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Cet article est extrait de : Décision Informatique

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Quatre serveurs web
Les serveurs web sont présentés comme des logiciels d'infrastructure standardisés, voire interchangeables. Lors de nos tests, ils se révèlent inégaux en matière de configuration, de gestion de sites et de sécurisation. Des critères déterminants pour assurer l'accès aux applications de l'entreprise par Internet.

Francisco Villacampa , Décision Micro, le 16/06/2003 à 00h00

Né en 1990 au Cern des travaux de Tim Berners Lee, le premier serveur HTTP Nexus délivrait des pages HTML statiques au navigateur web www. Aujourd'hui, la principale mission des serveurs web dynamiques porte sur l'accès aux applications et aux données de l'entreprise, qui permet, par exemple, d'exploiter un progiciel en ligne. Et ce, au moyen de transactions effectuées par des interpréteurs de scripts ou des classes techniques (Perl, VB, JS, ADO.NET , JDBC...), qui traduisent des requêtes HTTP en commandes adressées au système d'exploitation. L'autre type de transaction repose sur l'accès à un site sécurisé. Les requêtes HTTP sont alors chiffrées sur une couche SSL (HTTPs) afin d'accéder à un serveur HTTP qu'authentifie un certificat.

Un marché concentré

Treize années ont consolidé le marché, au point qu'il ne regroupe aujourd'hui qu'une poignée de produits. Le poids lourd Apache Web Server, favorisé par sa gratuité, affiche 62,5 % de parts de marché face au rival Microsoft IIS qui plafonne à 27,17 % (source Netcraft). Encore en quête de notoriété, Zeus Web Server et Sun ONE Web Server ne représentent que 1,93 et 1,04 % de parts de marché. Avertis de cette concentration, nous avons examiné les fonctions de configuration, de gestion de sites et de sécurisation des serveurs web leaders du marché selon un scénario d'utilisation dans une PME ayant peu de compétences en informatique.

Première pierre d'achoppement, la facilité d'installation et de configuration des serveurs, qui détermine la rapidité de déploiement. Dans ce domaine, Zeus Web Server tire son épingle du jeu. L'interface HTML Web Controller centralise toutes les opérations de configuration et d'exploitation, parmi lesquelles figurent la création du répertoire racine et l'activation du script de passerelle CGI Perl, permettant d'accéder aux données. Microsoft IIS 6.0 n'est pas installé par défaut, aux côtés de Windows Server 2003. Sa mise en place s'effectue au moyen d'assistants qui guident rapidement l'utilisateur dans la configuration du nom de domaine ou du port d'écoute du serveur web. Malgré une architecture plus complexe à base de servlets et de classes Java, l'installation de Sun ONE Web Server, se déroule sans difficulté. Et ce, au moyen d'une console textuelle qui présente trois modes d'installation, express, typique ou personnalisée.

Un paramétrage par lots de serveurs

En revanche, l'interface d'administration d'Apache 2.0 déçoit. Choisi par Alcôve, SSII du libre, l'outil de configuration Webmin n'offre pas d'aide contextuelle. Dans certains cas, cette absence oblige à éditer manuellement le fichier httpd.conf pour configurer le serveur. En ce qui concerne l'exploitation, la mise en oeuvre de serveurs virtuels permet d'utiliser plusieurs serveurs de production, au sein d'un même serveur physique. Ceux-ci sont identifiés notamment par un numéro IP et un numéro de port. Zeus se distingue de nouveau avec sa console HTML Web Controller, qui autorise la définition de paramètres par lots de serveurs, tels que la durée du cache, la taille des mémoires tampons ou la durée de vie d'une session de transport TCP. Pour sa part, la console logicielle de Microsoft, Internet Information Services Manager, représente les processus applicatifs d'un site, qu'il est possible d'arrêter ou de démarrer. Peu ergonomique, la console de Sun ONE Web Server utilise les mécanismes d'héritage propres aux classes Java, afin d'instancier des serveurs virtuels et de définir ses propriétés (domaine, port, cache). Enfin, la console d'administration Webmin confirme son handicap. Elle rend difficile l'affectation de paramètres de configuration communs à plusieurs serveurs.

