Grand show de Steve Ballmer à San Francisco, deux journées d'ateliers techniques à Paris... Le lancement de Windows Server 2003 (ancien .NET Server) a été l'occasion de grand-messes dont Microsoft a le secret. Pourtant, en novembre dernier, lors de la présentation de la version préliminaire RC1, l'éditeur lui-même reconnaissait que le successeur de Windows 2000 n'était qu'une évolution naturelle intégrant les retours de trois ans d'expérience des clients. Sous ces dehors modestes se cachent pourtant de grandes ambitions. Maziar Zolghadr, chef de produits serveurs de Microsoft France, le reconnaît : « Une entreprise qui n'utilise que les fonctions de partage de fichiers et d'impression de Windows 2000 Server n'aura pas besoin de passer à Windows Server 2003. En revanche, les entreprises à la recherche d'une infrastructure réseau et logicielle puissante trouveront ce qu'elles désirent. » Si la stabilité était l'argument principal de Microsoft pour promouvoir Windows 2000, Windows Server 2003 se veut suffisamment puissant pour se placer en solution alternative et moins coûteuse aux systèmes Unix. C'est une première pour Microsoft, les versions Enterprise et Datacenter sont déclinées aussi en 64 bits, non limitées cette fois. Elles sont capables de gérer respectivement 64 et 128 Go de mémoire vive ainsi que 8 et 32 processeurs Itanium. À terme, Windows Server 2003 gèrera également nativement le nouveau processeur Opteron d'AMD, dont l'annonce mondiale s'est effectuée en concomitance à celle de l'OS. Microsoft a en outre prévu une version 64 bits de sa base de données SQL Server pour accompagner son nouvel OS. Si elle s'attaque aux Unix, la nouvelle arme de Microsoft a aussi Linux en ligne de mire. La nouvelle Web Edition est une édition 32 bits, limitée fonctionnellement, proposée à bas prix (environ 400 dollars) et destinée à équiper les machines abritant les serveurs web.
La sécurité renforcée, des performances à la traîne
En parallèle à ses déclinaisons 64 bits, Windows Server 2003 intègre maintenant des dispositifs réservés aux OS Unix haut de gamme ou disponibles auparavant par le biais d'outils tiers. Avec eux, l'OS peut faire fonctionner plusieurs applications sur la même machine en allouant à chacune des ressources différentes (mémoire, espace disque, puissance processeur...). L'architecture Numa fait également son apparition dans les versions Enterprise et Datacenter. Dernier élément primordial pour la haute disponibilité, l'insertion de mémoire à chaud est désormais possible dans ces deux versions. Maziar Zolghadr enfonce le clou : « Windows Server 2003 apporte les atouts d'Unix sur les plates-formes Intel et AMD. » Côté réseau, Windows Server 2003 comble certaines lacunes de son prédécesseur Windows 2000, et notamment la prise en charge d'IPv6 et de PPoE (Point to Point Protocol over Ethernet). Mais le nouvel OS de Microsoft innove surtout dans les fonctions de sécurité, domaine où l'éditeur doit faire ses preuves. La sortie du nouveau système a été d'ailleurs retardée de six mois afin que son code soit examiné de fond en comble. Pour limiter les risques, une vingtaine de services, notamment le serveur web IIS 6, ne sont pas installés par défaut. Côté performances, les choses se gâtent. Tandis que Microsoft annonce une vitesse multipliée par deux pour la majorité des services Windows, les mesures de notre laboratoire révèlent une réalité moins glorieuse lors des tests SSL, ASP et de transaction CGI/Perl (voir encadré).
Une plate-forme logicielle complète
L'autre grande nouveauté de Windows Server 2003 réside dans l'intégration de la plate-forme de programmation et d'exécution .NET qui transforme l'OS en serveur d'applications. La plate-forme comprend notamment la machine virtuelle de Microsoft (Common Language Runtime) ou le moniteur transactionnel (MTS). L'offre .NET de Microsoft est dorénavant cohérente et pourrait rendre les déploiements d'applications et leur administration plus simple. « Les serveurs d'applications se banalisent, il est donc normal de les retrouver dans les OS » , explique Antoine Driard, chef de produit de Microsoft France. Ce n'est pas l'avis de Stefan Van Overfelt, directeur de la stratégie et des solutions WebSphere d'IBM : « .Net n'est pas encore au niveau d'un serveur Java. Dans Windows Server 2003, seuls ASP.NET et ADO.NET sont nouveaux. Le MTS et MSMQueue sont des technologies DCOM nécessitant encore des mises à niveau. » Reste aux entreprises à juger de la validité du tandem Windows Server 2003 et .NET...
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