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Le Syntec vole au secours des dirigeants de SSII
L'année 2003 a révélé les failles des SSII qui ont dû procéder à des rapprochements, voire des licenciements pour faire face à l'augmentation des intercontrats. Le Syntec, qui a dressé le bilan de l'année, réfléchit à des adaptations... déjà très controversées.
Juliette Fauchet et Armelle Siccat , Décision Distribution, le 03/11/2003 à 07h00
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Les SSII n'ont pas été épargnées par la conjoncture. Les publications de mauvais résultats et les annonces de licenciements se succèdent. La semaine dernière, le Syntec informatique, qui tenait conférence, a annoncé une décroissance de 3 à 5 % des revenus du marché des services informatiques pour l'année 2003. En revanche, la chambre syndicale des SSII s'est bien gardée, cette fois, d'émettre des prévisions pour 2004. Celles, faites l'an dernier à la même époque, ayant très vite été désavouées par les mauvais résultats économiques. Parmi les activités de services les plus touchées figurent l'assistance technique (-8 à -10 %) ainsi que le conseil et la formation (-10 à -12 %).En revanche, l'infogérance et la TMA ont mieux résisté, avec une croissance respective de 6 à 8 % et de 8 à 10 %. Tout n'est cependant pas si noir, puisque l'année a été un bon cru pour les éditeurs de logiciels d'intégration d'applications d'entreprise (IAE) et de middleware, contrairement aux éditeurs de logiciels applicatifs. Le secteur public s'est révélé très demandeur de services informatiques (+3 à 5 %). Comme en 2002, les télécoms, les médias, le transport et le tourisme ont restreint leurs commandes (de -6 à -8 %). Le retard des investissements dans les entreprises et la réduction du volume des projets informatiques expliquent le recul des SSII, associé à une conjoncture économique défavorable conflit en Irak, mouvements sociaux dans l'Hexagone, etc. Les prestataires de services sont donc confrontés à une sur capacité de l'offre par rapport à la demande. Conséquences, les prix diminuent et le nombre d'employés en intercontrat n'a cessé de croître. Or, lorsque la conjoncture économique est favorable, les SSII absorbent aisément ces périodes de latence. Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.
Des propositions très controversées
En période de récession, ces moments de latence sont difficilement gérables. Les charges deviennent pesantes, deviennent pesantes, les coûts pour l'entreprise augmentent tandis que les revenus baissent. Aussi, pour éviter ce phénomène, le Syntec a décidé de plancher sur des propositions en faveur de la flexibilité de l'emploi dans les SSII. Une réflexion qui, si elle trouve un écho favorable chez les dirigeants de SSII, commence déjà à déclencher une importante levée de boucliers chez les salariés et leurs représentants. Ainsi trois syndicats la CFTC, FO et la CGT ont vivement réagi à un document de travail du Syntec Informatique « tombé » entre leurs mains. Parmi les points les plus controversés figurent « l'individualisation du chômage partiel » , le recours à un « contrat de chantier » , l'allongement du CDD au-delà de dix-huit mois, la mobilité pour tous et l'aménagement des conditions de licenciement. Dans le cadre de l'individualisation du chômage partiel, tout salarié en inter-contrat pourrait basculer aux Assedic entre deux missions. Concernant le « recours au contrat de chantier » , le salarié serait licencié dès sa mission achevée. « Cela revient à faire de l'interim », s'insurgent les syndicats. La mobilité, qui jusqu'à présent était gérée individuellement, deviendrait une condition générale à l'embauche. Pour le Betor-Pub, syndicat affilié à la CFDT, cette condition doit être limitée dans le temps et géographiquement, et assortie d'une compensation financière. Toutefois, tout le monde ne prend pas ombrage de ces propositions. Selon Sylvie Chauvin-Bénech, présidente de Markess International-Europe, cette mesure de mobilité accompagne les nouvelles conditions du marché, « les projets étant de plus en plus internationaux, les salariés doivent être plus mobiles pour les accompagner ». Autre motif de discorde : les conditions de licenciement. Pour le Syntec, « il est nécessaire de reconnaître une certaine marge de souplesse aux entreprises sans multiplier les plans de sauvegarde de l'emploi aux effets dévastateurs et amplificateurs » . La chambre syndicale souhaite ainsi ajouter aux conditions de licenciement des critères de compétences, considérant un motif « d'inadaptation aux conditions du marché des salariés » . « Avec ces propositions, le Syntec voudrait alléger le carcan législatif trop lourd dans lequel sont engluées les SSII », souligne Sylvie Chauvin-Bénech. Une opinion partagée par François Du faux, ancien président du Syntec informatique, et exprimée sur 01Net.com le 30 avril 2003 : « Le secteur d'activité des SSII doit être libéré d'un carcan étouffant et notamment de la loi des 35 heures. » Pour le moment, la chambre syndicale souhaite apaiser les esprits. « La richesse de notre secteur est constituée par la qualité et la motivation du capital humain et nous investissons dans la formation continue, qui représente 5 % de la masse salariale », insiste Jean Mounet. Le retour à la croissance, qui devrait s'amorcer en 2004, pourrait faire revenir les dirigeants d'entreprises à de meilleures dispositions. Car les SSII sont confrontées à un paradoxe : contraintes de « réduire la voilure » pour préserver leur rentabilité, elles doivent en même temps continuer à investir dans leur premier capital, les hommes.
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