Dans un contexte de rationalisation des infrastructures techniques, les services web permettent d'intégrer des systèmes d'informations de natures hétérogènes. Mais attention : « De nombreuses initiatives risquent d'échouer, car les entreprises n'adoptent pas la bonne stratégie d'intégration » , avertissent les analystes du Gartner. En effet, sous l'apparente simplicité des services web se cache souvent une réalité plus complexe, notamment lors du passage en production. Il est alors assez commun de voir des administrateurs systèmes réduits au simple rôle « d'observateurs de tuyaux » , ne considérant Soap (Simple object access protocol, véhicule de transport des services web) que comme un énième protocole réseau. « La simplicité de mise en oeuvre des services web donne l'illusion que Soap n'est qu'un protocole internet, au même titre que SMTP ou FTP », souligne Fabrice Delsaux, consultant indépendant. Or, l'administration des services web requiert une expertise particulière. De plus, pour Chris Peytier, directeur technique de l'éditeur AmberPoint, « on ne peut plus se contenter de réagir pour résoudre les crises telles que la non-disponibilité d'un service ou un fonctionnement dégradé » .
Une offre parallèle aux EAI, moins complexe
Dans le même temps, l'usage d'outils d'EAI (Enterprise application integration) ,ou la normalisation de l'administration des applications développées sous J2EE via un standard comme JMX (Java management extension) ont accru la complexité des architectures orientées services (SOA, Service oriented architecture) et leur mode de production. Une situation très tôt prise en compte par des éditeurs qui ont saisi l'intérêt d'une offre parallèle aux EAI, moins complexe et plus pragmatique. Parmi les fonctionnalités clés de ces solutions : l'audit et le monitoring. Elles fournissent aux administrateurs de vrais couteaux suisses pour la prise en charge des applications orientées services dans le cadre d'une stratégie de détection des pannes et de gestion des alertes. Réaliser un suivi efficace des performances d'une application multiservice nécessite l'enregistrement et l'analyse minutieuse des échanges interapplicatifs. Ces événements informent quant au résultat ou à l'échec d'une opération, puis conduisent à des prises de décision rapides.
Pour Tanguy Crusson, consultant chez Intalio, « il faut s'appuyer sur les capacités du conteneur de services web [c'est-à-dire le serveur hébergeant les services web, NDLR] . Certains proposent la définition d'intercepteurs dans l'enchaînement des services web. Ces intercepteurs enregistrent les informations concernant le nombre d'appels, la charge actuelle ou la remontée des erreurs » . Mais aucune norme ne permet d'analyser de façon standard les mesures remontées par ces outils, d'où la nécessité de « consolider ces données avec une interface propriétaire » , poursuit Tanguy Crusson. Parmi les acteurs de ce domaine, on trouve AmberPoint. Avec son produit AmberPoint Management Foundation, cet éditeur offre une prise en charge non intrusive de l'administration, c'est-à-dire qu'aucune adaptation particulière des applications existantes n'est requise, et couvre des aspects comme la traçabilité, le reporting ou la visualisation des graphes d'interconnexions. Chris Peytier souligne la possibilité de « retracer le déroulement d'un processus impliquant plusieurs services web et de modifier l'instance ayant causé une panne particulière » .
Une qualité de service formalisée à travers des contrats de SLA
AmberPoint Management Foundation offre également un portail d'administration qui met en relation les exigences de production avec des mesures remontées par l'infrastructure. Car, au centre des préoccupations des entreprises, se trouve la nécessité d'assurer une qualité de service ad hoc, formalisée à travers des contrats de SLA (Service level agreement , accord sur le niveau de service) liant les clients et les fournisseurs.
D'autres éditeurs, tel Actional, vont jusqu'à analyser les échanges entre les différents services web, afin d'anticiper les goulets d'étranglement ou les pannes susceptibles de survenir lors de pics de charge. Un ordonnanceur de services web intervient alors pour déplacer les composants incriminés vers des serveurs moins sollicités, et répercute le changement dans toute la chaîne de traitements. Une opération souvent prise en charge par des API plus spécifiques telles que JMX.
