Mise hors-jeu après la débâcle des télécoms, la BLR (boucle locale radio) pourrait revenir sur le devant de la scène grâce au consortium WiMAX
(Worldwide Interoperability for Microwave Access)
. Ce lobby
entend promouvoir le standard 802.16a, ratifié par l'IEEE en janvier 2003. À la différence du Wi-Fi 802.11, la technologie WiMAX 802.16a sort des murs de l'entreprise pour irriguer un périmètre plus large, que ce soit en milieu urbain ou en zone
rurale. Ses capacités de transmission à 75 Mbit/s dans un rayon de 50 km le permettent théoriquement. Mais, dans la pratique, mieux vaut tabler sur une bande passante de 10 Mbit/s et une portée de 20 km.
Une station de base WiMAX opère en mode point-multipoint dans la bande de fréquence des 2-11 GHz et en particulier sur le segment des 3,5 GHz. Cette prédisposition positionne WiMAX comme une solution alternative
standard aux équipements de BLR propriétaires existants. À capacité comparable, ceux-ci empruntent la bande des 26 GHz par des émetteurs basés sur ATM, qui autorise un débit de 34 Mbit/s.
Mais ces équipements sont plus chers qu'une modeste antenne WiMAX à 3,5 GHz. De plus, celle-ci s'affranchit des contraintes de ligne de vue, tout au moins dans un rayon de 8 km. Rappelons que les antennes de BLR
existantes imposent une émission en vue directe avec la station de base de l'opérateur, autrement dit sans obstacle.
Une norme en évolution
Toutefois, la technologie 802.16a est encore inaboutie. À court terme, elle devrait évoluer vers une variante 802.16d, qui intégrera la gestion des bornes fixes à l'intérieur et pourra ainsi chasser sur les terres du Wi-Fi. À
l'horizon 2006, l'IEEE devrait accoucher d'une mouture 802.16e qui autorisera la mobilité des utilisateurs dans la zone de couverture, sans toutefois offrir la même liberté de vitesse de déplacement que les réseaux cellulaires. Et même si la sortie
récente de Nokia du forum Wi-MAX présage des retards dans ces évolutions, toutes ces promesses intéressent les PME.
Altitude Telecom, seul rescapé sur le front de la BLR, et détenteur d'une licence d'exploitation 3,5 GHz, l'a bien compris en changeant son fusil d'épaule. Sans attendre les produits à la norme 802.16a, il déploie depuis
2003 des équipements WiMAX en version préstandard d'origine Wi-LAN. Par ce biais, il propose des accès radio à 12 Mbit/s sur 20 km, censés concurrencer les offres Turbo DSL ou SDSL des opérateurs filaires. Altitude Telecom prévoit
d'accélérer sa cadence de déploiement en septembre 2004. D'ici là, il sera peut-être imité par France Télécom qui vient d'adhérer au forum Wi-MAX.
Du point-multipoint
Les applications de WiMAX, technologie de transmission hertzienne point-multipoint, vont de la collecte de trafic Wi-Fi à l'interconnexion point à point, en passant par l'accès à Internet haut débit ou à des réseaux privés
virtuels IP.
Les coûts
Un accès WiMAX chez l'opérateur Altitude est aujourd'hui tarifé 129 euros ht/mois pour 1 Mbit/s (400 euros HT de frais d'accès). À en croire son PDG, ce forfait devrait passer à 39 euros HT en 2005, sous
réserve d'adoption par les collectivités locales. La baisse du prix de revient des équipements laisse espérer que d'ici à 2007, le WiMAX sera plus compétitif que l'ADSL.