
Dans quelques semaines, la LEN (loi pour la confiance dans l'économie numérique) reviendra devant le Parlement. En l'état, le texte prévoit la mise en place, sauf exception, d'une politique d'opt-in (c'est-à-dire l'autorisation préalable donnée par l'internaute avant tout envoi d'information).
Une problématique qui se rapporte plus au marketing en ligne qu'aux effets ravageurs des spams, ces courriers électroniques non sollicités qui polluent depuis des années les boîtes à lettres des internautes. AOL entend profiter de cette actualité parlementaire pour obtenir un durcissement de la législation française sur le spam.
« La loi pourrait, par exemple, autoriser les FAI à fermer de manière préventive les comptes des spammeurs identifiés comme tels, quitte à porter ensuite l'affaire devant la justice. Il faut faire en sorte que le retour sur investissements soit le plus petit possible pour les spammeurs. Faisons passer l'idée que la France n'est pas une terre d'accueil du spam ! » , détaille Stéphane Treppoz, PDG d'AOL France.
AOL filtre 14 000 spams par abonné et par an
Pour appuyer sa démarche, le FAI lance une pétition nationale et s'apprête à mettre en ligne un site d'information et de réaction à cette pollution qu'est le spam. Jeux, glossaire, compteurs indiquant le nombre de spams interceptés par AOL, l'initiative se veut à la fois ludique et pédagogique.
« Le spam est devenu un tel fléau qu'il est temps maintenant de siffler la fin de la récréation , explique Stéphane Treppoz. Le spam représente aujourd'hui plus de 50 % des courriers électroniques. Au niveau mondial, AOL filtre 14 000 spams par an et par abonné. » Avec 33 millions d'abonnés, il est une cible privilégiée pour les spammeurs. « Aujourd'hui, 99 % des spams proviennent du monde anglo-saxon. Il s'agit d'une lutte très complexe pour laquelle il n'y a pas de solution miracle » , poursuit le PDG d'AOL France.
Aux Etats-Unis (premier pays générateur de spams), le Congrès devrait voter définitivement, le mois prochain, un texte anti-spam. Ce dernier, le CAN-SPAM Act (Controlling the Assault of Non-Solicited Pornography And Marketing) oblige les spammeurs à inclure dans leurs « pourriels » un numéro de téléphone, une adresse, et surtout une case de désinscription pour le destinataire, sous peine d'amende et de prison.
Contrairement à une récente loi californienne qui obligeait, avant tout envoi, les spammeurs à obtenir le consentement express des internautes visés, le CAN-SPAM Act ne prévoit rien de tel. En clair, les spammeurs pourront continuer à polluer impunément la boîte à lettres électronique d'un internaute aussi longtemps que celui-ci ne sera pas désinscrit de telle ou telle liste de diffusion. « Le texte du Congrès est un premier pas, mais cela ne règle pas le problème » , confirme Stéphane Treppoz.
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