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« J'ai servi de fusible... » « On m'a mis sur un projet pourri... » Jeunes diplômés ou chefs de projet expérimentés, rares sont les informaticiens capables de vivre sereinement leurs intercontrats. Ils éprouvent de plus en plus de mal à gérer ces temps de vacation s'allongent et se multiplient. Difficile, au-delà de plusieurs semaines, de ne pas déjà se voir dans l'antichambre du chômage. L'intercontrat prend des airs d'oiseau de mauvais augure. Les salariés en mal de mission se qualifient d'ailleurs eux-même de « rompus » ...Car un employé que l'on n'arrive pas à vendre à l'extérieur se considère comme en quasi-rupture de contrat. Pourtant, cette période sans mission est structurelle. Il faut savoir en tirer profit.
Une nécessité inhérente aux sociétés de services
Rien de plus normal, en effet, que l'intercontrat du point de vue des sociétés de services informatiques. Malmenées depuis deux ans sur un marché en presque stagnation, elles ont dû se plier à de multiples contraintes : projets informatiques de plus en plus courts, diminution des tarifs, et concurrence accrue des sociétés offshore. Confrontées à des fluctuations soudaines d'activité, elles effectuent de plus en plus vite des tâches à durée de plus en plus déterminée. C'est pourquoi Syntec Informatique a pris position concernant ce qui peut se produire une fois un projet informatique ou une prestation technique réalisés. Il justifie la nécessité de recourir en permanence à des collaborateurs disponibles. Admettant ainsi que, en période de vaches maigres, ceux-ci se retrouvent dans une période d'intercontrat dès lors qu' « ils n'ont pu être affectés par la suite sur d'autres prestations ou si leurs compétences ne correspondent pas aux contrats informatiques conclus par les commerciaux » .
Pas facile d'être payé à ne rien faire
Du point de vue des collaborateurs en panne de travail, le principe s'énonce différemment, mais tout aussi simplement : entre deux missions, on attend. Sans réelles contraintes professionnelles, excepté une présence exigée au bureau. Et cela tout en continuant de percevoir son salaire. Une aubaine ? Pas si sûr. D'une part, l'intercontrat n'est pas une période de congés, puisque le collaborateur doit rester disponible à la demande de la société. D'autre part, théoriquement, cette période de vacuité peut être interrompue à tout moment. Impossible, donc, pour le collaborateur, de bâtir des projets à moyen ou long terme. C'est plus difficile encore à vivre lorsque, pour des raisons conjoncturelles, l'inactivité se prolonge parfois plus de dix mois. Vient alors l'heure des doutes, tant sur ses capacités personnelles que sur l'existence d'une réelle politique de gestion de ce temps disponible par l'employeur.
En théorie, ce temps de latence pourrait être consacré à se former aux nouvelles technologies ou au management. Il pourrait également s'agir d'une ouverture vers le développement commercial, ou d'affectations à des missions internes. La prise de congés payés peut aussi contribuer à dédramatiser la situation. A condition, toutefois, de ne plus stigmatiser l'intercontrat, de ne pas le transformer en argument de démotivation, ou même en licenciement déguisé.
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