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Cet article est extrait de : Décision Distribution

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[ L'ÉVÉNEMENT ]
Le BSA met les distributeurs face à leurs responsabilités
L'association des éditeurs compte sur les revendeurs pour convaincre les entreprises de mettre leur parc logiciel en conformité avec la loi. Mais le piratage ne soulève-t-il pas un autre problème, celui du mode de commercialisation des licences.

Juliette Fauchet et Olivier Waché , Décision Distribution, le 10/05/2004 à 08h00

Une campagne radio, des bannières publicitaires en ligne, des annonces dans la presse écrite, 250 000 brochures mises à disposition chez les distributeurs et un mailing d'information expédié à près de 18 000 revendeurs. Pour sa nouvelle campagne de sensibilisation des entreprises au piratage de logiciels, tout au long du mois de mai, le BSA (Business Software Alliance) n'a pas lésiné sur les moyens. Pour parfaire le dispositif, l'association propose gratuitement le téléchargement sur son site Internet, du logiciel d'audit easyvista, créé par Staff&Line, permettant de contrôler de façon simple l'ensemble de son parc logiciel. « C'est la première fois que le BSA fait une campagne médiatique aussi importante sur un outil de contrôle de logiciels », précise Sandrine Garriot, directrice marketing et communication de Staff&Line. Et l'enjeu est de taille. Pour réaliser cette opération, l'association de défense des éditeurs a déboursé environ 300 000 euros. Un budget modeste au regard des gains que pourrait générer la lutte contre le piratage. En effet, selon IDC, si la France réussissait à faire baisser son taux de piratage de 10 %,elle créerait plus de 45 000 nouveaux emplois, injecterait 21,7 milliards d'euros dans son économie et générerait 6 milliards d'euros de recettes fiscales. Car à l'heure actuelle, le taux de logiciels copiés dans les entreprises françaises s'élève à 43 %. Un taux qui nous place bien au-dessus de la moyenne européenne, estimée pour sa part à 35 %. « Une situation intolérable, s'insurge Bertrand Salord, porte-parole du BSA France. Sous prétexte qu'il s'agit de numérique, les entreprises et les particuliers trouvent normal de pirater des logiciels. Mais le développement logiciel est une industrie derrière laquelle il y a des hommes et des heures de travail. Il est donc normal de les rémunérer. »

Convaincre plutôt qu'agiter le spectre de la répression, tel est donc le positionnement choisi aujourd'hui par le BSA. Un assouplissement et un changement de ton qui visent à encourager les entreprises à être plus attentives au message de mise en conformité avec la loi que l'association souhaite faire passer. « Les stratégies de vente de licences étant très différentes d'un éditeur à un autre, et complexes à gérer, nous sommes très compréhensifs lorsqu'une entreprise affiche sa bonne foi et sa volonté de remédier à la situation, n'hésite pas à affirmer Bertrand Salord. D'autant que tous les directeurs informatiques ne peuvent pas être derrière chaque salarié. Nous ne voulons pas nous positionner comme des policiers de l'informatique, mais créer une prise de conscience. »

L'importance du suivi des licences

Pour appuyer son propos, le BSA compte donc sur easyvista, qui permet à tout employé de réaliser un audit personnel. Mais ce sont surtout les distributeurs, VAR, SSII et intégrateurs, qui sont sollicités. Ils ont tout intérêt, tant en matière d'audit que de vente de licences, de maintenance et de services associés, à lutter contre ces pratiques. Ainsi, selon Éric Beaurepaire, directeur marketing de Symantec, « certaines entreprises font disparaître la ligne achat de logiciels dans le cahier des charges élaboré par le prestataire de services. Ce dernier se retrouve donc à commercialiser le matériel sans la ou les solutions qu'il avait préconisées. Son intérêt est donc de convaincre l'entreprise d'acheter le logiciel, en insistant sur les peines qu'elle peut encourir en cas de contrôle, sur les avantages du service après-vente et les mises à jour ». Une idée partagée par Software Spectrum, un revendeur qui milite depuis des années auprès de ses clients pour un suivi rigoureux de la gestion des licences. « Parler de nos clients comme des pirates ou des fraudeurs est dérangeant, indique Philippe Latour, directeur marketing Europe du Sud. Pour ma part, j'estime que si problème il y a, il s'agit surtout d'une utilisation abusive des licences plutôt que d'une véritable fraude. Les entreprises ne savent pas toujours bien les gérer. C'est pourquoi nous souhaitons la mise en place au sein des entreprises, de spécialistes du suivi des licences. Nous leur proposons une formation, baptisée Certified Software Manager, pour sensibiliser les entreprises à la gestion des contrats, aux conséquences juridiques... Nous avons également développé le Software Asset Management, un ensemble de services pour optimiser les investissements des entreprises dans le domaine du logiciel. Notre rôle est de permettre à nos clients de disposer d'un parc en réelle adéquation avec leurs besoins, tant en nombre de licences utilisables qu'en évolution des solutions déployées. » Si le BSA compte sur les distributeurs, il n'hésite pas pour autant à les mettre en garde. « Pour les revendeurs qui, à des fins commerciales, préinstallent des logiciels gratuitement sur une machine, nous sommes inflexibles, insiste Bertrand Salord. Il s'agit de concurrence déloyale, non seulement face à leurs confrères, mais aussi face aux éditeurs. Dans ce cas, nous entamons une procédure au pénal. C'est d'ailleurs ce que nous avons fait chez Adobe avec l'un de nos partenaires régional. » Dans le cadre de la loi Perben II sur la propriété intellectuelle, les pénalités ont en outre été alourdies, une société pouvant encourir jusqu'à 1,5 million d'euros d'amende, ainsi qu'une peine d'emprisonnement pour ses dirigeants et des dommages et intérêts pour l'éditeur piraté. « Il est en effet très important de lutter contre tous les marchés parallèles, ajoute Éric Beaurepaire. Nous savons, par exemple, qu'il existe des structures organisées qui copient en grande quantité des logiciels achetés ou téléchargés sur Internet. »

L'action du BSA soulève également un autre problème : celui de l'adaptation des modes de commercialisation des licences aux besoins des entreprises. Pour Philippe Latour, « la licence à l'utilisation, donc une facturation à l'usage, est une solution déjà pratiquée. Mais elle nécessite par ailleurs une plus grande rigueur dans la gestion. Une souplesse plus importante, tant dans le mode de commercialisation que dans les contrats, est nécessaire ».

Le piratage français dépasse le niveau européen
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En France, 60% des entreprises de 20 à 100 salariés utiliseraient de façon illégale les logiciels.



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