IBM sort une nouvelle ligne de serveurs baptisée Open-Power. Ces systèmes, basés sur les robustes puces Risc Power5 maison, ont la particularité de n'être disponibles qu'avec Linux, et non pas avec AIX, l'Unix d'IBM. L'OpenPower 720, le premier représentant de cette famille, un modèle quatre voies, sera en vente fin septembre. La grande surprise vient de son prix : 5 000 dollars en configuration minimale, et 12 500 dollars avec deux Power5 à 1,65 GHz. De quoi concurrencer non seulement Sun un SunFire v440 avec ses deux UltraSPARC IIIi vieillissants affiche 12 000 dollars, mais aussi Dell puisqu'un PowerEdge 6650 avec deux Xeon 2,2 GHz coûte quasiment le même prix.
« Après avoir pris des parts de marché à Sun et à HP dans le haut de gamme Risc, nous allons les concurrencer en entrée de gamme,
explique Michel Teyssedre, responsable du développement des activités stratégiques Europe d'IBM (Linux, infogrilles...).
Mais il s'agit aussi de s'attaquer au marché x86 et d'imposer les puces Power comme une architecture de volume. »
IBM a soumis l'OpenPower 720 à certains des tests de la Standard Performance Evaluation Corporation (SPEC). Lors de l'épreuve OpenMP (test de capacités SMP), la machine atteint un score de 10 522, très au-dessus des 6886 obtenus par le rx7620 de HP (quatre Itanium 1,5 GHz), mais très en dessous des 14062 réalisés par l'eServer P5 570 de dernière génération (quatre Power5 à 1,9 GHz). Dans les épreuves transactionnelles Java JBB200, l'OpenPower 720 surclasse encore le rx7620 (136 167 transactions contre 116 466), mais se contente de faire jeu presque égal avec un quadri-opteron de Verari Systems (133 427 transactions). C'est donc un bon système, mais pas un monstre de puissance.
L'argument du prix étant insuffisant, IBM met en avant les fonctions de micropartition, qui seront disponibles en option sur l'OpenPower (2 000 dollars) avant la fin de l'année. Elles permettent, tout comme sur les systèmes eServer P5, de diviser chaque processeur afin de constituer jusqu'à dix systèmes virtuels par puce, possédant aussi leurs ressources d'entrée/sortie et de réseau. De quoi transformer un simple OpenPower 720 en serveur de consolidation Linux, et cela à un prix bien moindre qu'avec une licence VMWare vendue 3 000 dollars au minimum. Autre fait remarquable, les OpenServer ne seront pas distribués par des revendeurs agréés à l'instar des plates-formes Power d'IBM, mais selon le modèle des serveurs xSeries, preuve supplémentaire qu'IBM entend les traiter comme des machines de volume.