Allez plus loin dans le numérique
La télévision par ADSL Eric Larcher

La télévision par ADSL
Regarder ce que l'on veut, quand on le veut et comme on le veut : c'est tout l'esprit de la télévision par ADSL. Visite guidée au coeur d'un système dont les premiers éléments sont déjà en place.

Eric Larcher , L'Ordinateur Individuel (n° 158), le 01/02/2004 à 00h00

L'ADSL va révolutionner le monde de la télévision. D'ici à deux ans, cette technologie pourrait permettre à 26 millions de foyers (90 % de la population française), de bénéficier du numérique. Des dizaines de chaînes à disposition sans avoir à installer une antenne parabolique ni à habiter un immeuble desservi par le câble. Tout viendra par la prise téléphonique. Et, contrairement à ce qu'on pourrait croire, la télévision par ADSL fonctionne sans ordinateur !

Un débouché supplémentaire pour les réseaux

La guerre dans ce secteur est déjà ouverte. Depuis décembre, le fournisseur d'accès à Internet Free propose ce service en région parisienne et dans une vingtaine de villes de province. France Télécom et TPS l'ont développé quelques jours après, à Lyon pour commencer. 9 Telecom et Canal + devraient entrer dans la danse au printemps.

Le pari de la télévision par ADSL, c'est l'utilisation des réseaux des FAI (ou d'opérateurs de télécommunications partenaires) pour transporter les programmes TV. Longtemps, ces réseaux de fibres optiques, qui irriguent les principales villes françaises, n'ont servi qu'à véhiculer le trafic Internet des abonnés. Depuis l'an dernier, ils acheminent aussi des conversations téléphoniques. La télévision par ADSL leur offre un débouché supplémentaire. Et un débouché de masse.

Cette diversification est rendue possible par la progression du débit : grâce à la technique de multiplexage en longueur d'onde DWDM (Dense Wavelength Division Multiplexing), une seule fibre peut véhiculer des dizaines de gigabits de données par seconde ­ une bande passante inimaginable il y a quelques années. Du coup, Free comme France Télécom revendiquent des capacités de transport de 622 Gbits/s ! Pas de quoi être effrayé par la diffusion d'un bouquet d'une centaine de chaînes de télévision qui, avec la compression MPeg2, se contente d'une bande passante d'à peine un demi gigabit par seconde.

Focus : les bienfaits du multicast

Pour chaque chaîne de télévision, un seul flux vidéo de 3,5 Mbits/s transite sur le réseau du fournisseur d'accès, du centre de diffusion télévisuelle jusqu'aux centraux téléphoniques. Les concentrateurs de ligne ADSL (Dslam) situés dans chacune de ces enceintes se chargent de recopier ce flux en autant d'exemplaires qu'il y a d'abonnés regardant la chaîne considérée. Le volume de données vidéo transmises entre le centre de diffusion et les Dslam ne dépend ainsi que du nombre de chaînes proposées et non de celui de foyers équipés. Cette technique qui évite d'engorger inutilement le réseau en transmettant les mêmes informations plusieurs fois en parallèle s'appelle le multicast. Elle exige que les routeurs du fournisseur d'accès soient capables d'interpréter des adresses IP désignant des groupes de machines et non des appareils individuels. La plupart des Dslam mis en place par France Télécom seraient incompatibles avec cette technologie. C'est l'une des raisons qui empêche l'opérateur historique de proposer la télévision par ADSL sur toute la France.



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