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« Entre 2003 et 2004, le contenu de certains de nos cours a été réduit de 30 %, reconnaît Christian Colin, responsable du Centre de ressources et d'innovation en technologies éducatives (Crite) de l'Ecole des mines de Nantes (EMN). En revanche, nos étudiants en ont sûrement retenu dix fois plus que lors des années précédentes ».
Lorsqu'en 2000, le réseau des sept écoles des Mines a commencé à plancher sur un recours croissant aux technologies de l'information dans ses enseignements, il s'agissait avant tout de l'intuition que ces nouveaux supports allaient profondément modifier les conditions de transmission du savoir. Aujourd'hui, ces bouleversements sont devenus réalité. « Nous avons opté il y a deux ans pour la solution libre Claroline, qui permet aux professeurs de mettre très facilement en ligne sur l'intranet toute leur base documentaire : annales, bibliographies, polycopiés du cours..., explique Christian Colin. C'est un support complémentaire du papier ».
Enseignants et étudiants gagnent en productivité
Une étape supplémentaire a été franchie avec la refonte massive du déroulé des cours. « La durée du cours d'algorithmique graphique dont j'ai la responsabilité est passée de trente à huit heures en classe, poursuit-il. Le temps de travail personnel, lui, représente désormais trente-deux heures contre dix auparavant ».
Cette organisation, qui responsabilise énormément les étudiants, les autorise à travailler à leur rythme et au moment qui leur convient. Ainsi, les périodes passées en commun sont plus riches, car chacun a déjà préparé la séance en ayant le temps de la réflexion. « Entre les séances en classe, des forums en ligne évitent que les élèves soient trop livrés à eux-mêmes, prévient Christian Colin. En outre, ils peuvent contacter l'enseignant par e-mail pour des questions plus personnelles ».
De telles pratiques, fondées sur l'interactivité permanente, obligent l'équipe enseignante à remanier l'architecture des cours. L'expérience a ainsi été transposée à Nantes pour des matières pourtant très techniques, comme la mécanique des fluides, la thermodynamique industrielle ou l'énergétique des machines.
Selon Bernard Lemoult, responsable du centre de développement en pédagogie de l'EMN, cette approche accentue le rôle d'expert de l'enseignant et apprend à l'étudiant à « acquérir, mobiliser et combiner des ressources ». A titre indicatif, un rapide sondage interne a révélé que 85 % des étudiants affirment que moins voir leur professeur ne représente pas un handicap... « C'est toute la relation qui évolue, résume Christian Colin. Grâce à la mise en ligne des bases de cours, on passe d'une relation prof-élève à un contact entre un expert et une personne intéressée ».
Certes, les expériences ainsi menées depuis deux années touchent des publics de taille restreinte une quinzaine d'étudiants par exemple dans le cours d'informatique. Et s'adressent à de futurs ingénieurs, fortement sensibilisés aux questions technologiques. Toutefois, c'est à coup sûr une expérimentation utile pour identifier les bienfaits possibles de l'intégration des technologies de l'information dans l'enseignement.
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