
Traditionnellement cantonné aux communautés de passionnés, le monde du logiciel libre sort de l'ombre avec la ferme intention de se tailler une place au soleil. Pour la première fois, le système d'exploitation Linux aurait, selon le cabinet IDC, investi 3,2 % du parc mondial d'ordinateurs, devançant ainsi Mac OS. Un succès partagé par les suites bureautiques libres comme Star Office et Open Office, dont plus de 40 millions d'exemplaires seraient aujourd'hui en circulation.
Certes, la gratuité des logiciels, le refus des solutions propriétaires et des éditeurs hégémoniques ont largement contribué à amplifier le phénomène. Une tendance qui correspond à une véritable lame de fond. « Aujourd'hui, il n'y a plus d'appels d'offre sans demande de solutions issues de l'Open Source » , confirme Christophe Le Cannelier, chez Euriware.
De fait, on ne compte plus les divisions de grandes entreprises qui ont déjà développé des bribes de code libre. Par ailleurs, la parenté évidente de Linux avec les différents Unix en circulation ne peut que conforter les directeurs informatiques dans l'adoption de solutions issues de l'Open Source.
Les SSLL ont le vent en poupe
La gratuité du logiciel libre dissimule souvent l'absence de services d'accompagnement. Une situation qui ne préoccupe guère le développeur indépendant habitué à demander de l'aide sur les forums spécialisés. Même si certaines communautés sont particulièrement réactives, la réponse aux problèmes ardus peut prendre du temps. Une manière de travailler trop aléatoire dans le cadre de projets d'envergure. Interviennent à ce stade les SSLL, sociétés de services spécialisées dans le logiciel libre, qui fournissent aux entreprises et aux revendeurs les compétences manquantes.
« Face à la demande, les VAR et SSII se doivent d'avoir une réponse toute prête à proposer aux clients, et nous sommes là pour l'apporter » ,affirme Alexandre Zapolsky, PDG de la SSLL Linagora. Dans les faits, les SSLL se comportent un peu comme des éditeurs. Les relations entretenues avec les différentes communautés les aident à composer des offres cohérentes en piochant parmi les briques logicielles mises à disposition de tous. Un savoir-faire né de l'expérience, dont, pour l'instant, peu de revendeurs ont la maîtrise.
Pour preuve, moins de 70 sociétés de services revendiquent le statut de SSLL. Les structures historiques (Alcove, Ideal'X, Linagora) cohabitent avec les SSII et cabinets de conseil les plus prestigieux (Bull, Thales, Accenture...) qui ont créé des divisions spécialisées. Néanmoins, leurs effectifs restent encore relativement modestes, par rapport aux Etats-Unis où IBM dispose de plusieurs milliers de salariés travaillant autour des standards ouverts.
Aujourd'hui, les SSLL fonctionnent sur un modèle similaire à celui des SSII conventionnelles. « Les prestations se font en régie ou au forfait », admet Yves Miezan Ezo, directeur commercial d'Alcove. Par ailleurs, les associations d'intérêt sont fréquentes. Le revendeur qui délègue à la SSLL l'intégralité d'un projet autour de logiciels libres est généralement commissionné. Il pourra en retour apporter son expertise sur des affaires impliquant les logiciels propriétaires.
Jusqu'alors à l'écart de toute considération mercantile, le monde du libre se crée de toutes pièces un modèle économique. Précurseurs en la matière, les principales distributions Linux ont opté pour un véritable statut d'éditeur. Ainsi Red Hat qui a mis en place un processus de certification à l'usage de ses revendeurs. Ceux-ci peuvent proposer à leurs clients un service personnalisé sur la base des contrats de support de l'éditeur. Pour sa part, Mandrake a créé un club d'utilisateurs offrant aux abonnés une palette de prestations personnalisées. Dernier arrivant en date, Novell, qui suite au rachat de SuSE, élabore un programme partenaires à trois niveaux.
La demande en faveur des logiciels issus du monde libre est aujourd'hui une réalité que les VAR et SSII ont tout intérêt à affronter. Certes, ils perdent le marketing, les prospects et le support qui accompagnent les logiciels propriétaires, mais gagnent en contrepartie sur l'achat de licences et de formations. Ce faisant, ils sont mieux à même de se concentrer sur les services à valeur ajoutée.
Maîtriser le système d'exploitation Linux aide à mettre au point et à vendre des solutions. Les éditeurs dispensent des formations.
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S'adosser à une SSLL ou un éditeur permet de s'implanter sur le marché puis de progresser. La connaissance d'Unix facilite la démarche.
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Nouer des liens avec les communautés permet l'obtention d'informations auprès des développeurs et la résolution des problèmes.
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Les outils libres couvrant les mêmes domaines que les logiciels propriétaires, les compétences à acquérir sont relativement similaires entre les deux mondes.
Le coût réduit des licences. La gratuité est de mise pour les développements, mais l'utilisation dans le cadre commercial peut s'accompagner de royalties.
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Des offres capables de couvrir des domaines aussi divers que le stockage, la sécurité, les serveurs d'application avec des acteurs reconnus (Arkeia, Apache, JBoss...).
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La stabilité des systèmes d'exploitation appréciés pour leur moindre sensibilité aux attaques virales.
Les grands comptes et les organismes publics soucieux d'affirmer leur indépendance vis-à-vis des grands éditeurs anglo-saxons.
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Les PME/PMI qui voient les économies réalisables sur l'achat des systèmes d'exploitation et suites bureautiques.
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Les éditeurs de progiciels qui peuvent inclure dans leurs solutions des briques logicielles déjà éprouvées.
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