
Les premières sociétés de services en logiciel libre, dites SSLL, sont apparues en France entre 1996 et 1997. Mais le marché de ces pionniers que sont Alcôve, Easter-Eggs ou Free & Alter Soft ne s'est développé qu'à partir de 2000, lorsque les entreprises se sont sérieusement intéressées à Linux.
« Il manquait à l'époque des services à valeur ajoutée expertise technique, formation, support, maintenance, garantie contractuelle, etc. pour faciliter l'exploitation des applications disponibles au sein de projets critiques. Nous nous sommes donc positionnés en tant que médiateur entre la communauté et les entreprises », explique Laurent Pierre, responsable technique chez Alcôve.
Depuis, de nombreuses SSLL ont vu le jour Linagora, Smile, Aurora (rachetée par Business & Decision), etc. aux côtés d'acteurs plus spécialisés, comme Clever Age (conseil en architecture technique) ou Openwide (intégration d'applications). Sur un marché encore étroit, la tendance est d'ailleurs à la spécialisation.
IdealX se focalise sur l'infrastructure et la sécurité, Easter-Eggs sur des problématiques industrielles, Globalis Media System sur PHP, et Clever Age joue les prescripteurs de briques applicatives... Si bien qu'une trentaine de prestataires couvrent aujourd'hui l'ensemble des besoins des entreprises, quel que soit leur projet. Bien que les tarifs des SSLL soient identiques à ceux des SSII traditionnelles, l'absence de licence les rend mécaniquement plus compétitives. Elles proposent a priori plus de services pour le même budget.
Un modèle économique proche de celui d'un éditeur de logiciels
Ces prestataires se distinguent également par une compétence réellement pointue, fruit d'un important investissement dans des projets de R&D open source : 20 % du temps de travail d'un salarié sont généralement dédiés à un ou plusieurs projets. Un lien indispensable avec la communauté pour garder un niveau d'expertise constant. Les grandes SSII préfèrent donc, pour le moment, sous-traiter leurs projets open source. Le temps d'acquérir des compétences en interne...
La recherche d'une meilleure productivité pousse les SSLL à packager des produits finis basés sur des briques open source : sécurité (Alcôve, IdealX, Wallix), supervision (Alcôve), ou encore intranet et serveur d'infrastructure (chez la plupart). Leur modèle économique se rapproche donc en partie de celui d'un éditeur de logiciels. « Nos clients veulent des réponses à leurs besoins, pas de la technologie open source à intégrer soi-même », synthétise Frédéric Bon, fondateur de Clever Age. IdealX mutualise les projets des clients de son offre IDX-PKI au travers d'un « club des clients contributeurs », auquel participent le CEA, Auchan, le GAN Patrimoine et un grand industriel du CAC 40.
L'idée est simple : les utilisateurs définissent ensemble le cahier des charges des prochaines versions et mutualisent le coût du logiciel en assumant chacun un ensemble de fonctionnalités. « Nous sommes la mutuelle informatique de plusieurs entreprises, alors que les éditeurs et prestataires traditionnels fonctionnent sur le modèle d'une compagnie d'assurances », illustre Olivier Guilbert, PDG d'IdealX.
Bien que cette approche séduise les entreprises, « il faut se méfier de ces solutions packagées qui, au final, ne sont pas toujours complètement open source », met en garde Alexandre Zapolsky, PDG de Linagora. D'autant que, pour être pérennes, « il est indispensable que ces solutions soient maîtrisées par de nombreux acteurs, et non par la seule SSLL à l'initiative du produit », conclut Frédéric Bon.
« Au sein du ministère des Finances, nous comptons plusieurs projets importants basés sur des logiciels libres. L'un d'entre eux consiste à déployer l'annuaire LDAP OpenLDAP à l'échelle nationale et à développer des briques open source complémentaires par exemple, un reverse proxy d'authentification LDAP, baptisé Lemon- LDAP, et disponible sur sourceforge.net. Ce déploiement mobilise déjà six personnes en interne, et nous devons le mener à terme sur une courte période. Le cadre de l'Administration équipe informatique réduite, difficulté à rapidement mobiliser des compétences pointues ne se prêtant pas facilement à ce genre d'opération, nous avons demandé à Linagora de nous prêter main-forte. Nous connaissions déjà ce prestataire au travers d'une intervention pour la DGI, lors de laquelle nous avons pu vérifier son respect de la philosophie du logiciel libre. A savoir, par exemple, le reversement des développements dans la communauté avec l'accord du client. De plus, Linagora disposait de compétences pointues, certains collaborateurs contribuant déjà au projet OpenLDAP. Par ailleurs, Linagora a eu l'opportunité de se présenter accompagné de CGE&Y. Ce dernier apporte sa méthodologie et assurera l'exploitation pendant le transfert de compétence, tandis que Linagora a pris en charge la compréhension de notre besoin, la réalisation des développements et assurera les formations potentielles. »
« A l'échelle européenne et même mondiale , la France est un cas à part. C'est le seul pays dans lequel il existe une vraie distinction entre les SSLL et les SSII traditionnelles. En Angleterre et en Allemagne, par exemple, les entreprises font appel soit à des SSII, soit à des indépendants. Le marché des prestations de services évolue beaucoup en ce moment. Les petits spécialistes français contribuent activement à l'enrichissement des logiciels open source. Cela leur permet d'atteindre un niveau de technicité que n'ont pas les autres SSII, obligées de recourir fréquemment à la sous-traitance. Aux Etats-Unis, la situation est différente : les grands intégrateurs Accenture ou IBM par exemple disposent de développeurs spécialisés dans l'open source. »
![]() |
Service Kiosque :
Téléchargez ce magazine sur votre PC/Mac à volonté et en moins de 2 mins !
|
|
![]() |
> Logiciel :
3D Jardin & Paysagisme Modélisez votre jardin et son environement en 3D...
|
|
1 Bouygues Telecom
2 Free
3 Orange
> Plus de détails

![]() |
> Jeu en ligne :
Casino 770 Une référence des jeux de casinos en ligne.
|
|
