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Jamais on n'a autant parlé de qualité de service dans les réseaux. Et, de fait, les choses ont changé. Il y a quelques années, chaque type de trafic voix, données, etc. avait son réseau, taillé sur mesure.
Puis sont arrivés les réseaux IP, qui ont d'abord fédéré tous les flux de données qui enflaient avec le client-serveur, puis avec le trafic internet. Aujourd'hui, IP est en passe de véhiculer la voix et la vidéo : les débits grimpent encore. Ce sont des réseaux multiservices, censés être plus économiques, puisque les utilisateurs n'auront qu'une seule infrastructure à gérer. Les économies étant à l'ordre du jour, les réseaux privés classiques cèdent le pas aux réseaux privés virtuels (RPV ou VPN en anglais) soit sur internet, soit sur les réseaux d'opérateurs.Les ambitions sont revues à la baisse
L'addition de tous ces flux provoque l'engorgement des liaisons. Il faut faire la police pour fluidifier la circulation. Une opération d'autant plus nécessaire que le protocole IP, fondement de l'édifice, n'a jamais été conçu pour offrir la moindre qualité de service à la différence de X25, par exemple, modèle du genre. La qualité de service dans le monde IP consiste globalement à classifier les applications et à leur affecter des priorités (classes de services). Il en découle des règles de gestion, qui sont ensuite appliquées par les équipements. En fait, dans ce modèle, le succès n'est pas garanti, comme dans l'ATM. Seule existe une forte présomption que tout se passera bien, pour peu que le réseau offre une capacité suffisante et que les règles soient bien définies. On distingue généralement trois classes de services : les applications temps réel (priorité absolue) : voix, vidéo ; les applications critiques essentiellement liées au métier de l'entreprise et aux activités vitales (finance, relation client, etc.) ; et les autres applications : messagerie et navigation web, notamment. Il est évidemment possible d'effectuer une analyse plus fine et de constituer davantage de classes de services. Mais le principe reste le même : plus on est prioritaire, plus on a de chance de passer, et plus les temps de réponse seront courts ; et moins on aura de risque d'être purement et simplement « écrasé » en cas de congestion. Avant la crise, les constructeurs d'équipements mettaient en oeuvre la qualité de service et les opérateurs incitaient les entreprises à adopter une démarche préventive. Les exploitants télécoms proposaient des contrats de niveau de service (SLA). Ils prenaient en charge les différentes classes de service définies par les utilisateurs et s'engageaient sur des niveaux de performances en matière de qualité de service pendant la traversée de leur réseau : bande passante, temps de transit, gigue, taux de perte de paquets... Les temps ont changé. Certes, la qualité de service reste indispensable, car elle conditionne pour une large part l'efficacité de l'entreprise. Mais, de préventive, elle devient curative. Grosso modo, tant que les utilisateurs ne se plaignent pas des piètres performances du système d'information, on considère que la qualité est suffisante. Lorsque celle-ci se dégrade, il faut agir. Là encore, avant de se lancer dans de grands travaux ou des achats, l'entreprise cherche d'abord à optimiser l'existant : refonte du plan d'adressage ou redéploiement d'applications, par exemple. Et ce n'est que si le résultat n'est pas à la hauteur qu'elle envisage d'investir.Des solutions de rechange
Mais plutôt que de remplacer les équipements par d'autres plus performants routeurs, commutateurs, etc. , elle préfère acquérir des machines spécialisées, simples à mettre en oeuvre et réglant spécifiquement le problème. Côté serveurs, on pense à l'équilibrage de charge. S'il y a engorgement du réseau, en local, on peut passer à des débits supérieurs de 10 à 100 Mbit/s, la différence de prix reste minime. Mais dès que l'on s'aventure dans les infrastructures des opérateurs, doubler la taille du lien de raccordement est rarement la bonne solution. Mieux vaut alors investir dans des équipements des gestionnaires de bande passante, par exemple, qui permettent de mettre en oeuvre une politique de qualité de service en local. Celle-ci peut être complétée par des mécanismes de compression (qui réduisent le nombre de données transmises) ou de « caching » (qui évitent aux données souvent utilisées de traverser le réseau en permanence). Une stratégie d'autant plus pertinente que, en cas de crise, les dépenses en investissements sont souvent plus rentables que celles en exploitation, qui engendrent des coûts récurrents. La qualité de service doit en passer par là.C'est évident, la qualité de service n'est pas une fin en soi ; elle doit être au service des applications capitales pour l'entreprise.
Pour Francis Ia, consultant indépendant en qualité de service, il existe cinq règles fondamentales :
1. Dresser l'inventaire des applications de l'entrepriseDéfinir celles qui sont essentielles et celles qui sont secondaires. En somme, établir des poids relatifs entre elles.
2. Choisir les solutions techniques à mettre en oeuvre.
Dans ce secteur, il y a trois solutions principales :
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- Fixer les priorités entre les flux (différencier les services).
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- Lisser le trafic (gérer les files d'attente).
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- Policer le trafic en cas de congestion (que faire si, malgré tout, le trafic est embouteillé. Quelles données sacrifier et selon quelles règles).
Il en existe deux principaux :
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- Compression de données pour avoir moins d'octets à transmettre (on dit aussi
« accélérer le trafic »
, car les temps de réponse sont diminués).
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- Systèmes de mise en cache pour éviter aux données souvent utilisées de traverser chaque fois le réseau. Par exemple, inutile de garder en central le logo d'une entreprise et de le rapatrier chaque fois qu'on l'appose sur un
document.
En ces périodes de crise, où la chasse aux coûts récurrents est ouverte, mieux vaut privilégier les coûts d'acquisition que ceux d'exploitation. Investir dans un matériel est souvent plus rentable qu'augmenter la bande passante, par exemple, et donc le loyer d'une liaison télécoms.
5. Mettre en oeuvreSe pose la grande question : choisir l'infogérance ou une solution interne ? Dans la difficile conjoncture actuelle, la tendance est plutôt à la seconde solution. Les équipes informatiques et réseaux entendent ainsi justifier leur existence. Un choix d'autant plus justifié que les matériels spécialisés sont dits « prêts à l'emploi » et qu'ils ne requièrent pas une configuration plus complexe que celle d'un commutateur ou d'un routeur.
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