A la fin de 2002, IBM annonçait le don de sa plate-forme de développement Eclipse à la communauté open source . Ce socle technologique, qui constituait la base de WSAD (WebSphere studio application developer) , le successeur de VisualAge for Java, allait être le point de départ d'une véritable révolution dans le monde du développement. Dans le clan Java tout au moins. Le consortium Eclipse réunissait à son comité de direction de prestigieux acteurs du monde du logiciel tels que Borland, Merant, QNX, Ration Software, Red Hat, Suse, TogetherSoft, WebGain... et IBM. Puis de nombreux éditeurs se sont ralliés à l'étendard Eclipse, comme Sybase, SAP, Ericsson ou encore Hitachi. Alors qu'Eclipse ne cessait de prendre de l'ampleur, nombre d'acteurs ont commencé à critiquer de manière plus ou moins affichée l'attitude dirigiste d'IBM sur le projet. Des critiques sont aussi venues des membres mêmes du consortium...
Le 2 février 2004, à l'occasion de sa convention annuelle dédiée à Eclipse, Big Blue a annoncé son changement de statut : le consortium Eclipse se mue en association sans but lucratif.
Une transparence complète, selon IBM
« IBM a permis à Eclipse de rejoindre l' open source avec de bons résultats. Aujourd'hui, nous donnons son indépendance au projet, grâce à cette association à but non lucratif. Nous jouons une transparence complète : les statuts de l'association sont clairs, de même que sa charte et son organisation. C'était le souhait des développeurs. En entreprenant cette démarche, nous avons écouté la communauté » , assure Michel Lara, évangéliste dédié à la communautédes développeurs chez IBM. La nouvelle direction d'Eclipse regroupe Ericsson, HP, IBM, Intel, MontaVista Software, QNX, SAP et Serena Software. L'association a révélé qu'elle travaillait sur quatre domaines et dix-neuf sous-projets.
Un foisonnement qui inquiète certains éditeurs, qui se demandent quel marché commercial pourra coexister avec Eclipse. « Eclipse est un socle technologique pour les offres commerciales. Il faut bien comprendre que les éditeurs doivent désormais créer de la valeur ajoutée sur ce socle. À chacun d'entre eux de prouver sa valeur » , conclut Michel Lara.
Si IBM a très tôt joué la carte de l' open source , Sun Microsystems a, jusqu'à présent, ignoré ce mode de distribution, gardant la mainmise sur les développements de Java, la plate-forme qu'il a inventée. Paradoxalement, ce sont les analystes financiers qui pourraient pousser Sun vers l' open source . Ils jugent en effet Java comme un succès technologique, mais aussi comme un échec financier. Un foyer de pertes à éliminer au plus vite, alors que Sun a encore supprimé plus de trois mille postes le mois dernier. L' open source apparaîtrait donc pour Scott Mac Neally, p-dg de la firme, comme un moyen d'assurer la pérennité de Java, tout en sortant la tête haute de l'aventure. Mais avec un IBM déjà très actif sur Java, on comprend que la décision soit bien difficile à prendre.
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