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Cet article est extrait de : Décision Informatique

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[ DÉVELOPPEMENT ]
Migrer vers PHP pour réduire les coûts
Face à la complexité de J2EE et d'ASP.NET, un nombre croissant d'entreprises migre vers le langage open source PHP, plus simple à mettre en oeuvre et plus économique.

Frédéric Bordage , Décision Micro, le 27/02/2004 à 17h14

A écouter les analystes, il n'existe plus sur le marché que deux plates-formes logicielles d'avenir.NET et J2EE. Il n'empêche que le langage de script PHP séduit pourtant beaucoup d'entreprises par sa simplicité et son faible coût d'utilisation. Cette plate-forme ne se limite plus aux sites web institutionnels et permet de développer tout type d'application. Leader du tirage photo en ligne, Photoways utilise par exemple PHP à la fois pour son site marchand critique - unique canal de vente de l'entreprise -, son intranet et son outil de gestion de la relation client. La Société de vente et de distribution du Parisien (SDVP) l'exploite pour son intranet décisionnel tandis que le courtier en ligne Capitol et LeMonde.fr s'appuient sur PHP pour leur site Web dynamique.

Les besoins : faire mieux avec moins

Ces entreprises ont migré vers PHP pour faire face à trois contraintes l'obsolescence de la technologie qu'elles utilisaient, sa complexité et son coût jugé trop important, et enfin, le besoin d'une plus grande souplesse, garant d'une bonne réactivité pour accompagner la stratégie de l'entreprise. « BEA WebLogic [pour la création de pages JSP, NDLR] était trop lourd et trop coûteux pour notre société. Nous avons donc cherché un langage souple, performant, stable, ouvert aux nouveaux standards d'Internet, avec des coûts - licences et ressources - moindres », illustre Fabien Assénat, directeur informatique de Photoways. Filiale du Crédit agricole spécialisée dans le financement et la gestion de créances des entreprises, Transfact a fait le même constat et développe désormais le back office de ses applications Java en PHP. « Nous n'avons pas encore migré de WebSphere 3.51 à 4.0 [J2EE, NDLR] à cause des coûts de développement nécessaires pour rendre nos applications compatibles avec cette nouvelle version. En plus, le tuning sous cet environnement est délicat et reste une affaire d'experts », explique Yoann Le Naour, chef de projet maîtrise d'oeuvre.

L'éditeur Eyrolles et SDVP sont, eux, passés d'ASP à PHP. Si ASP ne posait pas de problème à Eyrolles et à SDVP, l'arrivée de.NET les aurait forcés à migrer tôt ou tard vers ASP.NET. Face à cette obligation, les deux entreprises ont finalement fait le choix de PHP. C'est donc dans une logique d'optimisation de leurs ressources et à la recherche d'une plus grande pérennité que ces deux entreprises ont fait évoluer leurs applications. « PHP est une plate-forme complète au même titre que J2EE et.NET. De plus, en migrant vers PHP, nous disposons de centaines de bibliothèques gratuites », note Michael Dehoorme, responsable études et développement de SDVP. « Beaucoup d'entreprises se posent la question de la migration de IIS vers un autre serveur Web à la suite des récentes vagues de virus. Après notre migration vers Apache et PHP, nous n'avons plus à nous poser ce genre de questions », ajoute Hussein Metdaoui, responsable technique des projets Internet chez Eyrolles.

Contraints par l'obsolescence des technologies qu'ils utilisent, d'autres utilisateurs optent pour PHP. « Notre solution commerciale était arrivée en fin de vie et la mise à jour vers les nouvelles versions nécessitait des coûts d'infrastructure importants. Nous avons profité de cette transition pour réduire nos dépenses informatiques. En bref, l'objectif était de faire mieux avec moins », explique Olivier Grange-Labat, responsable architecture et études du journal en ligne LeMonde.fr. Même constat chez Capitol, filiale du groupe Viel & Cie. « Nos sites utilisaient Lotus Domino. Devant gérer de nombreux clients, il nous paraissait indispensable de choisir une architecture plus souple et plus efficace », illustre Frédéric Boiteux, directeur technique R&D de Viel/Capitol.

