« L'ardoise électronique constitue un énorme progrès. C'est à la fois un gain de sécurité et de temps.» Jean-Christophe Paquet, chef du service de chirurgie viscérale, est enthousiaste. Son service est le premier du Centre hospitalier général de Longjumeau, à 20 km de Paris, à avoir expérimenté la prescription pharmaceutique sur tablette électronique reliée à un réseau sans fil. Concrètement, le médecin passe de chambre en chambre avec l'ardoise sous le bras. Il peut ainsi consulter le traitement en cours du patient et inscrire avec son stylet de nouvelles prescriptions. Les informations sont transmises instantanément à la pharmacie de l'hôpital, qui peut dès lors déclencher la préparation des médicaments.
Aucune formation spécifique
Il y a encore quelques semaines, les médecins devaient prendre des notes sur un bloc papier et, une fois les visites terminées, tout ressaisir sur un PC installé dans la salle de garde. Avec les inévitables risques d'erreurs. « L'application de prescription Disparoo, installée sur les ardoises est la même que celle utilisée précédemment sur le PC. Nous n'avons donc pas eu de problème d'apprentissage », affirme Xavier Deloin, médecin interne. Atout supplémentaire offert par l'ardoise : un accès au Vidal électronique, la bible des médicaments. Au chevet du malade, le médecin peut vérifier immédiatement les contre-indications d'un médicament ou les inter-actions de deux substances.
Déployée en février dans le service du D r Paquet, cette solution sera disponible pour toutes les unités de soins d'ici à juin. Et avant la fin de l'année, de nouvelles applications permettront la consultation des dossiers des soins infirmiers et médicaux des patients, la gestion des demandes d'examens ou de radiographies, et jusqu'à la prise de commande des repas. Côté équipement, cela représentera une soixantaine d'ardoises SIMPad SL4 de Siemens, auxquelles il faut rajouter 35 bornes de réseau sans fil RoamAbout d'origine Enterasys Networks.
Ce projet d'informatique mobile, premier du genre dans l'Hexagone, prend place dans le cadre de l'initiative Djin (distribution journalière, individuelle et nominative), autrement dit l'informatisation du circuit du médicament dans les établissements de santé français. Les objectifs ? Sécuriser et mieux contrôler la délivrance des médicaments, mais aussi réduire le nombre de décès de malades victimes d'erreurs de prescription ou d'effets secondaires de certains médicaments. « La solution sur poste fixe faisait déjà de l'hôpital de Longjumeau le plus avancé en termes d'informatisation de la prescription. Avec la mise en place du réseau sans fil puis des ardoises, le dispositif est désormais complet d'un bout à l'autre de la chaîne », explique Stéphane Blot, directeur de l'informatique et de la téléphonie du centre hospitalier.
Le projet démarre au début 2002 avec l'aide de l'intégrateur DCI et suivant un impératif absolu : que la solution soit simple et intuitive pour l'utilisateur final. « Si l'application nécessite de former les utilisateurs, c'est perdu d'avance», affirme Stéphane Blot. Une première phase voit le déploiement d'un réseau sans fil dans les neuf étages de l'hôpital. Le matériel Enterasys est sélectionné après diverses vérifications : il faut être certain que les bornes d'accès 802.11a ne génèrent aucune interférence électromagnétique avec les équipements médicaux, qu'elles sont évolutives vers le 802.11g, que leur portée est adaptée aux structures particulières du bâtiment et qu'enfin elles disposent d'un niveau élevé de sécurité. Le choix des terminaux nomades s'avère plus complexe. De nombreuses offres à base de micro-ordinateurs portables, de PDA ou de tablettes sont testées selon des critères d'ergonomie, de solidité, de sécurité et de prix. Les systèmes fondés sur la reconnaissance d'écriture sont éliminés, exigeant de trop longues périodes d'apprentissage. Dotée d'un écran assez large pour permettre le portage de l'application de prescription Disparoo, l'ardoise sans disque dur de Siemens est bien placée. Elle présente néanmoins un handicap : son OS Windows, qui limite grandement les dispositifs de sécurité et les capacités d'évolution.
La sécurité garantie par Linux
Stéphane Blot fait alors le pari de remplacer Windows par un noyau Linux sur lequel sera installé un client léger Citrix. « Cela nous a permis de sécuriser totalement le terminal. Il n'existe aujourd'hui aucune possibilité de chargement de jeux ou d'applications non prévues par le service informatique », affirme Stéphane Blot. Le choix Linux offre également la possibilité d'ajouter des fonctions, telle la visualisation d'un clavier que l'on peut déplacer à volonté sur l'écran. Chacune des visites quotidiennes des patients n'excédant jamais deux heures, l'autonomie officielle de cinq heures des ardoises n'a jamais été prise en défaut. Une fois en recharge, elles sont enfermées dans de petits coffrets installés dans les salles de garde. Pour dissuader toute tentative de vol dans un lieu où transitent chaque jour des milliers de personnes, le service informatique a largement diffusé le message que les tablettes étaient totalement inviolables. Quant à la confidentialité des données médicales, elle est assurée par un système de mots de passe personnels pour accéder à l'application. Et les réactions des patients vis-à-vis de l'ardoise électronique ? « Elles sont excellentes, affirme Jean-Christophe Paquet. Cela les rassure d'être soignés dans un environnement high-tech. »
Activité :
Centre hospitalier général d'une capacité de 700 lits et accueillant 23000 patients par an.
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Localisation :
Longjumeau (91).
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Effectif :
1 360 personnes, dont 135 médecins.
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Budget d'exploitation :
environ 90 millions d'euros.
Janvier 2002 :
Mise en place du réseau sans fil.
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Juin 2002 :
Choix de l'ardoise Siemens SIMPad SL4. Installation de Linux.
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Janvier 2003 :
Validation technique de la solution.
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Février 2003 :
Mise en oeuvre dans un premier service.
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Juin 2003 :
Déploiement dans tout l'hôpital.
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Novembre 2003 :
Mise en service de nouvelles applications.
En tant que site pilote, l'hôpital a bénéficié de tarifs privilégiés, non communiqués.
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Le prix de vente officiel est de 1 070 euros pour une borne et 990 euros pour une ardoise.
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Selon l'intégrateur DCI, un projet global wi-fi + ardoises du type de celui de l'hôpital de Longjumeau revient à environ 2 300 euros par personne équipée.
Gain de temps pour les médecins et les pharmaciens.
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Réduction des erreurs de prescription et des risques de contre-indications pharmaceutiques.
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Diminution des flux papiers entre soignants.
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