
Comme nous l'annoncions hier, Free a décidé d'assigner TF1 devant le Conseil de la concurrence pour abus de position dominante. TF1 a en effet refusé de distribuer ses différentes chaînes au sein de l'offre du fournisseur d'accès. Ces chaînes sont déjà accessibles sur le câble, avec le satellite et dans la future offre de télévision sur ADSL qui sera lancée en décembre par France Télécom et TPS, dont TF1 est actionnaire majoritaire.
Selon Les Echos, le groupe LDCom, qui envisage de lancer sa propre offre de télévision sur ADSL en janvier, aurait pour sa part signé avec le groupe Canal+ pour la distribution de ses programmes. LDCom avait pourtant testé sa technologie en partenariat avec TF1. Si cet accord se confirme et est exclusif, les chaînes de Canal+ seraient donc absentes des offres de Free et de TPS/France Télécom.
Première publication le 27/11/2003
A lire sur les forums, ces derniers jours, les commentaires de nombreux clients de Free, ébahis de voir parfois leur connexion ADSL frôler les 4 mbit/s, on pouvait se douter que le fournisseur d'accès s'apprêtait à lancer son service de télévision sur ADSL. La nouvelle est tombée aujourd'hui, permettant ainsi à Free de passer devant ses concurrents directs, France Télécom/TPS et LDCom.
Précision importante : l'offre ne concerne que les détenteurs de la Freebox, soit des abonnés de Free qui résident dans les zones dégroupées* par Free et qui habitent à 2,5 kilomètres maximum du central téléphonique.
A partir de lundi, ces clients Freebox accéderont, selon Free, à « cent chaînes » , sans abonnement ni augmentation de leur forfait Internet de 29,99 euros. Seule opération à réaliser : relier la Freebox à la télé, avec un cordon Péritel. Cela pourrait causer quelques soucis chez ceux dont le poste de télévision ne voisine pas avec l'ordinateur, problème que résoudra la future version sans fil de la Freebox.
Certaines chaînes seront gratuites, telles les chaînes du service public, ou encore RTL 9, L'Equipe TV, MTV France, Fashion TV, etc. D'autres chaînes seront payantes, mais sans durée d'engagement. Paris Première, par exemple, coûtera 0,49 euro mensuel, et Festival 0,99 euro.
Certaines chaînes seront plutôt onéreuses, comme la chaîne Mangas, à 5,99 euros. Le client pourra aussi opter, entre autres, pour un bouquet cinéma à 5,99 euros, comprenant Ciné Box, Ciné Fx, Ciné Polar, Ciné Comic. Soit un tarif très intéressant, comparé au coût de ces mêmes chaînes sur Noos, par exemple. D'autres bouquets coûteront 9,99 ou 12,99 euros. Le client activera ou désactivera les chaînes à sa guise, en utilisant le Web. A terme, il accédera aussi à des services de vidéo à la demande.
Appel aux éditeurs de programmes
Nulle trace, par contre, des bouquets TPS et Canal+, ou des chaînes qui en sont actionnaires, telles TF1 ou M6. Si les discussions se poursuivent avec des éditeurs comme Canal+, elles ont complètement achoppé avec TF1, actionnaire principal de TPS et partie prenante du projet concurrent mené avec France Télécom.
De source proche du dossier, Free est sur le point de déposer une plainte auprès du Conseil de la concurrence pour abus de position dominante contre le diffuseur. Le lancement de la télé sur ADSL aurait même pris du retard à cause des discussions tumultueuses avec TF1.
Free se propose de distribuer gratuitement, et de façon non exclusive, toute chaîne qui en fera la demande. Le FAI va même jusqu'à lancer « un appel à tous les éditeurs existants ou en création qui souhaitent être diffusés gratuitement auprès de plus de 100 000 foyers abonnés ».
Voilà qui intéressera sans doute les chaînes associatives ou locales. Free dit ne rien prélever de la somme versée à une chaîne payante, sauf un petit écot pour le service de facturation pour le compte de tiers. « Notre forfait n'augmentera jamais, quelle que soit l'évolution de l'offre », assure Michael Boukobza, directeur général adjoint de Free.
En lançant son service dès le 1 er décembre, Free grille donc la politesse à France Télécom/TPS, dont l'offre était présumée arriver la première. « Nous pensons à la télévision sur ADSL depuis très longtemps », explique Michael Boukobza. Depuis l'origine, la Freebox est dotée d'une prise Péritel, et les équipements DSL installés dans les centraux de France Télécom d'une fonction vidéo.
Free pourra-t-il suivre ?
Du côté de TPS et de France Télécom, l'offre doit être lancée en décembre à Lyon. « Nous terminons les expérimentations, explique-t-on chez France Télécom. Il est prématuré de s'exprimer. » Des annonces pourraient avoir lieu vers le 10 décembre.
La différence avec l'offre de Free est que le client devra acquitter un abonnement à TPS et à France Télécom, auxquels s'ajoute le prix du décodeur. Ce dernier ne permettra pas d'accéder à Internet, mais n'imposera pas non plus de posséder un PC.
L'offre de 9 Télécom/LDCom, elle, sera lancée « en janvier 2004 », selon un porte-parole, sans plus de précisions. Il n'est pas impossible que le service soit dévoilé le 9 décembre prochain, date à laquelle 9 Télécom lancera de nouvelles offres haut débit.
Free n'a pas souhaité s'exprimer sur les chiffres de nouveaux abonnés escomptés grâce à ce service. Il affirme seulement qu' « environ 30 millions de personnes à ce jour » ont une ligne téléphonique éligible à la Freebox.
Reste à savoir si le fournisseur d'accès pourra répondre facilement aux demandes consécutives à cette annonce retentissante. La société, il y a quelques jours, s'est fait épingler par une association, à la suite de divers problèmes, tels que des déconnexions jugées intempestives, un déficit d'explication, d'assistance ou encore d'information sur les problèmes liés au dégroupage.
* Free dégroupe dans les agglomérations suivantes : Paris, départements 92, 93, 94, Lyon, Grenoble, Aix, Nice, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Rennes, Caen, Rouen, Lille, Nancy, Strasbourg, Dijon, Besançon, Montpellier. L'opérateur a investi 80 millions en 2003, et investira autant en 2004 pour couvrir de nouvelles villes (Mulhouse, Toulouse, Colmar, Metz) ou étendre des agglomérations déjà dégroupées (Lyon, Nice).
Les abonnés Freebox disposent d'un débit descendant de 1 Mbit/s. Pour délivrer de la télévision sur ADSL, celui-ci va atteindre 5,5 Mbit/s, dont 3,5 consacrés à la télévision. Le débit pour Internet passe donc, dans ce cas précis, à environ 2 Mbit /s, la téléphonie n'occupant que 64 kbit/s.
Pour un tel débit, la proximité du central téléphonique est indispensable, ce qui explique que des clients dégroupés mais situés au-delà de 2,5 kilomètres n'ont pas accès à cette offre. Les clients de ce service vont donc disposer d'un débit très alléchant, qui pourrait même l'être encore plus. L'opérateur, même s'il ne l'envisage pas pour le moment, n'exclut pas non plus d'affecter à terme plus de débit à l'accès Internet, dans le cas où le service de télévision ne serait pas utilisé.
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