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Indépendant, une étape vers l'embauche

[ INDÉPENDANT, UNE ÉTAPE VERS L'EMBAUCHE ]
2. Bien choisir son statut juridique
Un indépendant a le choix entre trois possibilités : devenir un entrepreneur individuel, créer une société, ou conserver le statut de salarié avec le portage.

Claire Chevrier , 01 Informatique (n° 1748), le 05/12/2003 à 00h00

Quand un informaticien a décidé de devenir indépendant, il doit d'abord choisir le statut juridique qui sera le mieux adapté à sa situation. Pour cela, il aura intérêt à prendre conseil auprès d'un expert-comptable connaissant bien les petites structures. Trois possibilités s'offrent à l'indépendant : adopter le régime de l'entreprise individuelle (EI), créer une société, ou retenir le portage, qui permet de garder le statut de salarié.

La plupart des freelances proposant des prestations intellectuelles retiennent la formule de l'entreprise individuelle : c'est une structure très légère à mettre en place, où l'identité de l'entreprise et de son créateur se confondent. L'EI ne relève pas d'une personne morale. Le fait que l'entrepreneur soit responsable des dettes sur ses biens personnels ne constitue pas un frein, car, bien souvent, les sommes engagées sont faibles.

Cependant, créer une société peut permettre d'accroître sa crédibilité face aux clients et faciliter le recours à des financements extérieurs. Si le solo n'a pas de velléité de développements ultérieurs, il aura intérêt à retenir l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL). Et s'il souhaite s'entourer de nouveaux associés, il pourra aisément transformer son EURL en SARL. Par contre, la micro-entreprise, qui simplifie les déclarations fiscales (*) , offre un intérêt très limité pour les informaticiens : son chiffre d'affaires ne doit pas dépasser 27 000 euros par an.

Reste que l'entrepreneur, dans le cadre d'une entreprise individuelle ou de la création d'une société, perd les avantages qu'il détenait en tant que salarié : droit à la formation continue, couverture chômage, indemnités journalières en cas de maladie... De plus en plus de solos préfèrent donc passer par la case portage, afin de conserver leur statut de salarié.

Les informaticiens représentent 12 % des portés

La société de portage signe un contrat de prestations avec le client du free-lance, puis le facture. En échange, elle signe avec l'indépendant un contrat de travail et lui verse un salaire correspondant à environ 50 % de son chiffre d'affaires. « Dans une société de portage, l'indépendant n'est pas isolé et peut se rapprocher d'autres portés, exerçant une activité similaire » , estime Liliane Hénon, membre du Syndicat des entreprises de portage salarial. Le portage peut aussi constituer un sas avant de fonder sa propre entreprise. Car, « à partir de 100 000 euros de chiffre d'affaires, créer sa propre société peut s'avérer intéressant » , ajoute Liliane Hénon.

Aujourd'hui, les informaticiens représentent 12 % des portés. Cependant, aucune réglementation n'encadre les sociétés de portage. Ainsi, « à Paris, certaines caisses Assedic ont considéré que ce type de contrat n'était pas un contrat de travail, et ont donc refusé d'indemniser l'indépendant au chômage » , souligne Laurent Coquelin, chargé de mission au réseau Professionnels autonomes de la CFDT Cadres. Le solo doit donc veiller à ce que son contrat respecte bien le code du travail, et, notamment, qu'il est lié à la société par un lien de subordination.

(*) Pas de résultat comptable à fournir, et pas de TVA à facturer.

Source : 01 Informatique et S'installer à son compte, ouvrage de Michel Paysant, aux éditions d'Organisation.

 Trois options possibles 
 Statut juridique     Points forts     Points faibles 
 Entreprise individuelle (société en nom propre ou en nom personnel) : pas de personnalité morale, l'identité de l'entreprise se confond avec celle de l'entrepreneur, seul maître à bord.    - Facile à gérer et grande liberté d'action.
- Aucun capital exigé.
- Pas besoin d'associés. 
  - Responsable des dettes sur ses biens personnels.
- Impôts sur le revenu, et non sur les sociétés.
- Protection sociale limitée (pas de chômage). 
         
 Création d'une société comme l'EURL (Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) : personne morale, la société possède des biens, des créances et des dettes propres, qui ne sont pas la propriété de l'entrepreneur.    - Pas besoin d'associés.
- Limite les risques encourus par le dirigeant.
- Choix entre impôts sur le revenu et impôts sur les sociétés.
- Se transforme facilement en SARL pour accueillir de nouveaux associés. 
  - Frais et formalisme pour la constitution et le fonctionnement.
- Protection sociale limitée (pas de chômage). 
         
 Portage : une société de portage « embauche » un free-lance en CDI ou en CDD, et lui reverse, sous forme de salaire, environ 50 % des prestations facturées.     - Conserver le statut de salarié, et donc ses droits au chômage, à la sécurité sociale (dont les indemnités journalières en cas de maladie), et garder la même caisse de retraite, etc.
- Pas de tâches administratives. 
  - 40 % de charges sociales sur le chiffre d'affaires.
-  Avoir des clients pour signer avec une société de portage.
- Encore un certain flou sur le statut juridique. 
 

