Depuis des mois, le petit monde des télécoms s'interroge : qui va racheter Club Internet ? En août dernier, la maison mère du fournisseur d'accès à Internet, l'allemand T-Online, disait se poser des questions sur son avenir, ainsi que sur celui de Ya.com en Espagne. Leur propriétaire jugeait notamment la compétition en France « extrêmement âpre » .
T-Online a finalement pris la décision la moins attendue : celle de conserver les deux actifs. Selon Reuters, la société, en passe d'être réintégrée dans Deutsche Telekom, va s'efforcer d'améliorer les parts de marché de ses deux FAI, sans croissance externe. Il précisera les ambitions et les moyens mis en oeuvre prochainement.
En France, Club Internet vient de lancer son offre de voix sur IP. Il compterait actuellement autour de 200 000 clients haut-débit dans l'Hexagone.
Première publication le 11/08/2004
Que faire de Club Internet ? La maison mère du FAI français, T-Online (groupe Deutsche Telekom), se pose très officiellement la question au moment de présenter ses résultats financiers de la mi-2004 (voir encadré). Bien que les activités en dehors de l'Allemagne affichent un résultat opérationnel positif (+3,2 millions d'euros au deuxième trimestre), et ce pour la première fois depuis les rachats de Club Internet et Ya.com en Espagne, ces deux activités se trouvent sur la sellette. T-Online avait acheté Club Internet en mars 2000 au groupe Lagardère pour environ 600 millions de francs (91,4 millions d'euros).
T-Online estime que la compétition en France « demeure extrêmement âpre » . Thomas Holtrop, président du directoire, a déclaré que « la prochaine étape doit être, par conséquent, d'examiner les options stratégiques pour Club Internet » . La porte à une cession ou à une fusion avec un autre FAI est désormais ouverte. Reste à savoir qui pourrait se porter candidat en cas de revente. Le nom de Cegetel apparaîtrait comme l'un des plus pertinents, l'opérateur s'étant lancé tardivement dans l'ADSL et ayant peu eu recours jusqu'ici à la croissance externe.
Peloton de tête et ventre mou
Les interrogations de T-Online, qui a perdu des clients en dehors de l'Allemagne, ne surprennent guère. Il y a peu encore, Club Internet s'affichait dans le peloton de tête de l'Internet français, et revendiquait même la deuxième place derrière Wanadoo. Mais, à l'instar d'AOL France, il a eu du mal à conserver ses positions, au moment où l'Internet français négociait le crucial virage ADSL en 2003.
Free et neuf telecom, racheté par LDCom, ont alors endossé les habits de ténors, avec une stratégie axée sur le dégroupage. Ils ont cassé les prix, augmenté les débits, introduisant de nouveaux services comme la télévision sur ADSL ou la voix sur IP. Pendant ce temps, Club Internet glissait dans le ventre mou du marché, condamné à suivre le mouvement impulsé par ses concurrents.
Le FAI s'est ainsi contenté de toiletter récemment son portail haut-débit Livepass, et d'y intégrer 18 chaînes de TV, mais uniquement accessibles depuis un PC. Ses forfaits ADSL, eux, ne sont pas les plus compétitifs.
Le fournisseur se refuse à livrer tout chiffre financier ou commercial, tel que le nombre de clients ADSL par exemple. Il se se contente d'annoncer un chiffre global (bas et haut-débit) d'un million de clients. Néanmoins, selon Les Echos , Club Internet comptabilisait moins de 200 000 clients ADSL en juin dernier sur un total de 4 millions de clients français. Sa présidente, Marie-Christine Levet avait fixé un objectif de 240 000 clients pour la fin 2003.
La filiale de Deutsche Telekom présente de bons résultats pour les six premiers mois de l'année 2004. Le chiffre d'affaires progresse de 12 % et atteint 988,2 millions (prévision pour l'année 2004 : 2,25 milliards d'euros).
Le groupe enregistre au premier semestre un bénéfice net pro forma de 167,6 millions d'euros, contre une perte de 71,4 millions à la même époque l'an dernier. Le résultat opérationnel (Ebitda) progresse de 61,7 % à 248,3 millions sur le semestre, contre 153,6 millions au premier semestre 2003.
Côté clients, le nombre total a progressé de 5,3 % pour se fixer à 13,34 millions. L'Allemagne progresse de 9 %, mais les autres pays, dont la France, ont dans l'ensemble décliné de 10 %. Dans le DSL, T-Online comptabilise près de 3 millions d'abonnés, dont 2,62 millions de clients pour la seule Allemagne, et 310 000 dans le reste de l'Europe.
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