La mise en oeuvre : l'appel à un prestataire est fréquent

Quelle que soit l'entreprise, les mêmes critères de choix sont toujours évoqués. « C'est la solution la moins onéreuse du marché. L'offre d'hébergement est pléthorique et comme beaucoup de développeurs connaissent ce langage, il est facile de trouver des ressources à un prix raisonnable. Qui plus est, l'intégration des technologies Java et.NET dans les développements PHP-MySQL ouvre des perspectives intéressantes pour combler les lacunes du langage », résume Alan Le Pocreau, responsable informatique adjoint de la régie publicitaire Hexagone Régie. Au-delà d'un coût de licence nul, ce sont surtout les performances et la stabilité de la plate-forme qui ont retenu l'attention d'Eyrolles.

Avant de migrer, LeMonde.fr a mené une étude en décembre 2002 et comparé trois technologies (PHP et deux solutions J2EE, dont une libre) grâce à une grille de quarante critères pondérés. Outre ses performances, « PHP s'est nettement détaché de ses concurrents. C'est une solution économique, car légère et communément associée à Linux sur des serveurs peu coûteux, bien maintenue par une communauté active, et disposant d'une très large base d'utilisateurs dont certaines références de renom », complète Olivier Grange-Labat.

La plupart des entreprises ont fait appel à des prestataires spécialisés pour migrer leurs applications. « Aurora a développé les composants métier PHP tandis que nos équipes réalisaient leur intégration », illustre Fabien Assénat de Photoways. LeMonde.fr a évité, dès le début, l'un des plus gros problèmes que pose PHP - la confusion du code - en créant un framework MVC (Modèle vue contrôleur), qui sépare la logique applicative, embarquée dans des classes, de la logique de présentation, définie dans des squelettes de pages. « Il nous sert de socle technique réutilisable », précise Olivier Grange-Labat. Capitol a réalisé, lui, tous ses développements en interne car l'équipe technique avait déjà une bonne expérience du langage. La plupart des données provenant de flux externes, « la reprise de l'existant a surtout consisté à écrire les classes PHP qui alimentent les sites avec les données provenant de nos fournisseurs de flux » , détaille Frédéric Boiteux.

Les ressources : de nombreux prestataires

La migration d'Hexagone Régie s'est bien passée grâce à la collaboration de la SSII BrainSoft. L'entreprise cherchait des développeurs polyvalents et capables de s'adapter rapidement. « Les ressources PHP ne manquent pas et on a moins de surprises qu'avec Java et.NET où l'on trouve parfois des soi-disant "experts"... », constate Alan Le Pocreau. De plus, PHP requiert peu d'outils. « Un éditeur de texte et un navigateur suffisent, pas besoin de lourds et coûteux IDE. Et il existe des logiciels, tel EasyPHP, qui permettent de déployer un environnement de développement en quelques minutes. Ajouté aux bibliothèques de scripts et aux frameworks gratuits, nous avons été efficaces dès la première journée et la reprise des données n'a pas posé de problème », ajoute-t-il.

Après avoir testé beaucoup d'outils, LeMonde.fr a porté son choix sur Zend Studio, PHP Expert Editor et Gvim ainsi que sur les clients WinCVS et CVS du gestionnaire de sources du même nom. Capitol a également apprécié la disponibilité des nombreuses briques « faciles à trouver et qui raccourcissent les temps de développement par rapport à un langage comme Java ». Quant aux développeurs de Photoways, ils se sont autoformés grâce à « la facilité d'apprentissage de PHP », tandis que l'équipe interne de SDVP a bénéficié d'un transfert de compétences et de l'accompagnement du cabinet de conseil en architecture technique Clever Age.

Les écueils : le déploiement et la migration des données

Le passage d'un serveur d'applications à l'autre oblige inévitablement à réécrire le code. Heureusement, PHP 5 disposera d'ici un à deux mois d'un modèle objet très proche de Java et de C# de Microsoft. Les développeurs qui ne maîtrisent pas l'approche objet peuvent continuer à développer en s'appuyant sur une approche de scripting tout en organisant leur code au sein de bibliothèques de fonctions. « La principale difficulté vient des différences de versions. Telle ou telle fonction utile au projet existe-t-elle dans les versions PHP/MySQL installées chez l'hébergeur. Le risque de désynchronisation entre les configurations de développement, de test et de production est en effet assez élevé car les hébergeurs font évoluer leur configuration sans forcément nous tenir au courant », constate Alan Le Pocreau.

