
Pour les entreprises clientes comme pour les opérateurs, Ethernet apporte un niveau de flexibilité inégalé dans les réseaux étendus. Le premier avantage tient à la granularité des débits fournis. Toutes les bandes passantes intermédiaires entre 1 Mbit/s et 1 Gbit/s sont envisageables. Et cela contrairement aux importants paliers imposés dès que l'on veut augmenter le débit des lignes louées on passe alors de 2 à 54 Mbit/s, puis à 155 Mbit/s. De plus, nul besoin d'envoyer une équipe technique sur place pour changer de débit : une simple reconfiguration logicielle par l'opérateur suffit, dans la mesure où l'on reste en dessous du débit nominal de l'interface installée chez le client 10 Mbit/s, 100 Mbit/s ou 1 Gbit/s. Pour fournir un débit inférieur au débit nominal, « le mécanisme est similaire à celui d'un multiplexage temporel, explique Juan Lopez, chef de gamme données chez Completel. Schématiquement, pour obtenir du 50 Mbit/s à partir d'une interface à 100 Mbit/s, on aura une fenêtre d'une demi-seconde par seconde pour envoyer les données. De plus, un système de tampon permet de ne pas perdre de paquets ».
Liaison point à point ou réseau local étendu
Pour séparer les flux de leurs différents clients sur un réseau Ethernet partagé, les opérateurs utilisent des réseaux locaux virtuels VLAN, norme 802.1Q. L'entreprise pourra se voir imposer des identifiants pour ses réseaux virtuels internes afin de ne pas utiliser les mêmes que l'opérateur. L'utilisation de VLAN chez l'opérateur pourra être transparente si celui-ci encapsule les VLAN des entreprises dans un second niveau de VLAN une technique pas encore normalisée, que Cisco appelle QinQ, tandis que Riverstone utilise le terme de SVLAN, pour Stackable VLAN (VLAN empilable). En termes de distance, l'Ethernet natif sur fibre optique atteint 70 kilomètres. Et lorsqu'il est transporté sur une couche SDH, le protocole n'a d'autres limitations que celles inhérentes à cette dernière.
Au niveau de la nature des services Ethernet métropolitains, les options sont nombreuses. Pour apporter un cadre au marché, le Metro Ethernet Forum (MEF) a ratifié en septembre dernier deux modèles de services, E-Line et E-LAN, indiquant comment ceux-ci doivent être structurés. Le premier fournit une connexion point à point, et le second multipoint à multipoint. Ce qui ressemble tout simplement, pour l'entreprise cliente, à un réseau local étendu. Ces deux services peuvent se décliner sans garanties de performances, ou être associés à des garanties de débit, de délai, de jigue, etc. « Quand on combine un type de service et différents paramètres ou attributs, on arrive à définir des services qui sont très proches d'une ligne spécialisée point à point, d'un service de réseau local transparent, ou du relais de trames. Cisco utilise d'ailleurs le terme d'Ethernet Relay Service (en référence au relais de trames, ou Frame Relay en anglais NDLR) » , explique Nan Chen, président du MEF.
Un autre aspect reste à améliorer, portant sur les outils de gestion pour opérateurs. « Des groupes de travail focalisent leurs efforts sur la définition de packages OAM(*) pour la gestion du transport et des services Ethernet. Ces travaux sont encore en cours », affirme Bob Mandeville, président de la société Iometrix, spécialisée dans les tests de performances de réseaux.
(*) Operations, Administration and Maintenance.
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