Le système d'information, affaire de la DSI ? Pas si vite. Aujourd'hui, la direction des systèmes d'information a tendance à se fondre au sein de l'entreprise. C'est le résultat prévisible de la prise de conscience par les maîtres d'ouvrage de leur rôle dans l'élaboration des systèmes d'information. Les directions métier se comportent, de fait, en véritables propriétaires des applications, et elles intègrent dans leurs budgets les coûts associés. C'est d'autant plus important que tout projet majeur a un impact durable sur l'organisation du travail. Dans cette optique, ces directions s'adjoignent des RSI (Responsables de systèmes d'information), qui détiennent souvent une double compétence, informatique et métier. Ils nomment des pilotes de projet. Autant de rôles assurés auparavant directement par la DSI... Cette dernière est donc renvoyée à ses activités de maîtrise d'oeuvre. Au total, voilà une évolution saine, qui évite la double casquette de la DSI, juge et partie des décisions qui concernent les systèmes d'information.
Dans le même temps, le marché de l'informatique évolue vers la délégation des fonctions techniques à des structures externes : les activités de production via l'infogérance, et, de plus en plus, les activités de développement par le biais des sociétés de services. Ces activités se banalisent. Ainsi des référentiels de processus bien établis, comme Itil pour les activités de production et ISO pour les projets, normalisent-ils actuellement le domaine des réalisations et celui des relations client-fournisseur. Simultanément, le nombre de domaines techniques à maîtriser pour une entreprise s'accroît fortement, augmentant le recours à des ressources externes. Ainsi s'évaporent les fonctions techniques, aspirées hors de l'entreprise. Et parfois même hors de France, comme le montre le développement de l'offshore.
Évaporation et dissolution, que reste-t-il à la DSI ? Un noyau dur, hypercompétent, qui ressemble fort à un mouton à cinq pattes : celui qui disposera de ce phénomène aura un réel avantage concurrentiel ; mais celui qui en manquera rendra l'entreprise trop dépendante de ses fournisseurs. Dans ces conditions, la DSI nouvelle manière va pouvoir s'organiser autour de deux pôles de compétences : une compétence informatique et une compétence de « contractant ».
Principale contribution de la DSI nouvelle manière, acceptée de tous et légitime aux yeux des acteurs de l'entreprise : la maîtrise du domaine technique. Cette compétence de haut niveau est nécessaire pour conseiller les métiers en termes d'architecture et d'outils, et donc veiller à la cohérence de l'ensemble des infrastructures et logiciels mis en place. Cette compétence intervient au service des projets. Mais à la DSI se trouvent aussi des responsables de contrats chargés d'élaborer, de négocier et de piloter le déroulement des accords passés avec les prestataires externes, ainsi que des contrats internes négociés avec les directions opérationnelles.
Forte de ces compétences, la DSI, devenue en quelque sorte « direction des services informatiques », veille à ce que tout se passe bien dans l'entreprise. Ce rôle, peu visible, est primordial. Il est même crucial. Quand on sait que le fonctionnement d'une application coûtera, à l'arrivée, au moins sept fois plus que son coût de réalisation initial, pérenniser l'entité responsable devient une ardente obligation.
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