« Chaque internaute dispose en moyenne de huit à vingt identités numériques différentes » , explique Dan Rosensweig, le patron de Yahoo !, en ouverture du débat très attendu que le PC Forum 2003 a consacré à ce sujet. Demain, les versions numériques des pièces d'identités officielles (permis de conduire, passeport, etc.) viendront s'ajouter à la liste, renchérit Craig Mundie, directeur technique de Microsoft.
Pour lui, « chaque individu devra donc jongler avec plusieurs identités numériques. » Un phénomène que les nouvelles applications mobiles ne feront qu'amplifier, prédisent en coeur les gourous présents au PC Forum. Sans oublier l'usage intensif que les logiciels feront de vos profils en ligne pour affiner vos recherches d'informations sur le Web, ou vous proposer des services personnalisés.
Mais à nouvelles possibilités, nouveaux risques. En effet, une interrogation demeure, relayée par tous les gourous de l'informatique : comment l'internaute fera-t-il la part entre les informations qu'il veut divulguer et celles qu'il veut conserver strictement confidentielles ?
Vers un cryptage des données confidentielles ?
Pour certains chercheurs, la solution réside dans un découpage savant de l'identité numérique en plusieurs sous-parties, chacune étant plus ou moins confidentielle. Pour d'autres, les informations personnelles en ligne doivent être cryptées de telle sorte qu'il n'en reste qu'une empreinte, non reproductible, certifiant juste que vous êtes bien celui que vous prétendez être. Pour tous cependant, une chose est certaine, le débat sur cette étape préalable à l'élaboration des futurs services mobiles personnalisés est encore loin d'être clos.
Jeff Jonas
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Fondateur de Systems Research Development, éditeur de logiciels de gestion pour les grandes entreprises
« Nos libertés ne sont en danger que si nous n'allons pas jusqu'au bout de ce qui peut être fait en matière d'identité numérique. Toutes les dérives, et toutes les craintes, surviennent lorsque nous prenons des raccourcis, que nous laissons les ordinateurs prendre des décisions à notre place, et à partir de données insuffisantes. Si vous recherchez un criminel du nom de Jean Dupont, vous n'allez pas emprisonner sans réfléchir toutes les personnes du même nom. Vous pousserez plus loin votre enquête afin d'éliminer les possibilités d'erreur sur la personne. C'est cette capacité de ne pas préjuger que nous offrirons demain les systèmes d'identités numériques, combinées d'ailleurs avec les technologies du Web sémantique. »