Comme le précise Tanguy Crusson, « lorsqu'il est nécessaire d'intervenir sur l'exécution d'un service web pour réinjecter ou remplacer du code à chaud, JMX s'avère judicieux, car il propose une interface d'administration standard » . Une autre forme d'administration recueille de plus en plus les suffrages des administrateurs systèmes : la gestion par intermédiaire. Le principe consiste à court-circuiter la communication entre un client et un service web, afin d'ajouter des fonctionnalités techniques telles que le routage, le monitoring ou la répartition de charge. Blue Titan est un spécialiste de cette approche, avec sa technologie Soap Intermediation. La plupart de ces outils sont essentiellement non intrusifs. Leur configuration s'avère cependant parfois complexe. Comme le précise Fabrice Delsaux, « il convient de se faire aider par des experts en réseaux ou par l'éditeur lui-même pour les déployer. L'outil le moins intrusif est parfois le plus simple à configurer, et donc le moins cher » .
Le déclenchement automatique d'actions
Chris Peytier souligne : « Idéalement, la mise en place doit se compter en heures, et non en semaines. Si la solution est trop difficile à mettre en oeuvre, elle perd de son intérêt. Cela peut faire pencher la balance en faveur du sur-mesure plutôt que de l'achat d'un outil du commerce. » Une autre qualité des outils de monitoring réside dans leur capacité à déclencher automatiquement une action lors du dépassement d'un certain seuil d'alerte.
Les mesures iront du simple compteur de performances à la règle métier, plus complexe. Dans un scénario faisant intervenir un service de prise de commande, l'outil saura détecter une anomalie pour décider de mesures d'annulation ou de compensation. Parallèlement, les administrateurs systèmes exigent le plus souvent une autre fonctionnalité : la possibilité de définir des priorités selon les services web. Par exemple, un service de consultation qui sature ne doit pas entraîner de blocage des prises de commande. Des éditeurs ont depuis longtemps pris en compte ce problème. WestGlobal, avec son offre mScape et son option Service Priorization Broker, propose ainsi le paramétrage de clients disposant d'accès privilégiés. L'outil se charge ensuite d'allouer le maximum de ressources pour ces clients lors de demandes à distance.
Par ailleurs, la supervision s'accompagne souvent d'une politique d'administration basée sur des règles à l'échelle de l'entreprise. Qu'elles soient redondantes ou minimalistes, ces règles peuvent mener un système à un état d'incohérence. Pour éviter cela, certains produits effectuent une première analyse des flux échangés et proposent à l'administrateur des configurations « par défaut » ou « optimales » . L'utilisateur n'a plus qu'à affiner ou à adapter les métriques en fonction de règles de gestion spécifiques. Il n'existait, jusqu'à présent, aucun cadre strict pour la mise en place d'outils interopérables, car chaque éditeur proposait ses propres services techniques. Difficile d'analyser le trafic provenant de multiples systèmes hétérogènes disposant chacun de leur propre gestion opérationnelle. Les différents acteurs du marché jouent des coudes, et peinent à accorder leurs violons. D'un côté, Microsoft est décidé à imposer son framework MOM (Microsoft operations manager), et, de l'autre, IBM, associé à Computer Associates et à Talking Blocks (récemment racheté par HP) oeuvrent à WS-Manageability. L'objectif reste toutefois le même : fournir un ensemble d'interfaces techniques sur lesquelles viendront se greffer des outils de plus haut niveau. Dans le jargon de WS-Manageability, tout service web est vu comme un composant pouvant gérer des alertes émises par l'administrateur ou remonter des mesures de performances. Cette approche est également utilisée dans le monde Java, à un niveau inférieur, à travers le cadre d'administration log4j. Les erreurs d'exécution ou les fautes Soap ( fault exception ) alimentent des outils comme Tivoli ou Patrol, de BMC Software, à l'aide du protocole SNMP. Le standard JMX permet, quant à lui, de découpler le code technique du socle d'exécution. Cette démarche concurrence celle de Microsoft, qui propose EIF (Enterprise instrumentation framework) , conçu pour la plate-forme.NET, et destiné à s'interfacer avec le futur environnement d'exécution de l'éditeur, DSI (Dynamic system initiative) .
WebMethods, Microsoft et IBM en position de force
D'autres standards sont prometteurs. C'est le cas de « WSDM (Web services distributed management), du consortium Oasis, car il est focalisé sur la gestion des services web, et utilise lui-même des services web » , estime Chris Peytier.
