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Cet article est extrait de : 01 Informatique

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Mieux dépenser pour économiser davantage

[ CONSOLIDATION ]
Diminuer la charge d'administration
La consolidation de centres de données réduit la facture au niveau du matériel, des logiciels, et, surtout, des ressources affectées aux tâches d'administration.

Annabelle Bouard , 01 Informatique, le 06/05/2004 à 07h00

Les entreprises déploient souvent leurs serveurs au rythme d'une machine par application, au fur et à mesure des besoins. « Une étude menée auprès de trente-cinq très grands comptes a montré que les machines sont utilisées, en moyenne, à 20 % de leurs capacités », indique Laurent Maury, directeur marketing d'Unisys. La consolidation de centres de données a ainsi pour objectif d'optimiser l'utilisation des serveurs et de réduire les coûts liés au matériel, aux logiciels, et à leur administration.

La plupart des serveurs sont fréquemment déployés à proximité des utilisateurs concernés. Or, gérer un nombre important de serveurs, géographiquement éparpillés, engendre des coûts importants - en particulier au niveau de la supervision. « Les ressources humaines représentent environ 10 % des coûts totaux de l'informatique si l'on inclut les ressources internes et externes. Jouant sur le facteur humain, la consolidation a un impact direct sur les coûts », explique Reza Karimi, Senior Manager en charge de l'offre Information Technology Transformation (ITT) de BT Syntegra.

Moins risquée, l'approche graduelle a peu d'impact sur les coûts

La première étape de la consolidation consiste à réduire le nombre de centres de données en rassemblant des serveurs jusque-là dispersés, sans leur apporter de changements. « Cette consolidation géographique génère souvent un gain immédiat au niveau du personnel d'administration », affirme Michel Grot, responsable conseil et infrastructure chez Atos. Philippe Roux, responsable marketing chez HP Services, a un avis plus mitigé : « Les gains ne sont pas énormes, car on ne diminue pas les coûts logiciels, et peu ceux d'exploitation. Sauf en consolidant en parallèle le stockage. »

La deuxième étape tient à diminuer le nombre de serveurs hébergeant chacun une instance d'une même application - et, ainsi, le matériel, les logiciels et les mètres carrés utilisés dans le centre de données. Parmi les trois principales parties composant le système d'information - l'informatique métier, l'informatique de gestion et l'infrastructure de base -, cette dernière (messagerie, annuaire, bureautique, partage de fichier, etc.) « fait facilement l'objet d'une consolidation. Regrouper les serveurs de messagerie abaisse leur coût de fonctionnement de 30 à 40 % », indique Reza Karimi. « Une approche graduelle, en commençant par une famille de services comme l'impression ou la messagerie, diminue les risques, estime Michel Grot. Cependant, elle a un impact plus faible. Tout effectuer d'un coup laisse espérer une réduction des coûts plus significative. »

On pourra aussi faire migrer différentes applications ayant le même but fonctionnel vers une seule. « On le voit surtout dans les grands groupes pour l'informatique de gestion - les ressources humaines, la finance ou les achats, par exemple. Il peut s'ensuivre une consolidation de la base de données », explique Reza Karimi.

Considérer le surcoût lié à la redondance des serveurs

La troisième étape consiste à regrouper sur une même machine des applications de natures différentes. Cependant, ni les applications stratégiques ni les fonctions de sécurité ne seront candidates. « Il est hors de question de partager le serveur qui gère la messagerie vocale d'un opérateur de mobiles, ou celui qui héberge une application de gestion de salle de marché », indique Laurent Maury. Par ailleurs, toutes les applications ne sont pas techniquement aptes à cohabiter avec d'autres. Des éditeurs ont même publié des recommandations strictes, demandant d'installer leur logiciel sur un serveur dédié. « IDC indique que certains vont jusqu'à remettre en cause les contrats de support si les clients ne s'y conforment pas », note Laurent Maury.

Ces consolidations s'opéreront sur des machines existantes jusque-là sous-exploitées, ou sur du nouveau matériel, plus puissant. « Les grosses machines étant plus fiables, la probabilité des pannes diminue. Les gains au niveau des ressources humaines s'étendent donc au help desk, avec des incidents moins nombreux, remarque Michel Grot. La consolidation permet aussi de mieux maîtriser les achats et de gérer moins de contrats de maintenance. »

Si la consolidation rajoute un coût, c'est celui lié à la redondance - incontournable lorsque l'on cherche à réduire l'impact qu'aurait la panne d'un serveur sur les applications ou les utilisateurs. Comme pour tout projet digne de ce nom, l'étude préalable est de première importance. « La consolidation a coûté cher à une banque anglaise qui avait omis, lors de l'étude préalable, d'estimer les coûts des flux liés à l'EAI », indique Laurent Maury.

Filip Corbeel (Zenitel) : « Le coût d'administration des serveurs a été réduit de moitié »

Filip Corbeel, responsable informatique chez Zenitel.

L'intégrateur Zenitel a souhaité centraliser au niveau de son siège belge l'essentiel de ses serveurs, auparavant décentralisés et répartis sur ses sites en France, au Danemark, en Finlande, en Suède et en Norvège.

La société est passée d'environ 55 serveurs à 35 (dont certains plus puissants) en uniformisant les logiciels utilisés - à l'exception de la comptabilité pour des raisons de réglementation.

Mesurer l'impact de la consolidation sur le coût d'administration des serveurs s'est avéré facile, le parc étant infogéré par Atos.



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