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Un coût de possession réduit de 10 à 50 %
Frédéric Bordage
Mieux dépenser pour économiser davantage
[ LOGICIEL LIBRE ]
Un coût de possession réduit de 10 à 50 %
Au-delà de la simple économie de licence, les logiciels libres limitent sensiblement les investissements en matériel et le coût d'exploitation.
Frédéric Bordage
, 01 Informatique,
le 06/05/2004 à 07h00
Les économies à l'achat réalisées grâce aux logiciels libres sont comprises entre 10 et 50 % selon le projet. La plupart de ces logiciels sont gratuits et nécessitent des configurations matérielles standards, moins puissantes que leurs concurrents propriétaires.
« Notre
cluster
Oracle 9iRAC fonctionne sous Linux et plate-forme Intel. C'est avant tout le coût du matériel, inférieur à une solution propriétaire, qui nous a permis de réaliser des économies »,
illustre Laurent Menard, directeur informatique de
L'Argus de l'automobile
.
En revanche,
« si les gains en coût de licence restent sensibles, un grand nombre d'éditeurs tels Red Hat ou JBoss sont déjà sortis du gratuit et proposent des licences commerciales payantes »
, note Christophe Le Cannellier, responsable du pôle
open source
d'Euriware. Le coût d'acquisition ne représentant que 20 % du coût total de possession (TCO), il faut donc chercher ailleurs les principaux gisements d'économie.
Fiabilité et standards : principaux facteurs d'économie
La fiabilité des logiciels libres est un atout indéniable. Selon IBM Global Services, elle divise le coût d'indisponibilité par 3,5 et réduit le TCO de 56 % sur trois ans. Cette fiabilité limite le coût du support.
« Beaucoup de clients acceptent un support de moins bonne qualité sur des logiciels non critiques et robustes. Dans le cas du serveur Web Apache par exemple, très peu prennent un contrat »,
constate Jean Marie Verdun, responsable Linux chez HP France. Lorsque cela est nécessaire, le support ne coûte pas plus cher.
La fiabilité n'est cependant plus réservée aux logiciels
open source.
« Les concurrents propriétaires comme Microsoft ont progressé dans ce domaine depuis quelques années et les attaques sur les machines Linux explosent en ce moment. On observe donc un nivellement des écarts de coût d'exploitation liés à la fiabilité »
, indique Christophe Le Cannellier.
Dépendants du coût d'exploitation, les coûts de personnel peuvent être réduits de 20 à 50 %. Standards et enseignés dans toutes les écoles et universités, les logiciels libres ne demandent en effet pas de compétences particulières. Une partie de la maintenance évolutive peut être prise en charge par la communauté.
« Elle enrichit en permanence et gratuitement notre librairie graphique
open source,
déportant ainsi son coût de maintenance »,
illustre Eric Poisse, responsable informatique de Cermex, une filiale du groupe Sidel.
Des bénéfices réservés à certains projets
Les atouts des logiciels libres ne s'appliquent cependant pas à tous les besoins des entreprises.
« Dans le domaine des bases de données, MaxDB pose de vraies difficultés aux solutions commerciales. La situation est identique pour les serveurs d'infrastructure - fichier, messagerie, impression, Web, serveurs d'applications, etc. - et les parcs de postes bureautiques importants »
, synthétise Christophe Le Cannellier. Selon Bull, les économies potentielles sur le poste client peuvent atteindre jusqu'à 2 000 euros par utilisateur.
Reste que le principal atout du libre pourrait bien être plus psychologique que technique.
« La meilleure façon d'améliorer le retour sur investissement d'outils propriétaires, c'est de les mettre en concurrence avec des solutions
open source.
Cela se traduit par des remises pouvant atteindre 80 % »,
conclut Olivier Guilbert, PDG de la société de services en logiciels libres Idealx.
Eric Poisse (Cermex) : « Des économies de 30 % depuis quatre ans »
Eric Poisse, responsable informatique de Cermex.
Il faut se préparer à investir 20 % de temps en plus pour prendre en main les outils. Un investissement largement compensé en exploitation par la stabilité, les performances et le faible coût de maintenance.
Le respect des standards et l'ouverture pérennisent les investissements : nous ne devrons pas remettre en cause nos investissements tous les trois ans.
La possibilité d'installer ces logiciels sur autant de machines que souhaité et le respect des standards facilitent la standardisation de l'entreprise.
Dimitri Mouton, (Achatpublic.com) : « Attention à la dépendance par rapport au prestataire »
Dimitri Mouton, responsable études & développement d'Achatpublic.com.
La communauté travaillant sur le produit choisi doit être active pour éviter le même type de problème qu'avec un produit sur étagère.
Le risque le plus important en termes de coûts est de se retrouver avec un intégrateur qui possède quasiment l'exclusivité de la maîtrise du produit open source.
Ce risque se présente surtout pour les logiciels libres personnalisables. Le seul fait de disposer des sources est très nettement insuffisant, car il n'est pas facile d'acquérir la maîtrise d'un tel produit.
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