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L'antispam libère les messageries
Bataille incessante, la lutte contre les courriers indésirables requiert l'intervention de VAR, de SSII et d'intégrateurs pour paramétrer les logiciels. À la clé, une somme de services récurrents.

Alain Lavenir , Décision Distribution, le 02/02/2004 à 07h00

La récente vague d'infections provoquée par Sobig a démontré l'étroite corrélation entre virus et propagation de messages indésirables. Preuve supplémentaire, la similarité des méthodes de détection qui font appel à des listes de signatures de virus dans un cas et des annuaires recensant les émetteurs de spam dans l'autre. Bien que le phénomène du pourriel soit loin d'être une nouveauté, il s'est accéléré au point d'engorger les messageries des entreprises et des particuliers. L'institut Ferris Research estime à 2,5 milliards le nombre de pourriels émis quotidiennement dans le monde. Selon les mêmes analystes, les messages non sollicités auraient coûté, l'an dernier, 8,9 milliards de dollars aux seules entreprises américaines, et 2,5 milliards à leurs homologues européennes. L'importance du phénomène veut qu'aucune société n'y échappe.

Pire encore, les entreprises à forte notoriété ou sous les feux de l'actualité s'avèrent les plus exposées à ce déferlement. Dans l'urgence, nombre de directeurs informatiques laissent aux salariés le soin de trier manuellement les messages. Une fausse bonne idée qui occasionne des baisses de productivité et augmente le risque de faire disparaître accidentellement des messages capitaux. Devant l'ampleur du problème, les éditeurs d'outils antispam se frottent les mains. Dire que le marché est en pleine effervescence relève de l'euphémisme : « Le nombre de solutions proposées a quintuplé en quelques mois » , reconnaît Sami Ounaïs, PDG de ClearSwift. Néanmoins, et malgré la forte médiatisation du phénomène, les ventes restent en demi-teinte. « Les clients demeurent perplexes face à la diversité des offres » , déplore Yann Berson, directeur technique de Webwasher. Relevant de la problématique sécuritaire, la dépollution des messages attire naturellement les éditeurs évoluant dans cette sphère. Les spécialistes de l'antivirus se positionnent en première ligne. À marche forcée et en recourant parfois à l'OEM, Symantec, Trend et consorts se sont rapidement dotés de modules dédiés au traitement des messages indésirables.

Bien que nouveaux sur le domaine, ils bénéficient de la notoriété et du vivier de clientèle qui les rendent incontournables. Moins favorisés, les spécialistes de l'analyse de contenu et de la gestion des messageries jouent la carte de l'expérience et des technologies de pointe. « Dénicher l'offre correspondant à un besoin précis et juger de son efficacité reste délicat » , reconnaît Cécile Feroldi, responsable de la distribution chez Aladdin Knowledge Systems, qui insiste sur le caractère éminemment subjectif du pourriel. Les techniques de décontamination mises au point prétendent pourtant régler les problèmes de manière universelle. La plupart des logiciels s'appuient sur des dictionnaires spécialisés et des listes recensant les émetteurs de spam notoires. De la pertinence de ces bases de données dépend en partie la qualité du filtrage. Confortés par les automatismes intégrés, certains éditeurs n'hésitent pas revendiquer l'élimination ou la mise en quarantaine de plus de 90 % des messages litigieux.

L'intervention humaine est la méthode la plus efficace

Tout comme leurs homologues spécialisés dans la détection d'intrusion, les logiciels sont loin d'être infaillibles et butent sur les faux positifs, ces messages qui ressemblent à du spam mais n'en sont pas. Un problème crucial pour les entreprises qui ne peuvent admettre la perte de documents indispensables à l'activité. Seul remède, le paramétrage manuel des programmes en fonction des spécificités de l'entreprise cliente. Les VAR, SSII et intégrateurs ont, sur ce plan, un rôle capital à jouer.

Qu'il s'agisse de l'analyse préliminaire du contenu des messageries, du choix des bases de données qui serviront de référentiel, ou de l'installation, les sources de services abondent. Le cabinet Ferris Research chiffre à 100 dollars par an et par boîte aux lettres le revenu potentiel des revendeurs. En retard sur les pays anglo-saxons, le marché français se cantonne, pour l'instant, aux grandes entreprises. L'assistance d'éditeurs et de constructeurs inconditionnels de l'indirect permet aux revendeurs d'affûter leur expertise, en prévision des demandes des PME.

Les compétences requises

Analyser en mode automatique les messages entrants permet de mesurer l'ampleur du problème et d'ajuster la riposte.

Connaître les centaines de bases de données qui recensent les mots-clés utilisés par les sites à risque aide à choisir les mieux adaptées au contexte.

Réaliser une maquette chez le client fait partie des meilleurs moyens pour prouver l'efficacité du système et inciter à le conserver.

Suivre l'évolution des techniques de spam facilite les interventions de remise à niveau chez le client et de proposer, par la suite, des services d'externalisation.


 

L'argumentaire

La personnalisation des règles de filtrage pour chaque utilisateur. Par ailleurs, la plupart des solutions permettent de combattre les échanges internes indésirables.

Le retour sur investissement rapide. Le coût des logiciels compense largement les pertes de productivité occasionnées par les messages non sollicités.

Le mode automatique évite de faire appel au spécialiste avec un taux de filtrage satisfaisant.


 

Profil de clientèle

Majoritairement, les grandes entreprises et les sites Internet que la notoriété transforme en cibles privilégiées.

Les fournisseurs de services Internet qui souhaitent apporter un service supplémentaire aux abonnés.

Les PME qui commencent à se sensibiliser au problème, mais recherchent surtout des solutions sans intervention humaine.






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