

| Cet article est extrait de : Décision Distribution |
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[ L'ÉVÉNEMENT ]
Microsoft règle ses comptes avec Linux
Chiffres et témoignages à l'appui, l'éditeur veut prouver que ses outils sont moins onéreux et plus performants que les solutions open source. Après les États-Unis, la campagne de communication débute en France.
Frédéric Bordage
, Décision Distribution,
le 08/03/2004 à 07h00
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| Stéphane Kimmerlin, responsable stratégie pour la division plate-forme d'entreprise chez Microsoft France. |
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« Linux est la principale menace pour Windows »,
reconnaissait, en 2001, Steve Ballmer, PDG de Microsoft. Depuis, cette menace s'est intensifiée notamment sur le secteur des serveurs.
Alors que la part de marché du système d'exploitation libre a progressé de 34 % depuis début 2002, celle de Windows stagne autour de + 0,2 %.
« Microsoft découvre la concurrence. Jusqu'à présent, il n'avait pas
besoin de justifier ses tarifs. La pression de Linux lui impose aujourd'hui de démontrer sa valeur ajoutée comme n'importe quel éditeur de solution propriétaire le fait depuis des années. Et ce, d'autant plus que les entreprises ne souhaitent plus
être dépendantes d'un seul fournisseur, car les inconvénients de la monoculture sont devenus évidents »,
affirme Olivier Guilbert, PDG d'IdealX, société de services en logiciels libres (SSLL).
Face à cette pression, Microsoft a donc lancé une vaste campagne de publicité aux États-Unis. Visant ses clients et prospects,
« Get the facts »
(en français : Des faits) débarque
maintenant en France. Elle vise d'une part à démontrer la supériorité de Windows par rapport à Linux, tant en terme d'investissement financier que technique, et d'autre part à encourager les entreprises qui abandonnent les processeurs RISC à
privilégier Windows plutôt que Linux.
« On oppose toujours Windows et Linux. Or, s'il y a une bataille qui se livre aujourd'hui, c'est surtout entre Unix et Linux. Nous nous contentons de montrer aux entreprises que Windows
n'est pas forcément plus cher que Linux »,
précise Stéphane Kimmerlin, responsable stratégie pour la division plate-forme d'entreprise chez Microsoft France. Toujours est-il que l'accroche de la campagne,
« Des entreprises leaders et des analystes le confirment : avec un TCO* inférieur, la plate-forme Windows surpasse Linux »
, promet de relancer une vaste polémique entre les inconditionnels du libre
et les défenseurs de la firme de Redmond.
« Ce qui nous fait le plus peur, c'est le manque d'information factuelle, de ne pas pouvoir prendre la parole et de nous exprimer. On essaie de dépassionner le débat et de sortir des
polémiques en s'appuyant sur des faits concrets et des études indépendantes »,
explique Stéphane Kimmerlin. Des encarts dans la presse etdes bandeaux sur les sites Internet invitent les entreprises françaises à se connecter à
www.micro-soft.com/France/desfaits
. Elles y trouveront des analyses américaines des cabinets tels qu'IDC, Giga Group, traduites en français, des retours d'expérience d'entreprises
américaines et européennes, ainsi qu'un kit d'évaluation de Windows Server. L'un des premiers retours d'expérience français devrait être celui du distributeur
LDLC.com
qui a abandonné l'open source pour les solutions de Microsoft, l'assemblage et la maintenance de logiciels libres lui coûtant trop cher.
" Des faits ", un effet bénéfique pour les partenaires
Basée sur le duel Linux/Windows, la campagne de Microsoft s'étend en fait à toutes les briques de l'infrastructure informatique du système d'exploitation au serveur web en passant par la base de données. Linux n'est pas le seul
concurrent de l'éditeur. Selon Evans Data, l'utilisation de la base de données libre MySQL a progressé de 30 % en 2003, contre seulement 6 % pour SQL Server.
« Nous luttons contre une vision
"silo"centrée uniquement sur le système d'exploitation, la base de données ou le serveur web. Une vision globale du système d'information impose de prendre en compte d'autres paramètres que le simple coût de licence : les
compétences disponibles, le coût d'administration, etc. »,
détaille Stéphane Kimmerlin. Selon IDC, l'investissement initial (licence, matériel, installation) représente moins de 15 % du TCO, les deux principaux postes
étant les coûts humains (équipe technique, support, formation, maintenance, etc.) pour 62 % et le temps d'immobilisation pour 23 %. Les études disponibles portent autant sur les performances pures du serveur web Internet Information Server
par rapport à celles d'Apache que sur l'explication des différences de structure entre le TCO d'un serveur et d'un poste client.
« Getthe facts »
devrait avoir un impact bénéfique sur son réseau de
partenaires.
« Cette campagne va leur ouvrir des portes. Des prospects qui ne s'étaient pas posé la question de consulter Microsoft et ses partenaires, se la poseront désormais »,
espère Stéphane
Kimmerlin. La campagne
« Getthe facts »
est donc particulièrement bien accueillie dans les rangs des ISV, des VAR et des prestataires estampillés Microsoft.
« Je ne vois pas Linux
comme une menace à court ou moyen terme pour mes revenus. Mais nos clients souhaitent connaître les avantages et inconvénients des outils de Microsoft et des technologies concurrentes. Dans le concert d'informations opposant les partisans des deux
bords, il me semble très intéressant d'avoir le point de vue indépendant d'analystes et d'entreprises »,
confirme Bernard Fedotoff, président directeur général de PSEngineering et MSDN Regional Director.
L'accueil de cette campagne est bien différent dans les rangs des sociétés qui proposent des alternatives open source aux solutions de Microsoft. Selon la SSLL IdealX, dans les grands comptes, un projet basé sur des composants open
source est de l'ordre de 40 % moins cher et le coût de son administration serait de 25 à 30 % inférieur. Raison pour laquelle Microsoft n'axerait pas en France son discours uniquement sur le coût total de possession.
« La meilleure façon d'améliorer le ROI des outils de Microsoft, c'est de le mettre en permanence en cohabitation et en concurrence avec des solutions open source. Cela se traduit généralement par des remises pouvant atteindre
jusqu'à 80 % »,
conclut Olivier Guilbert.
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