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Trois NAS pour la sauvegarde Kareen Frascaria

Trois NAS pour la sauvegarde
Le NAS évolue petit à petit vers la sauvegarde primaire des données sur disque, en amont d'une sauvegarde secondaire sur bande. Mais les solutions actuelles, quoique financièrement intéressantes, sont encore immatures.

Kareen Frascaria , Décision Micro, le 01/03/2004 à 07h00

En pleine mutation, le petit monde du stockage laisse peu à peu la place à la sauvegarde sur disque en amont de celle sur bande, deux secteurs jusqu'ici antagonistes. Dans cette optique, les NAS (Network Attached Storage) milieu de gamme ont un rôle à jouer. À l'origine serveurs de fichiers, les NAS se dotent en effet de plus en plus de fonctionnalités de sauvegarde et se détournent quelque peu de leur fonction première. Une bonne nouvelle pour le marché, en légère perte de vitesse, que ces nouvelles applications pourraient redynamiser. En effet, selon le cabinet d'analyse Gartner, le marché du NAS n'a pas connu de croissance significative en 2003. Mais les nouveaux usages de ces serveurs de fichiers, entre autres la sauvegarde disque à disque, devraient permettre une croissance de 14 %, pour atteindre 2,62 milliards en 2007.

Un champ d'action plus large

« Le NAS évolue depuis sa fonction basique et devient une excellente réponse aux problématiques de sauvegarde pour les petites structures n'ayant pas les moyens, aussi bien en temps qu'en argent, d'investir dans un réseau SAN de stockage dédié », explique Pascal Pourchasse, responsable produits stockage chez Spaceo. Revers de la médaille, les PME pourraient avoir tendance à n'utiliser que ce procédé pour sauvegarder leurs données, délaissant les systèmes à bande. « Un pari dangereux, car les NAS ne sont pas dimensionnés, en tout cas pour l'instant, pour une utilisation intensive. Des risques de défaillances sont envisageables, et une sauvegarde sur bande garantit tout de même une meilleure sécurité des données, surtout si elles sont critiques », continue Pascal Pourchasse. En somme, ce type de NAS peut convenir pour la sauvegarde de données sensibles mais qui ne touchent pas à la production ­par exemple les données comptables. Ils se positionnent parfaitement pour les PME qui disposent de multiples serveurs et exigent un premier niveau de sauvegarde pour leurs données. Ces NAS leur permettent, d'une part de centraliser leurs données et, d'autre part, de les sauvegarder en permanence, avant de les archiver sur bande. En fait, l'idée n'est pas nouvelle. Auparavant, les disques SCSI étaient trop chers et les IDE trop peu performants. Les systèmes à bande conservaient l'avantage. Désormais, la baisse des coûts des disques et l'apparition du Serial-ATA ont engendré une redistribution des cartes. Le stockage sur disque se définit alors comme un excellent procédé pour un stockage intermédiaire, en amont des systèmes à bande ­ces derniers restant tout de même présents dans le réseau, car toujours incontournables pour une sauvegarde fiable et à long terme. Dans le cadre de ce banc d'essai, nous avons donc choisi de comparer trois serveurs NAS dédiés à la sauvegarde, de marques HP, Snap Appliance et Tandberg Data (lire encadré). Les solutions NAS retenues ont été évaluées selon leur facilité d'installation, d'administration, de gestion des log, et selon leurs fonctionnalités présentes. Des tests de rapidité de sauvegarde, bien entendu, ont été effectués.

