La stratégie de HP en matière de gestion du cycle de vie des données (ou ILM) s'avère pour le moins originale. Certes, l'offre de Persist, société américaine tout juste rachetée, est similaire à Centerra d'EMC, baie de disques pourvue entre autres de fonctionnalités Worm logiques. Mais c'est surtout avec Dspace, son propre logiciel d'archivage open source (et gratuit) développé conjointement avec le MIT (Massachusetts Institute of Technology) depuis deux ans, que HP se démarque.
Tenir compte de la modification de l'environnement du document
Bâtie sur un socle Java, cette couche est placée entre l'application métier et le stockage physique. Sa particularité : tenir compte des contraintes liées à la modification de l'environnement du document (emplacement de la donnée, pérennité de l'application et évolution des métadonnées).
La première de ces contraintes porte sur l'indépendance vis-à-vis de la localisation de l'information (adresse URL ou espace de stockage), amenée à être modifiée avec le temps. Pour s'en affranchir, Dspace entrevoit le document sous l'angle d'un identifiant unique, généré par un serveur de gestion des identifiants (développé par la Corporation for National Research Initiatives), qui fait le pont avec le monde physique.
Uniformiser la description et les échanges des métadonnées
Deuxième exigence : se rendre indépendant, cette fois, de l'application d'origine, en migrant par exemple le document vers des formats pérennes (Tiff, PDF ou XML). Dspace ne fournit pas les outils de conversion, mais propose une méthodologie ainsi que des utilitaires pour indexer les documents. Et c'est là qu'intervient la troisième contrainte: uniformiser la description et les échanges des métadonnées associées aux archives, afin de créer des passerelles entre les documents issus d'univers et de métiers différents. Dspace s'appuie, pour cela, sur le vocabulaire standardisé par la communauté multi-sectorielle Dublin Core pour décrire tout type de métadonnées. Il repose également sur RDF (Resource Description Framework), né en 1999 sous l'égide du W3C, dont la syntaxe permet de définir les liens entre des métadonnées en vue de leur échange. Enfin, Dspace répond au protocole OAI (Open Archives Initiative), issu de la communauté scientifique, qui vise à rendre interopérables des bases de métadonnées. Ces trois modèles, orientés web, exploitent XML. L'extensibilité de ce langage offrira aux utilisateurs de Dspace la possibilité de faire facilement évoluer les métadonnées dans le temps, tout en conservant le document inchangé.
Tout fraîchement racheté par HP, Persist est depuis l'année dernière une filiale de Zantaz, société américaine qui propose un service d'archivage de mails. Sa technologie, équivalente à celle de Centerra d'EMC, repose sur une gestion des documents sous la forme d'objets, en leur associant une clé unique. Cet identifiant, géré par une « boîte noire » embarquée dans la baie, garantit le caractère non réinscriptible du média, indispensable dans le cadre de l'archivage légal. Reste que la brique Persist ne sera pas portée sur les systèmes de stockage de HP avant un an. Il s'agira également de l'interfacer avec le serveur de gestion des identifiants embarqué dans Dspace. En dehors de cette acquisition, HP vient de signer un accord mondial avec Cap Gemini Ernst & Young autour de la gestion du cycle de vie des données, portant sur le conseil et l'intégration de ses solutions.
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