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[ DROIT ]
Escroquerie au nom de domaine : attention au « slamming » !
Des revendeurs de noms de domaine peu scrupuleux incitent les propriétaires de sites à leur confier la gestion de leurs adresses Internet. Une pratique à haut risque, à la limite de l'abus de confiance.

Philippe Crouzillacq , 01net., le 28/05/2003 à 20h05

Cela commence par une simple lettre. Vous pensez recevoir une facture pour le renouvellement de votre nom de domaine , à cette exception que la missive ne provient pas de votre « registrar » habituel. Il s'agit en fait d'un simple courrier qui vous a été adressé par Domain Registry Of America (Europe, Canada ou Australia selon les variantes).

Ce prestataire vous alerte sur le fait que votre nom de domaine arrivera bientôt à expiration. Il y a donc urgence ! Pour plus de sécurité, DROA vous propose de renouveler votre nom de domaine pour un, deux ou cinq ans. Inconvénient : dans le cas de DROA, les tarifs pratiqués sont bien supérieurs à ceux du marché (27 euros pour un an, soit 15 euros de plus que les prix les plus souvent constatés).

Fait plus grave, en acceptant de payer ce prestataire vous lui transférez (sans toujours en avoir conscience) la gestion de votre nom de domaine. Abandonnant de facto votre ancien registrar. Dans le milieu du nommage, cette pratique sauvage a désormais un nom : le slamming .

Un marché lucratif

D'un point de vue commercial, la pratique est contestable. Elle s'apparente pour beaucoup à du détournement de clientèle. Des sociétés comme DROA peuvent puiser à loisir dans les bases de données WHOIS, qui indiquent les coordonnées des propriétaires de noms de domaine. « Il se peut aussi que des registrars revendent leur base dans la plus parfaite illégalité », note Loïc Damilaville, consultant en noms de domaine.

Sur ce marché lucratif, DROA affirme sous-traiter ses prestations à eNom, un registrar dûment accrédité auprès de l'Icann. DROA et ses variantes sont très contestés, et ont déjà fait l'objet de plusieurs actions en justice. En décembre 2002, DRO était ainsi condamné à la demande de Register.com sur le marché canadien. En Grande-Bretagne, l'ISOC (Internet Society) England, s'est également plaint des agissements de DROA.

« L'exemple de DROA n'est pas unique, précise Loïc Damilaville dans sa lettre d'information DNS News Pro . Aux antipodes, le gestionnaire de l'extension de noms de domaine (.au) pour l'Australie s'est appliqué dernièrement à acculer à la faillite ING, une société aux pratiques commerciales également douteuses . »

Quant à l'internaute, le mieux à faire est, pour lui, de contacter au premier chef la société auprès de laquelle il a initialement acheté son nom de domaine. Chez Axinet, on indique que toute demande de rapatriement de nom de domaine est automatiquement bloquée, pour éviter tout détournement illicite, dans l'attente d'une lettre écrite du propriétaire de l'URL.

Plus grave, certains revendeurs de noms de domaines affirment que nombre de leurs clients, peu au fait des mécanismes d'Internet, ont été purement et simplement abusés. Après avoir réglé ce qui ressemblait de loin à une énième facture, ceux-ci attendent encore un hypothétique renouvellement de leur nom de domaine.


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