuser des oeuvres audiovisuelles auprès du public impose de négocier au préalable avec une cascade d'intervenants : la Spedidam pour les interprètes, la Sacem pour les éditeurs, et le Snep pour les labels musicaux. Ainsi, selon l'évolution des relations entre ces sociétés et des structures publiques comme la Cité de la musique, le public accédera à un spectre plus ou moins large de la mémoire musicale vivante.
1. Musée,
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2. Salles de concerts
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3. Centres de documentation
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30 M d'euros de budget annuel pour 300 employés
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150 000 entrées pour 300 concerts par an
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400 00 visiteurs annuels
Une seule requête suffira pour interroger les bases des trois anciens centres documentaires et accéder aux fonds textuels et audiovisuels.
Écouter un concert300 des 1 000 concerts donnés à la Cité pourront être écoutés, voire visualisés, en accédant directement à tel ou tel extrait grâce au code temporel.
Consulter des notes critiquesCertains concerts bénéficient d'apports critiques et musicologiques rédigés par des experts. Ces sources seront accessibles en complément de l'écoute des concerts.
S'informer à distanceUne personne connectée à internet accédera aux offres de formations et de stages sélectionnées par le centre d'informations musicales.
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