Autre point clé lors de l'adoption d'une plate-forme d'administration : la sécurité. Les outils doivent être en mesure de fournir des moyens fiables pour interconnecter des points d'accès via leurs autorisations. Le marché commence à atteindre une certaine maturité avec des standards comme WS-Security. Ce dernier couvre un spectre allant de l'identification jusqu'à l'intégrité des messages, en passant par la confidentialité. WS-Security n'est toutefois qu'un bloc fonctionnel, qui s'utilise conjointement avec l'infrastructure de services et d'autres protocoles connexes. Ainsi AmberPoint supporte-t-il XML-Encryption et XML-Signature pour le chiffrement et l'authentification des messages. Il s'interface également avec les serveurs LDAP, Netegrity ou Tivoli Access Manager. Reste que le marché de l'administration des services web, considéré longtemps comme un secteur de niche pour de petits éditeurs, subit de profonds bouleversements structurels.
Avec l'essor des EAI et des applications pilotées par les processus métiers, l'administration s'inscrit de plus en plus dans une démarche globale du système d'information. Le suivi ne s'adresse plus essentiellement aux seuls services web, mais à toute la chaîne des processus métiers s'appuyant sur de multiples protocoles (SMTP, FTP et messageries asynchrones).
Dans cette optique, les grands éditeurs comme IBM (avec WebSphere Business Integration), Microsoft (avec BizTalk) ou WebMethods seront indéniablement en position de force. Et dans cette évolution, les spécialistes actuels, tels Actional, AmberPoint ou Empirix, seront fortement sollicités pour
« Les spécifications autour des services web sont en cours d'élaboration, rappelle Tanguy Crusson, consultant chez Intalio, éditeur d'un outil d'intégration. Il convient de s'appuyer sur les services des conteneurs (serveurs de services web). Des outils peuvent être placés comme intermédiaires dans la chaîne de traitement, mais il faut s'assurer qu'ils ne constituent pas un goulet d'étranglement. » Cette démarche est souvent complétée par une autre forme d'administration, celle des applications internes. « Les services web ne sont souvent que des interfaces vers des applications existantes. Leur administration, fréquemment artisanale, passe par l'administration de ces mêmes applications, réalisées via des outils dédiés. » Difficile, dans ce contexte, d'évaluer les qualités d'un bon outil de supervision, même s'il existe quelques indicateurs. « Il doit collecter des informations, disposer de fonctions de reporting et de notification, et prendre en charge des actions proactives ou réactives, selon l'état du système » , conclut Tanguy Crusson.
Pour administrer les services web, les outils de supervision s'appuient sur plusieurs techniques.
![]()
La première,
et la plus contraignante, impose de développer chaque service web en utilisant une API d'administration et d'instrumentation particulière. Lors de la réception d'un message ou du déclenchement d'une erreur, le service web envoie en temps réel des informations de supervision à l'outil d'administration.
![]()
La deuxième technique
, préférée par les éditeurs généralistes, consiste à intercepter et à analyser les paquets Soap échangés entre le client et le serveur d'applications (contenant le service web) par le biais d'un
proxy
HTTP. Cette technique est souple, mais moins précise.
![]()
D'autres produits,
tel celui de WebMethods, proposent de remplacer purement et simplement le serveur d'applications d'origine par un serveur d'applications modifié pour prendre en charge les compteurs de performances ou la gestion des exceptions techniques. Le plus souvent, la communication entre le service web et l'outil de supervision est asynchrone, afin de ne pas pénaliser le système en production.
L'avenir des services web apparaît florissant. Leur usage, associé aux outils de BPM (Business process management) , autorisera les entreprises à bâtir des processus métiers rapidement reconfigurables, selon les analystes de Forrester Research. Les entreprises veulent s'évader des logiciels rigides. L'usage des services web basés sur XML, Soap et WSDL leur permet d'ouvrir leurs applications internes traditionnelles et les solutions tout-en-un du commerce (type ERP), afin de les orchestrer via des outils de BPM. Une démarche qui implique également l'usage de connecteurs interapplicatifs standards peu coûteux tels que les connecteurs J2EE open source de Librados. Avec les services web, il est possible d'encapsuler le savoir-faire interne de l'entreprise. Rappelons qu'il existe deux milliards de lignes de code Cobol de par le monde. Le BPM permet ensuite d'orchestrer ces composants, et de créer des processus intégrant des flux de contrôle et d'autorisation personnalisés avec, par exemple, la vérification du crédit client dans le cas d'une commande en ligne.
![]() |
Utilitaires :
Votre PC est lent ? Téléchargez PC Speed Maximizer - Scan gratuit !
|
|
![]() |
Besoin de sauvegarder vos données?
Découvrez la boutique 01net !
|
|
1 Numericable2 Darty câble 30Mbps3 Orange
> Plus de détails

![]() |
Bubble Dock 01net
Téléchargez et personnalisez gratuitement votre dock !
|
|
