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La carte de visite
Mireille Pinsseau
LE BRISTOL PERSONNEL
La carte de visite
Mireille Pinsseau,
Caractère,
le 01/11/2003 à 00h00
Les moyens de communication changent mais la carte de visite reste. Dans un marché stable, elle perd du terrain pour les relations personnelles et en gagne dans le domaine professionnel.
Le marché de la carte de visite est si atomisé qu'il est impossible de savoir exactement combien les Français utilisent chaque année de ces petits cartons qui signent leur identité personnelle ou celle de leur entreprise. Plusieurs
centaines de millions, à coup sûr. Mais on n'en sait guère plus. Les imprimeurs ne font pas le décompte de ce produit qui se trouve mêlé à de nombreux autres imprimés à en-tête. À ces chiffres imprécis, il faudrait ajouter le nombre tout aussi
improbable de cartes fabriquées par les particuliers sur leurs ordinateurs, pour avoir une véritable idée du rôle que joue le bristol dans la société.
Mais les professionnels s'accordent sur un point : en volume, le marché de la carte de visite bouge peu. Jean-Michel Pierron, p.-d.g. de l'imprimerie lyonnaise Pierron, spécialisée dans la carte de visite d'entreprise,
constate :
« C'est un marché stable, qui fonctionne bien et qui n'a rien à voir avec celui des pages à en-tête, en chute libre celui-là parce que concurrencé par le fax ou la création sur ordinateur des papiers à
lettre. »
De son côté, Christian Peureux, responsable comptable de l'Imprimerie Noël à Paris, fait ses calculs :
« Ces dernières années, le marché a évolué tant du côté de la clientèle que du côté des commandes. Nous
recevons beaucoup plus de commandes en direct qu'auparavant, où celles-ci passaient en majorité par des sous-traitants papetiers de quartier. Nous constatons aussi une augmentation des commandes de cartes de visite en offset au détriment de la
thermogravure, devenue trop chère. Ceci compensant cela, l'ensemble du marché reste stable. »
Lorsqu'une grande société change de charte graphique, de nom, d'adresse, de téléphone, d'e-mail, etc., ce sont des centaines, voire des milliers de cartes de visite qui sont à refaire. Un vrai bonheur pour l'imprimeur.
Une évolution permanente
Dans sa stabilité, le marché change. La carte de visite personnelle marque une tendance à la baisse, alors que la carte professionnelle est en plein développement. Concernant les formules
« express »
qui, il y a cinq ans, semblaient devoir révolutionner le marché en fleurissant dans les gares, les aéroports, les centres commerciaux, le circuit des cordonniers et des clés minute,
l'affaire a fait long feu.
« La plupart des gens qui ont fait réaliser leurs cartes de cette façon n'ont pas été satisfaits des résultats. Ils reviennent à des procédés professionnels de qualité, dont les prix ont au demeurant
bien baissé. Aujourd'hui, l'imprimeur grande distribution n'est pas un concurrent sérieux et il n'est pas près d'aborder ce marché »
, explique Bernard Gadeau, créateur de l'Imprimerie Gadeau Relief. Seul Photomaton offre des
cartes de visite minute, une solution de dépannage sans concurrence de qualité possible avec les travaux des professionnels.
Actuellement, les deux évolutions les plus importantes du marché sont la prise de commande et la présence de la quadri, comme l'explique Valérie Leju, directrice commerciale de l'Imprimerie Carcy :
« Une
des évolutions est l'approvisionnement par Internet, l'autre est l'émergence de la quadri numérique. Dans le cadre de l'
e-procurement
, les entreprises réfléchissent sur l'ensemble de l'approvisionnement de leurs fournitures.
La carte de visite se prête bien à ce procédé, puisque chaque personne de l'entreprise a une demande spécifique. La procédure traditionnelle est lourde à gérer et très onéreuse, alors qu'avec la charte graphique installée sur Internet, chacun peut
préparer sa carte de visite sur l'écran de son PC, où il a juste à remplir ses nom, prénom, adresse e-mail, numéro de fax, etc. Cela va très vite. »
Ces nouvelles technologies entraînent des prix différents pour le client.
C'est aussi quelque chose de nouveau sur ce marché. Les besoins sont traités plus rapidement, de mieux en mieux et avec des prix abaissés. Les solutions quadri numériquesn en particulier, permettent d'imprimer des petites séries ou d'effectuer des
repiquages deux couleurs à moindre coût. Le client y gagne en prix, en délai et en flexibilité.