Microsoft sur les traces de Zeus

L'élément de surprise de notre test concerne l'étendue des fonctions de sécurité. Étonnamment, Microsoft IIS 6.0 gagne en stabilité grâce à son unité d'applications baptisée « application pools » . En cas de plantage d'une application, seul le processus qui l'identifie sera supprimé puis relancé au sein d'un espace mémoire indépendant, sans perturber les autres serveurs virtuels. Tous les serveurs offrent la possibilité de contrôler les ressources système allouées par site ou groupe d'applications (bande passante, processeur, etc.). Pour la sécurité des données, Microsoft et Sun sont les seuls à proposer des fonctions de sauvegarde et de restauration des données de configuration. Pour la supervision, les journaux d'activité (log) sont essentiels afin de surveiller l'activité des serveurs web. Sun ONE Web Server est le seul à disposer d'une interface, certes embryonnaire, mais intégrée, de visualisation des journaux d'activité. Alors, quid des performances ? Les solutions testées ont été configurées par les éditeurs et notre partenaire Alcôve pour Apache 2.0. Microsoft est au coude à coude avec Zeus en matière de performances dynamiques, sans pour autant exploiter son environnement d'exécution .NET. Un signe de maturité pour ce serveur pourtant si décrié. Pour convaincre face à Apache, Microsoft propose une version Web Edition de l'environnement Windows Server 2003, facturée 400 euros ht jusqu'à deux processeurs. Celle-ci n'a pas été retenue pour nos tests.

Si vous êtes pressé

Nous avons mis en concurrence les quatre serveurs web majeurs du marché adaptés à une utilisation en PME. En matière d'installation et de configuration, Zeus et Microsoft tirent leur épingle du jeu avec des consoles qui centralisent les paramètres de fonctionnement. Cependant, Zeus et Apache sont munis d'une base de droits intégrée pour la gestion des utilisateurs. Microsoft et Sun reprennent l'avantage en matière de sauvegarde des données de configuration. Embryonnaires, les interfaces de visualisation des journaux d'activité sont quasi absentes, à l'exception de celle de Sun qui est dédiée. Toutefois, Zeus se démarque grâce à un logiciel de supervision du réseau en temps réel. Enfin, les tests de performances placent Microsoft et Zeus au coude à coude, ce qui démontre une évolution importante du produit de Microsoft. Apache 2.0 déçoit et requiert un niveau d'expertise technique plus élevé.


Le périmètre du test

Nous avons évalué les possibilités des serveurs web dans l'environnement d'une PME ayant de peu de ressources informatiques. Les diverses solutions ont été mises en place et optimisées pour notre plate-forme de test par leurs éditeurs respectifs. Pour la solution open source Apache, c'est la SSII Alcôve qui a été maître d'oeuvre. Dans tous les cas, chaque acteur avait le libre choix du système d'exploitation. À l'arrivée, hormis pour Microsoft IIS 6.0 testé avec Windows Server 2003, c'est la distribution Linux Red Hat qui a été choisie (version 7.2 pour Zeus et Sun, version Advanced Server 2.1 pour Apache). Pour chaque solution, nous avons évalué la facilité d'installation, la gestion des sites, l'étendue des fonctions de sécurité ainsi que l'exploitation des journaux d'activité. Le critère de performances examine la capacité de réponse à des requêtes formées suivant le protocole HTTP, au moyen de transactions statiques et dynamiques. Ce critère n'a pas fait l'objet de réglages optimisés, et demeure indicatif.


Apache Web Server 2.0.44

Disponible pour de nombreux systèmes d'exploitation et gratuit, le serveur HTTP Apache 2.0.44 nécessite un niveau d'expertise technique très élevé pour son déploiement et sa configuration. Son adoption exige le choix d'un intégrateur spécialisé.

Avec OS Red Hat Advanced Server 2.1 : 1 278 euros


Microsoft IIS 6.0 RTM Build 3765

Grâce à son unité d'isolation de processus et à une base de configuration XML, le serveur HTTP de Microsoft gagne en stabilité et permet de restaurer des paramètres valides. Exécuté par l'environnement Windows Server 2003, il s'adresse aux administrateurs adeptes des systèmes Windows.

Avec OS Windows Server 2003 Enterprise Edition : 3 004 euros


Sun ONE Web Server 6.0 SP 5

Capable de restaurer des paramètres de configuration et doté de générateurs de statistiques et de rapports, la déclaration de sites web par le biais d'instances se révèle peu conviviale. La solution de Sun, disponible pour de nombreux OS, est destinée aux entreprises qui exploitent des serveurs d'applications Java. Son meilleur atout demeure sa portabilité.

Avec OS Red Hat 7.2 : 6 673 euros


Zeus Web Server v4.2 R1

Malgré ses nombreuses fonctions, le serveur n'en est pas moins simple d'emploi. La console HTML Web Controller supervise les opérations de configuration, d'exploitation et de sécurisation. En prime, il offre un répartiteur de charge intégré. Pour environnements Unix, Linux et Mac OS X.

Avec OS Red Hat 7.2 3 473 euros



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