L'autre difficulté réside dans la migration de la base de données. Lorsque l'entreprise souhaite héberger son application sur une plate-forme Lamp standard, les limites de MySQL 4 - absence de vue et de procédures stockées notamment - peuvent alourdir la migration. MySQL 4 ne gérant pas les sous-requêtes à l'époque de sa migration, Hexagone Régie pensait décomposer l'exécution de ses requêtes SQL Server 2000 pour les rendre compatibles avec MySQL. Mais « nous nous sommes rapidement rendu compte que nous ne ferions pas l'économie d'un nouveau modèle physique de données mieux adapté à MySQL », se rappelle Alan Le Pocreau. L'entreprise en a donc profité pour repartir de zéro selon un modèle de données optimisé.

Les gains : moins cher à l'usage

Malgré ces difficultés, les nouveaux utilisateurs de PHP dressent un bilan très positif de leur migration. « A performances équivalentes, nous avons réalisé de grosses économies par rapport à une solution comme BEA WebLogic. Le temps et le coût de développement et de maintenance sont plus faibles », constate Fabien Assénat. De son côté, Transfact apprécie « la souplesse du langage qui procure une grande réactivité tout en garantissant la fiabilité et les performances des sites ». L'équipe du site LeMonde.fr fait le même constat. « Nos serveurs coûtent moins cher et sont bien moins chargés tout en étant moins nombreux. Nous développons plus vite et de manière plus efficace », estime Olivier Grange-Labat.

Les utilisateurs bénéficient également de cette migration. Chez Capitol, « la navigation sur les sites est bien plus agréable pour nos clients et beaucoup plus facile à maintenir pour notre équipe », complète Frédéric Boiteux. Même bilan chez Hexagone Régie, précédemment sous l'environnement de développement ColdFusion. « Les temps d'affichage se sont légèrement améliorés. Outre l'économie d'un hébergement sur des technologies propriétaires, cette première expérience nous montre aussi que les ressources financières non affectées aux achats de licences peuvent être réinvesties en développement. A budget égal, ce ne sont plus les utilisateurs qui se conforment aux exigences des logiciels, mais les logiciels qui se conforment aux utilisateurs », conclut Alan Le Pocreau. Un point important pour une société contrainte, vu la faible couverture fonctionnelle des progiciels spécialisés sur son secteur, à de nombreux développements spécifiques.

Un outil polyvalent

Depuis l'arrivée de PHP 4 - version actuellement en production - les entreprises peuvent développer des applications client-serveur (PHP-GTK et PHP+XUL de Mozilla) ainsi que des applications en lignes de commandes (CLI). Elles peuvent ainsi capitaliser leurs connaissances sur une seule technologie, quelle que soit l'architecture applicative retenue.

Une offre globale et accessible

La communauté PHP est l'une des plus vastes de l'open source. Il existe une grande quantité de classes, de bibliothèques et de briques applicatives disponibles gratuitement. La communauté et des éditeurs tiers fournissent des outils de développement, des scripts de migration d'ASP vers PHP, des systèmes de cache pour améliorer les performances, etc. Pratiquement toutes les SSII possèdent des compétences PHP à un prix raisonnable. En France, l'Afup fédère les entreprises utilisatrices.

Les différentes versions de PHP

Les logiciels open source évoluent très vite. Il peut donc exister un décalage de versions entre le serveur PHP de l'hébergeur et celui utilisé pour les développements. Les hébergeurs ont aussi tendance à brider certaines fonctions. Cette situation se limite aux hébergements mutualisés. Pour un hébergement dédié, l'entreprise maîtrise la configuration du serveur de production.

Une approche objet

En gérant l'appel de composants Java (classes Java), COM (Microsoft DNA) et.NET (classes C#), PHP simplifie les opérations de migration. Les entreprises pourront d'abord conserver leur logique métier existante en ne changeant que l'interface utilisateur. Elles pourront ensuite redévelopper les classes sous-jacentes en fonction de leurs ressources disponibles.

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