Des performances mitigées

Pourtant prometteurs en théorie, ces NAS se sont révélés quelque peu décevants pour la sauvegarde primaire. Nos tests démontrent en effet que les solutions proposées sont encore immatures. D'une part, ce ne sont finalement que des serveurs de fichiers auxquels ont été ajoutées des fonctions de sauvegarde. Aucune des trois offres ne dispose d'une intégration complète des fonctions de sauvegarde, allant jusqu'à présenter le NAS comme une bande virtuelle, ce qui serait un objectif idéal. Ces NAS utilisent en effet des solutions de sauvegarde externes qui prennent en charge indépendamment la sauvegarde des données du réseau vers le NAS et celle du NAS vers la bibliothèque de bandes. De fait, l'administration des sauvegardes, loin d'être simplifiée, en devient même assez lourde. Par ailleurs, les tests de sauvegarde et de restauration, sans être mauvais, n'ont pas révélé des débits réellement convaincants et restent en deçà des systèmes à bande. Par exemple, le débit moyen en sauvegarde ne dépasse pas 21 Mo/s, alors qu'un lecteur HP LTO-2, bien plus cher, testé par notre laboratoire atteint 28,6 Mo/s. En restauration, les débits sont très proches des lecteurs de bande, à 20 Mo/s environ. Décevant, donc, car le principal avantage de la sauvegarde sur disque est a priori de réduire les fenêtres de sauvegarde et de permettre une restauration rapide des données. Mais ces NAS, compatibles avec les principaux protocoles d'accès aux fichiers et d'authentification, offrent un éventail d'utilisations plus large que les applications dédiées à la sauvegarde, tout en assurant de bons niveaux de sécurité et d'administration. Enfin, leurs prix ont l'avantage d'être plus abordables (deux à trois fois moins élevés) que ceux des solutions dédiées à la sauvegarde primaire sur disques qui fleurissent sur le marché. Celles-ci battent en revanche tous les records de rapidité et offrent un meilleur niveau d'intégration de la fonction de sauvegarde. Telle, par exemple, la SynerBox SD1000 de SynerWay (lire DM&R n° 579), qui atteint des débits près de 40 % supérieurs à ceux d'un lecteur LTO-2. En somme, les NAS de sauvegarde gagnent sur le plan de la modularité et du prix ce qu'ils perdent sur le plan de l'efficacité de la sauvegarde.

Le périmètre du test

Nous avons demandé aux constructeurs de nous fournir des NAS destinés à assurer la sauvegarde de premier niveau, avec une capacité comprise entre 1 et 1,5 To. Ils devaient disposer d'une liaison réseau Gigabit Ethernet et être fournis avec les outils logiciels nécessaires aux opérations de sauvegarde. Sans constituer un prérequis, la gestion d'un second niveau de sauvegarde a aussi été prise en compte lorsqu'elle était proposée. Toute liberté a été laissée aux acteurs quant au choix des configurations fournies (disques IDE, SCSI ou S-ATA, niveaux de Raid gérés, solutions logicielles de sauvegarde livrées). Seuls HP et Tandberg nous ont fourni avec leur NAS un lecteur de bande. La liste des solutions retenues, bien que se voulant la plus représentative de l'offre des principaux acteurs de ce marché, n'est pas exhaustive. Ainsi, Network Appliance et IBM n'ont pas souhaité prendre part à cette étude, faute de disposer d'une offre adaptée à ce niveau de gamme. Iomega, initialement retenu, n'a pu nous fournir sa solution dans les délais impartis. Pour sa part, Dell n'a pas donné suite à nos multiples sollicitations.


La méthodologie

Outre l'examen de la facilité d'installation et d'utilisation des NAS, leur tolérance aux pannes a été éprouvée en débranchant leur alimentation électrique en fonctionnement, puis en retirant un des disques à chaud. Un test de contrôle de la sécurité du cache en écriture des NAS a été conduit en coupant leur alimentation en cours d'écriture. Côté rapidité, nous avons effectué des transferts de données depuis deux serveurs vers le NAS, soit 50 Go par serveur, et mesuré la durée et le débit. Un test de charge transactionnelle CIFS, à partir de 64 utilisateurs virtuels Load Runner simultanés, a été mené, de même qu'une sauvegarde du NAS sur bande avec les outils fournis.



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