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[ MÉTHODOLOGIE ]
Un langage commun pour toutes les équipes
Les projets menés dans des environnements répartis nécessitent une formalisation plus importante, évitant ainsi les dérives liées aux problèmes d'incompréhension.
Claire Chevrier , 01 Informatique, le 31/05/2004 à 07h00
Dans des projets externalisés, il est indispensable d'avoir un langage commun. Le plus souvent, celui-ci repose sur la méthodologie de gestion de projets retenue. Elle s'avère primordiale là où un certain manque de formalisme ne peut plus être compensé par la proximité géographique. « Lorsqu'on ne maîtrise pas le processus de fabrication de bout en bout, il est nécessaire de cadrer au maximum les phases en amont et, en particulier, d'identifier très précisément les besoins des utilisateurs, explique Elisabeth Sabbah, chef de projet à la direction informatique du Crédit Lyonnais. Dans ce type de situations, découvrir les besoins au fur et à mesure accroît encore les risques de dérive. »
Le chef de projet doit multiplier les points de contrôle sur l'état d'avancement, le respect des engagements et la qualité délivrée. « L'utilisation d'une méthodologie unique élimine un grand nombre de risques d'incompréhension entre les parties prenantes. Cette standardisation est en route. Mais, beaucoup reste à faire pour qu'elle soit bien comprise et appliquée efficacement », estime Jean-Claude Dravet, président de PMI (*) France Sud, qui prône la méthodologie PMBOK (Project Management Body of Knowledge), standard de l'Ansi, association de normalisation américaine.
Des certifications centrées sur le management de projets
A certaines phases, le chef de projet peut aussi s'appuyer sur de nouveaux référentiels. Ainsi Cobit, étudié pour l'audit, aide-t-il, par exemple, à réaliser un inventaire des infrastructures existantes. « Bien sûr, un chef de projet ayant beaucoup d'opérationnel à gérer n'aura pas Cobit pour livre de chevet, tempère Jean-Louis Leignel, directeur chez Deloitte, et vice-président de l'Afai (Association française de l'audit et du conseil informatique). Toutefois, un chapitre entier liste un ensemble de thèmes qu'il doit maîtriser et qui peuvent l'aider à recenser des lacunes. »
Catalogue de bonnes pratiques prévues pour accompagner la DSI, Itil comporte aussi des modules susceptibles d'intéresser les chefs de projet. « Ces recommandations leur permettent de connaître un ensemble de formalismes, un vocabulaire prédéfini, et les différentes étapes nécessaires pour décrire un processus métier. Itil répond aussi à une problématique de gestion du changement », détaille Patrick Joubert, l'un des anciens adjoints au DSI de BNP Paribas Asset Management, aujourd'hui directeur technique adjoint d'ITS Group.
Les certifications CMM, portant sur la qualité des processus utilisés, sont, elles, de plus en plus demandées aux prestataires, et en particulier aux sociétés offshore. Mais, en interne, il est également essentiel d'être au fait de ces métriques pour connaître les attentes et le niveau de qualité requis. Enfin, il existe des certifications centrées sur le management de projet, telles que PMP (Project Management Professional) ou CDP (Certification en direction de projet), identiques dans le monde entier, qui assurent la première couche de langage commun. De plus en plus d'appels d'offres anglo-saxons imposent d'ailleurs aux prestataires d'avoir des chefs de projet certifiés.
Mais pour que cette démarche soit valable, leurs homologues en interne doivent, sinon être certifiés, du moins connaître la méthodologie induite. « Si son entreprise ne s'inscrit pas dans la logique CMM, et si elle n'a pas adopté Itil ou une autre méthodologie, le chef de projet n'a pas besoin de les connaître en profondeur, insiste néanmoins Renaud Phélizon, chargé de mission au Cigref. L'important, c'est d'agrandir la boîte à outils du chef de projet, qui s'inspire de différentes méthodologies. »
(*) Project Management Institute.
| DES RÉFÉRENTIELS MÉTHODOLOGIQUES POUR ÉPAULER LA GESTION DE PROJET | ||
| Référentiel | Commentaires | |
| CMM |
Mis au point par le SEI | |
| Certifications en gestion de projet (Project Management Professional - PMP - ou Certification en direction de projet - CDP) | Certifications reconnues au niveau mondial, qui sanctionnent les compétences des chefs de projet. PMP s'attache ainsi à cinq phases de projet (démarrage, planning, réalisation, contrôle et fin) et à neuf domaines de connaissance, tels que le coût du projet, sa qualité, ou encore les ressources humaines. PMP ou CDP commencent à être adoptés par les SSII. Les DSI restent sceptiques et préfèrent certifier en interne. | |
| Cobit |
Soutenu en France par l'Afai (Association française de l'audit et du conseil informatiques), ce référentiel d'audit en systèmes d'information peut aider le chef de projet à effectuer un inventaire de l'existant. Pour celui en charge de la maîtrise d'ouvrage, il permet d'obtenir des garanties sur la sécurité et les contrôles des services informatiques fournis en interne ou en externe. | |
| Itil |
Créé par l'organisation du commerce britannique et soutenu en France par ITSMF. Recommandations sur la gestion de services informatiques. Réunit des bonnes pratiques, destinées notamment à améliorer la qualité des services et à accroître l'efficacité des systèmes d'information. Peut aider le chef de projet dans la définition des besoins et des services cibles. | |
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