Dernière évolution notoire, l'apparition depuis trois à quatre ans de sociétés qui assurent les prises de commandes par Internet. L'idée de départ était simple : faciliter et garantir les échanges entre les imprimeurs et leurs
clients. Selon Éric Jean, président du groupe Cartadoo-Barlerin, ce modèle de production correspond aux attentes des entreprises :
« Mieux adapté aux nouveaux modes d'organisation, Cartadoo répond aux exigences de la
nouvelle économie. Les commandes sont plus simples, plus rapides et moins chères. »
Le « tic-up », une carte pour les jeunes
La prise de commande en ligne suscite de nouvelles idées, comme le
tic-up
, la carte de visite nouvelle génération. Lancé par la société PrintPerso il y a dix-huit mois en liaison avec la chaîne de télévision M6 et
la radio NRJ, le
tic-up
a la petite taille d'un ticket de métro, mais il comporte l'essentiel : le nom et le prénom, le numéro de mobile, l'e-mail. Ce petit carton coloré s'adresse aux jeunes, en général peu soucieux
d'avoir une carte de visite. Il peut également porter un court message, d'avis de naissance ou de voeux, donner les couleurs et le logo d'une entreprise, etc. Il suffit de cliquer
www.tic-up.com
pour passer sa commande, inscrire ses coordonnées et choisir parmi les deux cents fonds proposés celui qui reflétera le mieux la personnalité du commanditaire. Ce petit carton
incitera-t-il dans quelques années les jeunes qui l'auront utilisé à avoir une véritable carte de visite ? Pourquoi pas ?
Certes, le Français est moins consommateur de cartes de visite qu'un Anglais, qu'un Américain ou qu'un Japonais, qui la tend avant même de dire bonjour. Mais en France comme ailleurs, la carte est la seule chose qui reste sur le
bureau une fois la conversation est terminée. C'est pourquoi elle a encore de beaux jours devant elle.
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L'essentiel
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L'activité |
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Un marché stable, qui se développe plutôt dans le domaine professionnel.
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Les perspectives |
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La carte de visite ne peut que se développer en France, où elle est encore peu utilisée par rapport à d'autres pays.
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Les donneurs d'ordre |
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Les entreprises représentent environ 70 % du marché. Les particuliers ne semblent guère prêts à développer ce type de communication.
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Les prestataires de services |
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Une poignée de gros imprimeurs spécialisés dominent le marché. D'innombrables imprimeurs, gros et petits, assurent la majorité des commandes.
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Le best-seller
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Le format carte de crédit |
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Le format carte de crédit est pratique car il se glisse aisément dans la poche ou dans le porte-feuille.. Ce format, qui n'est pas standardisé, peut varier entre 85 x 45 mm et 55 x 95 mm selon les
goûts. Il rassemblerait en France près de 80 % du marché. Ce sont les Américains qui l'ont imposé dans le monde des affaires et partout sur la planète. Cette carte est essentiellement utilisée dans les relations professionnelles. La fantaisie
n'y est jamais de mise. Même si, restée longtemps imprimée en noir sur fond blanc, elle arbore désormais le logo et le nom de l'entreprise en deux ou quatre couleurs. Les nom et coordonnées des individus sont en noir, parfois en gris, rarement en
couleurs. La petite carte professionnelle est imprimée en offset dans la grande majorité des cas. La gravure en relief se développe à nouveau sur ce secteur, à cause du prestige qu'elle apporte aux logos qui ressortent avec brillance. L'impression
thermique est appréciée pour sa rapidité d'exécution et son faible coût.
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Le
« e-printing »
pour le
« e-commerce »
et le
« e-procurement »
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Largement utilisé en Angleterre, le e-printing l'est beaucoup moins en France. Mais le procédé commence à se développer et les grands comptes, en particulier, ont compris l'intérêt de ces systèmes qui permettent de commander et
recevoir tous leurs documents personnalisés (cartes de visite, papiers à en-tête, bordereaux administratifs, factures, etc.) dans des temps record et à moindre coût. Aujourd'hui, les imprimeurs qui reçoivent les commandes en ligne étant encore peu
nombreux, ce sont des sociétés informatiques qui ont donc pris le relais, parfois sur la totalité de la chaîne. Ainsi,
Cartadoo.com
est allié depuis ses débuts à l'imprimerie lyonnaise Barlerin, spécialiste des imprimés administratifs et bancaires. La société a enregistré une croissance spectaculaire, devenant
le groupe Cartadoo-Barlerin depuis l'intégration des sociétés Orgaprint en décembre 2002 et BDB en juillet dernier et avec d'autres développements prévus avant la fin de l'année. N'intégrant pas la réalisation,
Printperso.com
confie les commandes de travaux à des prestataires extérieurs. Créée en février 2000 par une équipe de professionnels de la technologie, du marketing et de l'imprimerie, cette
société propose une offre autour de trois pôles majeurs : les grands comptes avec une solution personnalisée de prise de commande de tous les imprimés de la société ; les PME avec une solution standard plus simple ; les particuliers
avec le tic-up.
Akenaprint.com
est un service en ligne lancé en juin 2000. Cette société éditrice de logiciels propose des services informatiques aux imprimeurs (formation, établissement de chartes
graphiques, système d'optimisation des commandes).
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