Assise au piano sous un grand logo Apple, dans une ancienne halle à poissons, la chanteuse Alicia Keys vante les joies de l'iTunes Music Store. Le constructeur l'a convoquée, avec ses trois choristes, pour venir pousser la chansonnette et faire un peu de publicité pour le lancement, mardi à Londres, de la déclinaison européenne de sa boutique musicale, cantonnée aux Etats-Unis depuis sa création en avril 2003.
« Déclinaison européenne », c'est-à-dire dans trois pays : l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni. Les autres auront droit à une version commune « pan-européenne » (et en anglais) d'iTunes, au mois d'octobre.
Peu de surprises par rapport aux conditions de la boutique originelle. Les tarifs respectent un classique seuil psychologique : en France, chaque titre est au prix unique de 99 centimes d'euros (99 cents aux Etats-Unis) et le prix des albums commence à 9,99 euros. Même chose en Allemagne. Au Royaume-Uni, le titre est vendu 79 pence, et l'album, 7,99 livres.
Les catalogues des cinq majors (Universal, Warner, BMG, Sony et EMI) seront proposés ainsi que des morceaux issus de labels indépendants, toujours au format aac. Tous n'ont pas participé à la fête. Selon le quotidien britannique The Guardian, de nombreux labels indépendants européens ont refusé les conditions tarifaires d'Apple, bien moins intéressantes que celles réservées aux majors.
Au total, sur les trois sites lancés conjointement, 700 000 titres sont disponibles initialement, dont 12 000 en musique classique. Pour l'heure, le détail par pays n'est pas connu. La formule de départ - achat en un clic, le numéro de carte bancaire donné une fois pour toutes et pas de formule d'abonnement - est maintenue.
La gravure d'un titre sur CD est illimitée mais celle d'une liste de chansons (par exemple un album) l'est à sept fois. L'internaute pourra transférer ses titres sur cinq ordinateurs, contre trois à l'origine. Quant au transfert sur iPod, il reste illimité.
Ce qui est la moindre des choses quand on sait que la plate-forme de téléchargement d'Apple est d'abord faite pour vendre des iPod. Et ce même si Steve Jobs l'a présentée comme l'alternative la plus crédible à la piraterie, au point de lancer, par opposition à la plate-forme technologique que se targue d'être iTunes : « Websites music stores suck ! » (Les sites web de vente de musique, ça craint...)
Du côté des maisons de disques, Pascal Nègre, PDG d'Universal Music France, avait fait le déplacement et ne cachait pas son enthousiasme : « Plus il y aura de plates-formes, plus le téléchargement légal marchera. »
Il y a quelques mois, VirginMega était entièrement refondu, Sony doit présenter sa propre plate-forme de téléchargement, Sony Connect, cet été, et la Fnac a annoncé le lancement de son site en septembre prochain.
« Notre objectif, continue Pascal Nègre, c'est qu'à la fin de l'année tous les disques Universal soient en ligne. »
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