Source : 01 Informatique n°1748 - 5 décembre 2003

 Des sociétés de portage de plus en plus nombreuses 
 Sociétés (date de création)      Frais de gestion en fonction du chiffre d'affaires annuel     Présence géographique 
 ACDD (*)
(2000) 
   Jusqu'à 73 175 ¤ : 10 %
De 73 176 à 118 910 ¤ : 8 %
De 118 911 à 152 450 ¤ : 5 %
Plus de 152 450 ¤ : 3 % 
   Paris, Nantes, Lille, Rennes, Lyon, Montpellier, Strasbourg. 
         
 Acefore Portage
(2003) 
   Jusqu'à 73 175 ¤ : 10 %
De 73 176 à 118 910 ¤ : 8 %
De 118 911 à 152 450 ¤ : 5 %
Plus de 152 450 ¤ : 3 % 
   Paris, Rennes, Lille, Strasbourg, Nantes, Lyon, Marseille, Bordeaux. 
         
 Acefore Portage
(2003) 
   Jusqu'à 73 175 ¤ : 10 %
De 73 176 à 118 910 ¤ : 8 %
De 118 911 à 152 450 ¤ : 5 %
Plus de 152 450 ¤ : 3 % 
   Paris, Rennes, Lille, Strasbourg, Nantes, Lyon, Marseille, Bordeaux. 
         
 Aclys Concept (*)
(2001) 
   Jusqu'à 30 000 ¤ : 12 %
De 30 001 à 75 000 ¤ : 10 %
De 75 001 à 120 000 ¤ : 8 %
Plus de 120 000 ¤ : 5 % 
   Paris. 
         
 ACPI (*)
(2002) 
   Jusqu'à 50 000 ¤ : 10 %
De 50 001 à 100 000 ¤ : 8 %
De 100 001 à 150 000 ¤ : 5 %
Plus de 150 000 ¤ : 3 % 
   Paris, Marseille. 
         
 Ad'Missions (*)
(1997) 
   Jusqu'à 30 000 ¤ : 12 %
De 30 001 à 75 000 ¤ : 10 %
De 75 001 à 120 000 ¤ : 8 %
De 120 001 à 150 000 ¤ : 5 %
Plus de 150 000 ¤ : 3 % 
   Paris, Strasbourg, Rennes, Besançon, Toulouse, Lille, Nantes, Lyon. 
         
 Alternative (*)
(1997) 
   Jusqu'à 31 000 ¤ : 12 %
De 31 001 à 77 000 ¤ : 10 %
De 77 001 à 122 000 ¤ : 8 %
De 122 001 à 153 000 ¤ : 5 %
Plus de 153 000 ¤ : 3 % 
   Paris. 
         
 Altorem Group (*)
(1999) 
   Jusqu'à 50 000 ¤ : 10 %
De 50 001 à 100 000 ¤ : 8 %
Plus de 100 000 ¤ : 6 % 
   Paris, Lyon, Caen. 
         
 Axessio (1999)     Taux unique de 12 %     Paris. 
         
 CED Entreprises
(1996) 
   Jusqu'à 30 000 ¤ : 10 %
Plus de 30 000 ¤ : 8 % 
   Paris, Annecy, Grenoble, Lyon.  
         
 Contact Partenaire Client
(1997) 
   Jusqu'à 60 000 ¤ : 12 %
De 60 001 à 130 000 : 10 %
Plus de 130 000 ¤ : 8 % 
   Paris, Chantilly, Lille, Canet Plage, Lyon, Orléans, Bordeaux, Saint-Malo, Montpellier. 
         
 Intervenance
(1986) 
   Jusqu'à 50 000 ¤ : 13 %
De 50 001 à 100 000 ¤ : 12 %
De 100 001 à 150 000 ¤ : 11 %
Plus de 150 000 ¤ : 10 % 
   Paris, Nantes, Toulouse, Strasbourg, Lyon, Aix-en-Provence. 
         
 ITG*
(1996) 
   Jusqu'à 60 000 ¤ : 10 %
De 60 001 à 150 000 ¤ : 8 %
Plus de 150 000 ¤ : 6 % 
   Paris. 
         
 Jam Conseil (*)
(1991) 
   Jusqu'à 30 000 ¤ : 10 %
De 30 001 à 50 000 ¤ : 8 %
De 50 001 à 100 000 ¤ : 6 %
Plus de 100 000 ¤ : 5 % 
   Paris. 
         
 Links Conseil (*)
(1998) 
   Jusqu'à 75 000 ¤ : 10 %
De 75 001 à 125 000 ¤ : 8 %
De 125 001 à 150 000 ¤ : 5 %
Plus de 150 000 ¤ : 3 % 
   Paris, Mulhouse, Rennes, Nantes, Toulouse, Lyon, Marseille, Toulon, Nice. 
         
 Savoir-Faire & Cie (*)
(1997) 
   Jusqu'à 23 000 ¤ : 12 %
De 23 001 à 46 000 ¤ : 10 %
De 46 001 à 92 000 ¤ : 8 %
Plus de 92 000 ¤ : 6 % 
   Paris. 
         
 Valor Consultants (*)
(1986) 
   Jusqu'à 30 000 ¤ : 11 %
De 30 001 à 45 000 ¤ : 10 %
De 45 001 à 60 000 ¤ : 7 %
De 60 001 à 75 000 ¤ : 5 %
Plus de 75 000 ¤ : 3 %. 
   Paris. 
 

(*) Membre du Syndicat des entreprises de portage salarial (SEPS).

Source : Extraits du guide du portage/01 Informatique


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