Réduire le train de vie informatique n'empêche pas de maintenir la qualité de service, loin de là ! Le secret ?
« Une bonne gestion du patrimoine informatique existant »,
indique Christophe Legrenzi, fondateur du cabinet de conseil Acadys. Autrement dit, il faut cesser de payer des choses inutiles et tout renégocier avec ses fournisseurs.
« Les PME n'ont pas besoin de faire la course à l'armement ! »
Jean-Bruno Michel, responsable de la division informatique de Livingston, s'étonne des exigences coûteuses et
inutiles des PME dans la gestion de leur parc matériel. Pourtant, de nombreuses astuces existent pour réduire la facture, à commencer par le marché d'occasion.
« En achetant des postes qui n'ont que quelques mois d'existence,
on économise au moins 20 % sur les Wintel et 25 % sur l'Unix »,
indique-t-il. Et la puissance et les performances sont équivalentes à celles de matériels neufs. Inutile de se priver de cette économie...
Ne pas hésiter à demander des ristournes
Autre possibilité : la location. Le calcul du TCO (lire encadré) plaide souvent pour ce type de solution. Tout dépend des besoins, bien entendu : un nouveau projet requiert une dizaine de postes supplémentaires pour
trois mois ? La location de courte durée s'impose ! La priorité est donnée à la
« fraîcheur »
des équipements ? Mieux vaut alors opter pour la location évolutive. Et pour ceux qui
souhaitent malgré tout acquérir du matériel neuf, ne pas hésiter à prendre au mot les constructeurs, qui s'enorgueillissent d'appliquer une stratégie en direction des PME en leur demandant des ristournes... de quelques points.
Côté logiciels, à l'instar d'Oracle et de Microsoft, beaucoup d'éditeurs facturent depuis peu leurs produits en fonction du nombre de processeurs, et non plus du nombre d'utilisateurs. Un audit de l'utilisation réelle des
logiciels s'impose donc.
« On voit très souvent des entreprises acheter dix licences pour quatre utilisateurs réels ! »,
affirme Christophe Legrenzi. Selon lui, les économies générées par un audit
de ce type sont de l'ordre de 15 à 25 %. Quant aux prestataires de services, on sait que leurs tarifs ont été réduits de façon drastique sous la pression de la crise... et des acheteurs des grandes entreprises. Si le nouveau système des
enchères inversées n'est pas forcément à la portée des PME, elles devraient en récolter les fruits, grâce à une baisse globale des prix du marché et une renégociation de leurs contrats en cours.
Dernier poste d'économie : les télécoms. Un simple changement de fournisseur permet des réductions substantielles. Ainsi, le site Indexel.net a diminué de 50 % sa facture en confiant à Colt tous ses contrats télécoms
- voix et données -, auparavant répartis entre FT et PSINet. Avec une règle de base,
« ne jamais s'engager plus de douze mois »,
précise Philippe Dokes, de Companeo. En moyenne, le
changement de fournisseur procure une économie de 20 à 30 %.