Le 9 novembre 2004 marquera peut-être le coup d'envoi d'une vague d'abandons du navigateur Internet Explorer (IE) par les entreprises. Cette date signe la sortie de la version finale d'un concurrent : Firefox 1.0. Issu de la communauté du libre, ce logiciel gratuit ( www.mozilla.com ) provient en fait de la fondation Mozilla, branche dissidente des développeurs de feu Netscape. Il représente la première alternative sérieuse pour naviguer sur la Toile et faire fonctionner des applications web sous Windows, Linux et Mac OS. Cela depuis 2001 et la mise à mort commerciale par AOL de son seul concurrent jusqu'alors reconnu, Netscape. Aujourd'hui Firefox 1.0 débarque à point nommé dans un climat de vives critiques à l'encontre de l'actuelle domination d'IE, tant en termes de sécurité, que de respect des standards W3C (World Wide Web Consortium, l'organisme de normalisation des langages web). « Nous avons été mis sur la sellette en matière de sécurité, mais nous avons fixé tous les problèmes avec le Service Pack 2 » , justifie Stéphane Kimmerlin, responsable stratégie plate-forme d'entreprise chez Microsoft France.
La migration remise au goût du jour
« Il existe un nombre significatif de vulnérabilités dans les technologies employées par IE telles que la notion de zones/domaines de sécurité, le modèle objet DHTML, l'interprétation MIME, et les contrôles ActiveX. Il est possible de réduire l'exposition à ces vulnérabilités en utilisant un autre navigateur Internet » , recommande ainsi le Cert (Computer Emergency Readiness Team) américain depuis l'été dernier. La perméabilité d'IE aux failles est la première raison d'une migration. « Même si les entreprises ont travaillé par défaut avec IE, l'arrivée à maturité de Firefox remet au goût du jour l'idée de changer de navigateur » , pressent David Barth, responsable du pôle infrastructures de la SSII IdealX. Car Firefox a été conçu dès son origine comme un produit sécurisé. Ainsi ne reconnaît-il pas le principe de zones locales de confiance qui régulent le niveau de sécurité d'IE : élevé quand il s'agit de consulter un site web, bas lorsque le contenu est sur l'intranet. Mais un pirate peut faire croire que le contenu consulté d'un site est local, et il s'ouvre ainsi une voie vers le poste client. Il en va de même avec les ActiveX. Ces contrôles téléchargés via une page web s'exécutent sur le poste client avec tous les droits de l'utilisateur. Là encore, le parti pris de Firefox est radical. Tous les contrôles ActiveX sont rendus inopérants. Combinée au blocage des pop up, cette protection ferme la porte aux logiciels espions.
Sortir de la dépendance Microsoft
Les entreprises sont séduites par ces caractéristiques renforcées. Certaines telles La Poste ou Thalès réfléchissent déjà à une migration vers ce navigateur libre, doublé éventuellement du choix de Thunderbird. Ce logiciel client de messagerie complémentaire, de la fondation Mozilla, sortira en version finale vers Noël. Le ministère de l'Agriculture tout comme celui de l'Intérieur se montre aussi intéressé et attend la version finale. « Nous avons l'oeil sur tous les logiciels qui nous sortent de la dépendance envers Microsoft. Encore étroitement liées à l'éditeur et à IE, toutes nos applications ne peuvent être supportées par Firefox, mais cette compatibilité fait désormais partie de nos critères de développement » , reconnaît un responsable, sous couvert d'anonymat. La sortie de la version finale était particulièrement attendue. D'autres l'ont précédé pariant sur les versions bêta.
IE fâché avec les standards
En mai 2004, suite à un incident, l'Ecole nationale des chartes a ainsi précipité l'abandon d'IE. « J'ai dû réinstaller dans l'urgence dix postes devenus des passoires à cause d'une énième faille d'IE » , se souvient Gautier Poupeau, responsable de l'informatique. Il installe alors une version bêta de Firefox sur 150 postes sous Windows XP Pro, et 5 avec double système, Linux Mandrake et XP. La sécurité n'a pas été le seul déclencheur. L'établissement a une importante politique d'édition électronique des travaux de recherche. « Lors des développements web, nous sommes sans cesse contraints de batailler avec IE, qui ne respecte pas les standards du W3C , déplore ainsi Gautier Poupeau. L'avenir de la Toile passe par des pages sémantiquement propres. La portabilité et la pérennité des développements, des applications web, de bons référencements, sont à ce prix » .
Avant lui, Tony Galmiche, responsable informatique de Plastigray, sous-traitant en injection plastique, a installé depuis deux ans la suite intégrée web Mozilla. « Je vais déployer Firefox qui est plus rapide que la suite Mozilla complète. Et continuer à bénéficier de la même sécurité qui m'a épargné de nombreux incidents dont ont souffert mes partenaires et clients » . Toutefois, IE reste disponible sur les quatre-vingts postes clients Windows NT et 2000, pour les sites des intranet partenaires qui ont été optimisés pour ce navigateur.
