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Tout responsable des comptes veut dématérialiser les processus financiers et comptables pour gagner du temps, et donc de l'argent. Objectif : fluidifier la publication trimestrielle des comptes à destination des actionnaires et investisseurs. Et, surtout, optimiser la gestion de la trésorerie au jour le jour. Qu'il soit directeur financier, de la comptabilité ou contrôleur de gestion, le responsable des comptes de l'entreprise s'appuie sur les précieux modules de gestion électronique de processus collaboratifs (GEP ou workflow), accessibles par le web. Lesquels enrichissent les nouvelles générations de PGI (progiciels de gestion intégrés) comptables et financiers. Jusqu'ici, sans le contrôleur de gestion, le patron ne voyait pas ce qui se passait. D'où une opacité parfois dangereuse...
« Avec le web, le pilotage de l'information financière devient transparent. Car ce sont les opérationnels - marketing, ventes, production, achats, etc. - qui l'alimentent » , argumente Francis Cuisinier, directeur du contrôle de gestion financier du groupe Sodexho, ténor mondial de la restauration collective. Avec la GEP dans chaque service ou dans chaque filiale, les opérationnels actualisent leurs prévisions, commentent ce qui a changé et mettent cette information à la disposition de toute l'équipe.
A son tour, le chef de service en prend connaissance, rajoute son propre commentaire et fait suivre le dossier vers la corbeille électronique de son supérieur. Et ainsi de suite jusqu'au directeur financier ou au directeur de la comptabilité. Bref, le circuit interne d'une entreprise est souvent dématérialisé. Mais pas assez automatisé.
Il manque un standard universel
Notamment au niveau des télédéclarations. « Tous les mois, le chef comptable de la PME saisit sa TVA à la main sur le portail de la Direction générale des impôts (DGI). Un grand progrès pour l'Administration. Mais pas pour l'entreprise, qui ne peut générer cette télédéclaration avec son logiciel de comptabilité » , s'insurge Pierre-Alain Lecointe, directeur général France de Coda, éditeur de progiciels de finance et comptabilité décisionnelles.
En revanche, les grands comptes et grosses PME peuvent automatiser ces télédéclarations avec des solutions élaborées dans le cadre de l'association Edificace. A l'instar, par exemple, du site www.etafi.fr , associé au PGI de Cegid.
Côté facture électronique, le blocage est quasi total. « Les progiciels comptables savent générer une facture électronique. Mais pas récupérer les données d'une facture issue d'un autre progiciel » , reconnaît Romain Hugot, directeur marketing produits chez Sage, un éditeur de progiciels comptables pour PME-PMI. « Faute de standard universel supranational, 70 % des flux interentreprises ne font que produire des documents papier qui sont ressaisis dans un autre système d'information » , renchérit Pierre-Alain Lecointe.
D'où un certain bricolage : saisir ou scanner la facture entrante à la main et générer une facture théorique, qui passe, en moyenne, par quatre personnes différentes avant d'être réglée. Ce début de dématérialisation permet tout de même de réduire le temps de traitement de douze jours en version papier à deux jours en version électronique. De quoi rendre le sourire aux trésoriers d'entreprise.
Comme la nature a horreur du vide, certains éditeurs de progiciels, tel Sage, projettent de lancer des plates-formes d'intermédiation dotées de moteurs qui traduiront les différents formats de facture. Et proposeront de gérer l'archivage et la conservation des factures.
Autre solution : traduire automatiquement un format de facture vers un autre en adaptant une gestion électronique de documents (GED) ou un logiciel d'intégration d'applications (EAI). « C'est possible. Même avec une petite solution comme Biztalk, de Microsoft » , ajoute Edouard Giard, responsable technologies collaboratives dans la SSII Syntegra.
Francis Cuisinier, directeur du contrôle de gestion financier de Sodexho
« Grâce aux solutions de chez Hyperion, nos processus de pilotage financier ramènent le temps de préparation du plan et du budget à deux ou trois mois. Quant au comité de direction, il revoit ses " reprévisions " tous les mois (pas moins de trois cent cinquante fichiers qui remontent). Ce qui accélère la prise de décision. Quarante-huit heures plus tard, nous en tirons une première consolidation et une première analyse. La transparence financière externe se fonde donc d'abord sur une bonne transparence interne. De fait, un directeur de filiale trace les hypothèses opérationnelles qui ont changé dans les prévisions : des prix d'achat qui tombent de 5 % dans telle région, la fréquentation d'un établissement qui augmente de 10 %... Il voit alors mieux comment évoluent le chiffre d'affaires et la rentabilité... et prend plus vite les décisions qui s'imposent. Comme ralentir les sorties d'argent ou investir sur un marché rapide. Toutes ces données résultent des PGI des filiales et du workflow. Au siège, nous disposons d'un tableau de bord web à l'état de prototype, qui évite à la direction générale de lire un rapport statique de cent pages chaque mois. »
Pierre Chatelain, chef du support technique produits, échange des informations avec les fournisseurs chez Norauto
« En 1996, notre direction financière a voulu dématérialiser nos factures fournisseurs grâce à une solution EDI (échange de données informatisé). Sur deux mille factures reçues chaque jour, nous en traitons la moitié en EDI, et le reste à la main. Dans ce cas, comme les prix d'achat sont négociés, nous regardons les quantités sur le bon de livraison (BL) afin de générer une facture théorique. De son côté, le fournisseur établit le même calcul pour éditer sa facture. Ensuite, nous opérons le rapprochement entre le BL et la facture théorique. S'il n'y a pas d'écart, nous payons. Sinon, nous négocions. Avec l'EDI, le rapprochement entre le BL et la facture réelle du fournisseur, ainsi que le règlement sont automatisés. Cependant, ce processus réclame un énorme travail préparatoire et requiert une grande rigueur. Notamment en raison du contrôle de la TVA par la DGI, qui accepte que la facture électronique devienne la preuve fiscale sous certaines conditions : contrôle automatique des mentions obligatoires, archivage électronique des factures telles qu'émises par le fournisseur, liste récapitulative de toutes les factures émises. »
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