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[ ENQUÊTE ]
Les sociétés de capital-risque font la part belle au logiciel
L'industrie du logiciel, moins surévaluée que les télécoms durant la bulle internet, garde la faveur des capital-risqueurs. Plus généralement, dans l'Europe high-tech, c'est la France qui, en 2002, a tiré son épingle du jeu des investissements.

Annabelle Bouard , 01 Informatique (n° 1741), le 04/11/2003 à 08h00

Depuis les excès de la fin des années 90 et la chute qui s'en est suivie après 2000, l'industrie du capital-risque continue ses réajustements pour revenir à des niveaux d'investissement que les spécialistes qualifient de traditionnels.

Le capital-risque reste un phénomène essentiellement américain, avec trois fois plus de capital injecté qu'en Europe. Sur le plan des secteurs concernés, la part du lion va à l'industrie logicielle. D'après VentureOne, elle a représenté, au premier trimestre 2003, près de la moitié des opérations d'investissement du secteur informatique. Les logiciels d'entreprise et les outils de communication dominent, suivis des applications verticales et de l'administration de réseaux et de systèmes.

Pour les investisseurs, l'attrait du logiciel réside notamment dans le fait que, en phase de démarrage, les éditeurs brûlent moins d'argent que les constructeurs de matériel. Certains observateurs remarquent qu'ils arrivent souvent à obtenir des clients plus rapidement. A noter aussi qu'en des temps où les introductions en Bourse, devenues beaucoup plus rares, constituent une porte de sortie moins probable pour les investisseurs, l'industrie logicielle a été la plus active au niveau des fusions et acquisitions en 2002.

Reprise en Europe, mais pas dans le secteur informatique

Les investissements dans le secteur logiciel font également figure d'exception en conservant une répartition relativement équilibrée sur les différents types de tours de table. Ce qui n'est pas le cas de l'ensemble des secteurs. Dans un mouvement inverse à celui de la fin des années 90, les capital-risqueurs ont tendance à réaliser moins d'investissements initiaux pour se consacrer davantage aux tours de table ultérieurs. « 94 % des sociétés qui échouent le font avant de réaliser un second tour de table », souligne Pascal Levensohn, de Levensohn Ventures, se basant sur des chiffres de VentureOne portant sur deux mille cinq cents start up américaines ayant cessé leurs activités de 1979 au début 2003.

Si l'an dernier un regain de vigueur des investissements en faveur des sociétés européennes a été observé, le secteur des technologies n'en a pas profité. Un rapport Moneytree montre que, avec 27,6 milliards d'euros tous secteurs d'activité confondus, 2002 s'est avérée la deuxième meilleure année enregistrée en Europe, après le record de l'an 2000. Or, le secteur des technologies, qui représente environ la moitié du total, a chuté de 29 %. On n'a pourtant observé que 8 % d'opérations en moins, car les montants attribués sont moindres. Et le nombre de sociétés financées a même augmenté de 2 %.

Dans ce climat morose, la France tire son épingle du jeu : elle a été en 2002, pour la première fois, le pays européen où les sociétés high-tech financées ont reçu le plus d'argent. Devant le Royaume-Uni - en tête, lui, pour le nombre d'investissements. Outre-Atlantique, la Silicon Valley reste la Mecque des technologies, avec 34 % des montants investis aux Etats-Unis au deuxième trimestre 2003.

Asie : les capitaux étrangers lorgnent la Chine

Avec une croissance économique de 7 % ces vingt dernières années, la Chine est un marché émergent, propice aux investissements. C'est le pays qui a reçu le plus de capital étranger en 2002. « La Chine entre dans une nouvelle phase : très peu de marques Occidentales y sont connues. De nombreux noms sont en train de se créer, et le pays est friand de technologies », affirme Fan Zhang, Senior Vice President de Draper Fisher Jurvetson ePlanet Ventures. Cette société a financé l'an dernier des entreprises de téléphonie mobile de prochaine génération. « Après l'alimentation et le logement, les communications constituent le plus gros pôle de dépenses des Chinois, qui sont prêts à payer des tarifs américains ou japonais », explique Fan Zhang. Les sociétés occidentales ont vu des portes s'ouvrir avec l'entrée récente de la Chine à l'OMC. Cependant, « les entreprises étrangères doivent être conscientes des difficultés », souligne Henry Wang, président de First China Capital. « Les alliances locales permettent de maîtriser les problématiques liées au gouvernement ­pas tant la corruption, qui est en déclin, que la régulation, particulière et en pleine évolution. »



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