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[ ENQUÊTE ]
La RFID facilite la gestion des stocks sur toute la chaîne de distribution
L'identification par fréquences radio apporte une visibilité tout au long de la chaîne logistique. Pour en bénéficier, les entreprises doivent adapter leurs processus métier en harmonie avec leur partenaires.

Boris Mathieux , 01 Informatique (n° 1781), le 01/10/2004 à 07h00

« Pour les fabricants comme pour les distributeurs, l'efficacité des opérations de supply chain représente l'un des principaux gisements de progrès. » Gwenaël Loussouarn, spécialiste RFID chez Ineum Consulting, travaille fréquemment à l'optimisation des processus liés à la gestion de la chaîne logistique globale (GCL) - ou s upply chain. L'information en temps réel produite par la RFID améliore, en effet, la visibilité tout au long de la chaîne logistique.

De l'approvisionnement à la vente au détail, en passant par la fabrication et la distribution, les applications RFID optimisent l'utilisation des actifs (espaces de stockage, palettes, etc.) et augmentent le chiffre d'affaires (meilleure disponibilité des produits en lieu de vente, perfectionnement du service client). Elles réduisent également les coûts d'opération (automatisation de tâches, réduction du temps de picking, précision des envois et des réceptions, meilleur pilotage du cross-docking ) tout en améliorant la sécurité (diminution des vols, rappels de produits facilités) et les contrôles qualité.

L'analyse du comportement du client en ligne de mire

« Les bénéfices apportés par la RFID sont d'autant plus importants que le niveau de suivi des éléments est fin » , estime ainsi Gwenaël Loussouarn. Autrement dit, un étiquetage RFID au stade de la palette ne permet pas autant de bénéfices qu'un étiquetage effectué directement sur les articles commercialisés. L'exemple de la démarque inconnue illustre bien ce principe : le vol de carton ne peut être détecté au niveau de la palette, et celui d'un article ne peut l'être au niveau d'un carton.

Stade ultime dans le développement de la technologie, le suivi de l'article servira à terme, par exemple, à optimiser les promotions et la fixation du prix en magasin (pricing), ou à analyser le comportement du consommateur. « Les fabricants voient dans la RFID un moyen de mieux connaître leurs clients, tout en court-circuitant la grande distribution » , observe même Armelle Carminati-Rabasse, partenaire distribution chez Accenture.

Toutefois, cette amélioration de la granularité dans la RFID dépendra de la baisse plus ou moins rapide du prix des étiquettes, qui représentent encore souvent l'essentiel du coût des projets. Payées entre 1 et 20 euros l'unité, les premières étiquettes (souvent des tags actifs) ont servi à tracer des objets dans des systèmes fermés, tels que des contenants réutilisables (fûts de bière Scottish Courage, bonbonnes de gaz Air Liquide, palettes Chep) ou des biens loués (linge professionnel, DVD, livres). Grâce à la baisse du coût des étiquettes, la possibilité de les jeter après une seule utilisation laisse envisager leur application directement sur les articles.

Le coût de la technologie n'est pas, bien sûr, le seul critère pour décider d'une mise en oeuvre. « La RFID transforme les processus en profondeur et ne doit pas être pensée à processus constant » , souligne Kathryn Gramling, RFID EMEA leader pour IBM BCS. Par exemple, un industriel qui réduit de deux heures à vingt minutes le temps de remplissage de ses camions pourra envisager de diminuer la taille de son centre de distribution et de raccourcir son cycle « order-to-cash » (depuis la prise de commande jusqu'au recouvrement de la facture).

Globalement, la RFID peut être perçue comme un facilitateur d'intégration de processus métier de bout en bout (automatisation de procédés manuels, rationalisation de processus et amélioration des délais de commande), ainsi qu'un moyen d'automatisation de la réponse aux différentes opportunités de marché (inventaire en temps réel et prévisionnel, production juste à temps). « La RFID pourrait relancer la collaboration entre fournisseurs et distributeurs » , estime même Christophe Heurtevent, directeur du Store on Demand chez IBM BCS.

Plusieurs opportunités de mises en oeuvre

Kathryn Gramling considère qu'actuellement les applications liées à la supply chain représentent la demande la plus importante des clients européens d'IBM en matière de RFID. D'après elle, les centres de distribution peuvent accroître leur productivité de 10 à 20 % grâce à cette technologie et bénéficier d'une précision d'inventaires et d'expédition proche des 100 %. En points de vente, la productivité augmenterait de 5 % avec un étiquetage au niveau des caisses, et de 7 % avec un étiquetage sur les articles.

Si CSC confirme le dynamisme de la technologie RFID dans la supply chain, la SSII américaine lui voit aussi un bel avenir dans « la pharmacie, les équipements aéroportuaires, le luxe ou l'accès aux frontières. Ces secteurs font également partie de nos cibles » , comme l'explique Pascal Nacache, directeur de projet dans la branche distribution. Associée en France à la société de conseil ADCC, c'est encore dans la distribution que CSC vient récemment de trouver de nouvelles opportunités de mise en oeuvre RFID.

Un secteur particulièrement dynamique depuis que l'américain WalMart et les européens Metro et Tesco ont lancé des programmes visant à faire adopter l'utilisation de la RFID par leurs principaux fournisseurs (lire 01 Informatique n° 1772). A partir de janvier 2005, une autre échéance viendra sans doute accélérer ce phénomène d'adoption. A l'image du Bioterrorism Act 2002, qui impose aux transporteurs, distributeurs et importateurs américains de denrées alimentaires de conserver la trace de l'ensemble de leurs transactions et de les mettre éventuellement à la disposition de la Food and Drug Administration sous quatre heures (huit heures pendant les soirs et le week-end), la directive 178/2002 article 18 de l'Union européenne demandera un nouvel effort de traçabilité sur les produits agricoles à partir du 15 janvier prochain. L'occasion pour les fournisseurs concernés d'évaluer les solutions RFID à leur disposition et, surtout, d'identifier les processus de la chaîne logistique qui pourraient être rationalisés avec leur adoption.

Les applications RFID attendues par les industriels

(applications RFID que les fournisseurs de la grande distribution souhaiteraient le plus mettre en oeuvre, sur une échelle de 1 à 5)

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Les fournisseurs de la grande distribution souhaitent prioritairement mettre en oeuvre les applications RFID de gestion d'inventaire ou de localisation et de suivi. Ils s'intéressent moins à la gestion d'entrepôt et à la rupture de stocks, pourtant estimées parmi les applications RFID les plus matures par Accenture.


Téléchargez la suite de l'article : La RFID améliore la visibilité le long de la chaîne logistique


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