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(Mise à jour) VeriSign accapare le no man's land de l'Internet
Le gestionnaire américain de noms de domaines transforme en zone de profit les pages Web aux adresses non référencées. Une dérive dangereuse selon la plupart des acteurs du Net.

Arnaud Devillard , 01net., le 06/10/2003 à 17h30

Mise à jour : L'Icann obtient la fermeture du service de VeriSign

Sous la pression de l'Icann, VeriSign a finalement accepté de suspendre son service de redirection des pages Web non référencées. Le 19 septembre, l'organisme de gestion des noms de domaine avait, une première fois, demandé à la société d'interrompre ce service très controversé. Sans succès.

L'Icann est donc revenu à la charge vendredi 3 octobre avec des menaces : si VeriSign n'obtempère pas, l'Icann prendra les mesures nécessaires pour faire respecter le contrat qui fait de VeriSign le gestionnaire des .com et des .net. Dans une lettre adressée aux dirigeants de VeriSign, Paul Twomey, Président de l'Icann, explique que le service de la société viole ce contrat sur un certains nombre de points. Il serait aussi à l'origine de perturbations sur le DNS, sur le fonctionnement des navigateurs Web et des services d'e-mails.

L'initiative de VeriSign a également fait l'objet d'une plainte de la société Popular Enterprises, maison-mère du moteur de recherche Netster.com. Cette dernière accuse VeriSign de violation des lois antitrust et de concurrence déloyale. Elle réclame 100 millions de dollars d'indemnités. Au moins trois actions en justice ont été engagées pour réclamer la fermeture du service de VeriSign, rapporte Reuters.


Première publication le 18 septembre 2003

Le gestionnaire américain de noms de domaines transforme en zone de profit les pages Web aux adresses non référencées. Une dérive dangereuse selon la plupart des acteurs du Net.

VeriSign vient de mettre les pieds dans le plat. La plus grande société américaine spécialisée dans l'enregistrement de noms de domaine (en .com, .net) a entrepris d'exploiter commercialement des noms de domaine... qui n'existent pas. L'initiative provoque la colère des acteurs de l'Internet.

Depuis ce début de semaine, quand un internaute tape une adresse Internet en .com, .org ou .net et se trompe, pour cause d'erreur de frappe, il n'obtient plus la traditionnelle page affichant « adresse non-valide » . A la place, il se retrouve face au moteur de recherche de VeriSign. Une série de liens, proche de sa requête initiale, lui est proposée.

Chaque fois que l'internaute cliquera sur l'un de ces liens, VeriSign touchera alors son obole de la part du site correspondant, s'il s'agit d'un site commercial. L'entreprise s'est donc accaparée du jour au lendemain ce no man's land du Web pour en faire un espace marchand.

Le Cigref et l'Afnic montent au créneau

« Cela pose un problème technique, en terme de sécurité, puisque VeriSign peut tracer tout le trafic et les e-mails , explique un spécialiste des noms de domaine. Et un problème politique : est-ce qu'un délégataire peut s'accaparer ces espaces, qui appartiennent à tout le monde et à personne, comme s'il créait des noms de domaine fantômes ? »

Le Club informatique des grandes entreprises françaises (Cigref) a tenu à réagir, jeudi après-midi. Il évoque lui-aussi un « réel danger concernant la sécurité » et craint pour la confidentialité des communications. Pour l'heure sans plus d'informations, l'organisation multiplie les contacts, auprès de l'Icann, des pouvoirs publics français et du département au Commerce américain. « Nous cherchons surtout à comprendre comment cela a pu se produire , indique le porte-parole du Cigref. Il s'agit d'une initiative unilatérale et contraire à tous les usages. Nous essayons aussi de mesurer les impacts d'une telle mesure. »

Même écho du côté de l'Association française du nommage Internet en coopération (Afnic), gestionnaire des .fr et des .re. Dans un communiqué publié sur son site jeudi soir, elle estime que de telles pratiques « permettent en effet de détourner tout le trafic Web en cas de simple faute de frappe, de recevoir des courriers qui ne vous étaient pas destinés, de rendre inopérants les logiciels de vérification de la zone. » VeriSign se rendrait tout simplement coupable d'un abus de pouvoir.

Pour l'association, l'initiative de VeriSign a aussi le tort d'ajouter à la confusion plus que d'aider l'internaute. L'adresse qu'il vient de taper est-elle valide ou non ? Le site qu'il cherche a-t-il disparu ? A-t-il été remplacé ? En revanche, pas de panique du côté des sites français : l'Afnic assure qu'elle ne compte pas suivre le mauvais exemple de VeriSign .


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