Une situation burlesque
Quant à internet, la majorité des sites web est optimisée pour un navigateur qui ne respecte pas à la lettre les spécifications du W3C. Dès lors, passer à Firefox pose problème. Des sites ne s'affichent plus correctement alors que ce navigateur respecte parfaitement les normes ! Un paradoxe né de la position de quasi-monopole d'IE depuis 1999. « Nous avons répondu aux attentes des utilisateurs et des développeurs, en allant parfois plus vite que les spécifications » , rétorque Stéphane Kimmerlin de Microsoft France. Certes, mais au niveau des fonctions, certains lui reprochent son retard. « Ce logiciel n'a pas évolué du tout depuis 2001 » , souligne Christophe Porteneuve, de la direction technique de l'école d'ingénieurs Insia (Institut supérieur d'informatique appliquée). Résultat : la communauté du libre a profité de ce sommeil en multipliant les fonctions qui facilitent l'utilisation quotidienne. Et a intégré XUL dans le développement de Firefox. Cette couche de description d'un client riche est prisée des entreprises. « On développe de plus en plus d'applications et interfaces homme/machine qui s'appuient sur XUL » , confirme David Barth. Or Firefox est le seul navigateur multi-plate-forme qui supporte XUL. « Ce qui garantit que toute application client riche déployée avec XUL fonctionne dès à présent sur de nombreuses plates-formes grâce à ce navigateur » , poursuit David Barth. Alors qu'IE en est incapable, Microsoft misant sur son propre langage XAML... disponible en 2006. Aux entreprises de décider si elles pérennisent leurs développements actuels d'applications, portables aisément sur plusieurs plates-formes. Ou si elles patientent encore deux ans minimum. Depuis le 9 novembre, le navigateur pouvant les accueillir est en tout cas disponible.
Entre juin et octobre, les parts de marché du navigateur de Microsoft ont baissé de 95 % à 92,9 % ! Dans le même temps, Firefox/Mozilla progressait de 3,5 % à 6,1 %. Si la progression d'Internet Explorer stagne depuis trois ans, c'est pour cause d'obésité, l'éditeur pouvant difficilement dominer davantage le marché en présence de quelques concurrents. Il est donc d'autant plus surprenant de noter cette diminution des parts de marché cette année.
La préversion finale de Firefox n'a mis qu'un mois pour dépasser les 5 millions de téléchargement. Pour la 1.0, Mozilla en ambitionne 10 millions en trois mois.
10 % de parts de marché d'ici fin 2005C'est l'objectif des douze employés et trente ingénieurs travaillant sur Firefox. Ils sont soutenus par de 580 développeurs contributeurs, et plusieurs dizaines de milliers de testeurs.
4 millions de dollars de budgetAOL versait 2 millions de dollars à la fondation lors de sa création. Deux ans plus tard, le budget a doublé.
| Suite de l'article | ||
![]() |
Christophe Gueguen, consultant sécurité chez XP Conseil | |
|
||||||
|
|
Dossier spécial
|
|
|
Etes-vous prêts pour l'entreprise 2.0 ?
> Cet été, 01net. vous fait découvrir les avenirs possibles de votre quotidien au travail. Et vous demande votre opinion. |
![]() |
|
![]() |
|

![]() matériel Reportage au coeur d'un centre d'archivage gigantesque |
![]() système d'exploitation Plongée dans l'environnement Linux des députés |
![]() conversation high-tech Kiwi mail : l'archivage externalisé de la totalité de sa messagerie |
|
||||
![]() |
||||
![]() |
|
![]() ![]() |
Villes, départements et régions, retrouvez leurs dépenses et investissements informatiques et télécoms en partenariat avec Secteurpublic.fr Cette semaine
|
![]() |
Pour retrouver toute l'actualité des noms de domaine Cliquez ici
|
![]() |
|
|
![]() |
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
Semaine du 9 au 15 juillet 2008
Le classement des hébergeurs sur serveur dédié reste inchangé D’une semaine sur l’autre, les cinq hébergeurs sur serveurs dédiés affichent des performances d’une stabilité impressionnante. En revanche, l’hébergement en environnement haute disponibilité connaît plus de variations... Environnement haute-disponibilité
Serveurs dédiés
![]() |
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
![]() |
Pour retrouver tout le test des opérateurs ToIP Cliquez ici
|
![]() |


![]() |
![]() |
|
| Abonnez-vous gratuitement ! | |
![]() |
|
![]() |
Des détails sensibles sur la mégafaille Internet diffusés par mégarde |
![]() |
|
![]() |
La sécurité de millions de cartes à puce sans contact sérieusement remise en question |
![]() |
|
![]() |
La direction d'IBM ne veut toujours pas d'augmentations salariales générales, selon les syndicats |
![]() |
|
![]() |
Le PC goûte à la puissance nouvelle des puces graphiques |
![]() |
|
![]() |
Etes-vous prêts pour l'entreprise 2.0 ? |
![]() |
|
| > tout le classement |
|
![]() |
|
