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Des propositions très controversées
En période de récession, ces moments de latence sont difficilement gérables. Les charges deviennent pesantes, deviennent pesantes, les coûts pour l'entreprise augmentent tandis que les revenus baissent. Aussi, pour éviter ce phénomène, le Syntec a décidé de plancher sur des propositions en faveur de la flexibilité de l'emploi dans les SSII. Une réflexion qui, si elle trouve un écho favorable chez les dirigeants de SSII, commence déjà à déclencher une importante levée de boucliers chez les salariés et leurs représentants. Ainsi trois syndicats la CFTC, FO et la CGT ont vivement réagi à un document de travail du Syntec Informatique « tombé » entre leurs mains. Parmi les points les plus controversés figurent « l'individualisation du chômage partiel » , le recours à un « contrat de chantier » , l'allongement du CDD au-delà de dix-huit mois, la mobilité pour tous et l'aménagement des conditions de licenciement. Dans le cadre de l'individualisation du chômage partiel, tout salarié en inter-contrat pourrait basculer aux Assedic entre deux missions. Concernant le « recours au contrat de chantier » , le salarié serait licencié dès sa mission achevée. « Cela revient à faire de l'interim », s'insurgent les syndicats. La mobilité, qui jusqu'à présent était gérée individuellement, deviendrait une condition générale à l'embauche. Pour le Betor-Pub, syndicat affilié à la CFDT, cette condition doit être limitée dans le temps et géographiquement, et assortie d'une compensation financière. Toutefois, tout le monde ne prend pas ombrage de ces propositions. Selon Sylvie Chauvin-Bénech, présidente de Markess International-Europe, cette mesure de mobilité accompagne les nouvelles conditions du marché, « les projets étant de plus en plus internationaux, les salariés doivent être plus mobiles pour les accompagner ». Autre motif de discorde : les conditions de licenciement. Pour le Syntec, « il est nécessaire de reconnaître une certaine marge de souplesse aux entreprises sans multiplier les plans de sauvegarde de l'emploi aux effets dévastateurs et amplificateurs » . La chambre syndicale souhaite ainsi ajouter aux conditions de licenciement des critères de compétences, considérant un motif « d'inadaptation aux conditions du marché des salariés » . « Avec ces propositions, le Syntec voudrait alléger le carcan législatif trop lourd dans lequel sont engluées les SSII », souligne Sylvie Chauvin-Bénech. Une opinion partagée par François Du faux, ancien président du Syntec informatique, et exprimée sur 01Net.com le 30 avril 2003 : « Le secteur d'activité des SSII doit être libéré d'un carcan étouffant et notamment de la loi des 35 heures. » Pour le moment, la chambre syndicale souhaite apaiser les esprits. « La richesse de notre secteur est constituée par la qualité et la motivation du capital humain et nous investissons dans la formation continue, qui représente 5 % de la masse salariale », insiste Jean Mounet. Le retour à la croissance, qui devrait s'amorcer en 2004, pourrait faire revenir les dirigeants d'entreprises à de meilleures dispositions. Car les SSII sont confrontées à un paradoxe : contraintes de « réduire la voilure » pour préserver leur rentabilité, elles doivent en même temps continuer à investir dans leur premier capital, les hommes.
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