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Les formations les plus demandées en 2003
L'intérêt pour les techniques informatiques et télécoms de base se confirme cette année encore. Un grand changement, en revanche : le boom de la gestion de projet, en particulier chez les SSII qui veulent maîtriser la relation avec les clients tentés par l'offshore.
Erick Haehnsen , 01 Informatique, le 05/04/2004 à 07h00
Pour la troisième année consécutive, 01 Informatique dresse un état des lieux des formations informatiques et télécoms les plus dispensées en France. Une manière de prendre la température pour savoir où en est la santé économique du secteur. « Globalement, le marché de l'emploi réclame aujourd'hui, d'un côté, des chefs de projet auxquels on demande d'acquérir une bien plus large envergure opérationnelle. Et, de l'autre, on pousse les techniciens à l'hyperspécialisation technologique. Au milieu, le polyvalent touche-à-tout qui gère de petites affaires n'a plus droit de cité » , estime Brahim Benhatchi, chef de la ligne de produits informatiques au Cesi, un institut de formation indépendant.
« Cela signifie que les projets deviennent plus complexes, tant au niveau des technologies que des modèles économiques. » De fait, la gestion de projet, qui n'était qu'en cinquième position dans notre classement de l'an dernier, monte à présent sur la plus haute marche du podium des formations dispensées par les instituts, et sur la deuxième dans le palmarès des formations les plus consommées par les grandes SSII. Est-ce à dire que les projets repartent à la hausse ? Peut-être, car l'économie en général reprend des couleurs. Mais lentement. D'où le maintien des formations aux technologies fondamentales : systèmes d'exploitation - en première position chez les SSII -, langages de programmation, télécoms et réseaux... Des secteurs sur lesquels les SSII veulent rester en pointe.La menace offshore
Cependant, 2003 a vu la déferlante offshore délocaliser massivement des développements informatiques vers les pays à bas coût de main-d'oeuvre. Une tendance irréversible. « Les clients en avaient ras-le-bol d'être pris pour des vaches à lait par les SSII » , note Michel Baland, le nouveau PDG de Learning Tree en France. A leur tour, certaines SSII se mettent à délocaliser pour réduire leurs coûts. Au risque de se désindustrialiser. A l'instar du secteur électronique et de ses industriels fabless , comme Alcatel, c'est-à-dire sans usines. En effet, les grandes ingénieries ont du mal à massifier l'industrialisation de leur offre et à toucher les PME. Un signe : les formations aux logiciels libres - Linux, Apache, MySQL, PHP, Struts, Zope - pour développer des applications Web sont très sollicitées chez les instituts indépendants. Et dans les SSII ? Presque rien. « Chez nos clients, leur intérêt se limite à Linux ou à la réalisation de maquettes » , dit-on chez Steria. Or, les logiciels libres intéressent très fortement les PME, car ils permettent de réduire considérablement le coût des projets. Pourtant, dans les discours marketing, grands éditeurs et grandes SSII entonnent en choeur le refrain « Small is beautiful » . Citons Econocom, Euriware, Teamlog... qui, à cet égard, affirment avoir une offre spéciale PME. En fait, ne pas toucher les PME va de pair avec une méconnaissance des logiciels libres. « 30 % de nos stagiaires proviennent de sociétés comptant moins de trente personnes » , reconnaît Eric Darras, responsable des formations informatiques chez Demos. « Les PME veulent échapper aux fourches caudines de Microsoft grâce aux logiciels libres » , confirme Michel Belli, directeur général de l'institut indépendant Orsys. Du coup, ce sont les petites SSII ou les consultants indépendants de proximité qui choient la petite entreprise.Valoriser les acquis
Dernière tendance, enfin : l'intérêt pour la VAE (valorisation des acquis de l'expérience) se confirme, car elle sauve l'employabilité des personnes. Surtout pour les profils techniques, qui sont passés, par exemple, des systèmes d'exploitation aux techniques pointues de programmation - Java, C++, Visual Basic, C#, etc. - ou aux bases de données. En quelques semaines de formation, les stagiaires peuvent acquérir un titre d'ingénieur de niveau 2 (maîtrise). « Les demandes affluent, note Brahim Benhatchi du Cesi. Mais cela ne va pas sans poser quelques problèmes : tout le monde ne peut pas devenir chef. Et toutes les entreprises ne peuvent augmenter les salaires. Pour éviter de mettre le doigt dans l'engrenage, certaines DRH ne font rien. » Reste que les demandes continueront d'affluer.
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Ces deux tableaux résultent d'un sondage réalisé par 01 Informatique du 5 janvier au 25 février 2004. Et ce, auprès des principaux instituts de formation indépendants - Cegos/IB Formation, Cesi, Demos, Learning Tree, et Orsys - et des plus importantes SSII (palmarès PAC, mai 2003) - Atos Origin (incluant SchlumbergerSema), Bull, Cap Gemini Ernst & Young, CS Communication & Systèmes, CSC Peat Marwick, IBM Global Services, Sopra Group, Steria, et Unilog.
Les responsables formation des instituts et les directions des ressources humaines des SSII ont été interrogés par téléphone et par e-mail.





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