Forts d'une première expertise de numérisation de la boucle locale acquise sur le chantier RNIS, les opérateurs télécoms ont cherché à valoriser la chevelure en cuivre qui irrigue leurs abonnés, avec de puissants processeurs de traitement du signal. Intégrés aux modems, ces DSP (Digital Signal Processing) opèrent une transmission à haut débit, tout en corrigeant les dérapages du signal engendrés par l'excès de vitesse. Ces ajustements caractérisent la technologie DSL (Digital Subscriber Line).
Une bande passante doublée avec ADSL 2+
Mais le pluriel s'impose, puisque DSL recouvre différentes moutures de débits variables. Technologie la plus vulgarisée, ADSL (Asymmetric DSL) autorise une transmission de données à un débit asymétrique de 768 kbit/s en émission (de l'abonné vers le central) et de 8 Mbit/s en réception. Elle emprunte pour cela les plages de fréquences hautes et inaudibles de 30 kHz à 1,1 MHz, tout en conservant un canal pour la voix.
Pour capitaliser sur l'acquis ADSL, l'UIT (Union internationale des télécommunications) a défini en août 2002 une nouvelle norme, baptisée G.992.3 ou ADSL 2. Elle est dotée de fonctions de codage du signal, d'adaptation du débit et d'économie d'énergie afin d'optimiser l'exploitation du réseau de distribution ADSL des opérateurs. Forte de ses nouvelles propriétés, ADSL 2 délivre réellement les 8 Mbit/s de débit descendant promis par la première génération ADSL, avec un débit ascendant à 768 kbit/s. Elle autorise, en prime, une extension de la distance de raccordement de 200 m, tout en restant compatible avec l'existant. Dans son élan, l'UIT a également défini en janvier 2003 la variante ADSL 2+ (G.992.5), plus généreuse en débit. Cet élargissement de la bande passante offre un canal descendant de 16 Mbit/s et un canal ascendant de 1 Mbit/s, mais limite en contrepartie la portée de transmission à 1,5 km.